PREFACE XI
à octobre. Mais Usteri a montré du tact et de la réserve en renonçant à poursuivre une correspondance qui n'eût plus fait aucun plaisir à Jean- Jacques. Son silence a été celui d'un ami, aussi bien que ses visites et ses lettres en des temps plus heureux.
Le philosophe genevois avait un caractère inégal ; dans ses moments d'humeur, il ne ménageait personne, et trop souvent il a brisé d'anciennes amitiés. De tous ceux qui lui ont été attachés, combien peu ont pu l'accompagner jusqu'aux derniers jours! On peut nommer Moultou, Roinilly. Du Peyrou, Corancez, Bernardin de Saint- Pierre. Mais à côté d'eux, on ne doit pas omettre ces amis modestes comme Usteri, comme tant d'autres, que les circonstances avaient momentanément rapprochés de Rousseau, que les vicissitudes de sa vie errante ont bientôt éloignés de lui, mais qui de loin continuaient à le suivre des yeux : eux aussi lui ont gardé jusqu'à la fin un cieur fidèle.
XII PRKFACE
Nous n'avons pas à poursuivre la biographie de Léonard Usteri K Dans sa carrière pédagogique, il a bien mérité de sa patrie. Il est mort prématurément à 48 ans, le 18 mai 1789. Une médaille, reproduite en tête de ce petit volume, témoigne de la reconnaissance des étudiants de l'Académie de Zurich (Juventus academica Tu?ncensis). On voit son buste au portique de l'Ecole des jeunes filles, qu'il a fondée en 1774.
' Une notice biographique a été écrite par son fils le bourgmestre Paul Usteri, et publiée deux fois : dans le 3™^ volume des Berùhmte Mànner Helveiiens, de Léonard Meister, Zurich, 1792 ; et dans les Gesammelfe Schriffen de Paul Usteri, Aarau, 1832 ; cette seconde édition est plus développée. Une autre notice, œuvre de Jean-Conrad Orelli (le cousin du grand philologue) a paru dans les Neujahrsbldtter der Chorherren, 1824. Voir aussi H. Bliimner, Millheilungen aus Briefen an Leonhard Usteri, dans le Zilrcher Taschenbuch de 1884.
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