A MES CHERS AMIS
ni, mes ces amis , je vais, à mon grand: regret , vous satisfaire $ je quitte la carrière epmeuse , . ( et ruineuse ) dans laquelle mon patriotisme , votre aimable égoïsme, \os gentillesses cuitropophapes , vos galantes scélératesses , qui ne tendaient a rien moins qu’à me faire égorger par vos généreux satellites , m’ont engagée plus long-temps que je l’aurais désiré pour mes interets, et pour la gloire de vos entreprifes. Continuez , cliarmans français , intrépides chevaliers de ce malheureux sexe , qui attendoit de l’esprit de la révolution des héros plus intrépides , Bourdon , Marat, tons les maringouins possibles , soyez satisfaits : j’ai rendu mes comptes.
? 2îles chers amis , vous voilà délivrés d’un observateur intègre, d’une sentinelle surveillante , et ce qui pouvoit être pour vous plus dangereux, d’une ame désintéressée et aussi fière que libre , et indépendante. r
hncore une fois , oui, mes chers amis , la resolution en est prise j Thalle m’appelle et
je revoie dans ses bras. Je vais même, pour vous plaire , tâcher de redevenir femme ; mais jamais ce ne sera aucun de vous qui opérera ce grand miracle. Je vous abandonne le plaifir de boule ver fer la France à votre aise, de dilapider ses finances, d’exciter le meurtre et le pillage, de vous distribuer les places , de substituer aux vertus et aux talens les vices , l’insolence et la nullité. Je vous souhaite tout le succès que peut donner à cette jioble entreprise la morale d’un siècle corrompu.
Et vous , philosophes bons et sensibles ; vous, les vrais soutiens du peuple et, |es colonnes de l’Etat; vous, les amis des loix et de l’humanité , parez , si vous le/ pouvez 1 aux efforts destructeurss de nos ennemis communs. J’en ai dit, j’en ai fait assez pour me rendre aussi redoutable à leurs viles passions qu’utile à ma patrie. J’ai vécu pour ne retirer d’autres salaire que de mon aras; mais je savais aussi que je vivrais dans -l’a venir, &c. Si l’homme ne peut être exempt de défaut , et si la gloire en un , certes , j’aurai le noble orgeuil de convenir qu’elle a réuni dans mon cœur toutes les vertus.
Je n’ai recherché ni rang , ni place ; je ne pouvais avoir l’extravagance d’y prétendre; un préjugé inique m’éloignoit à '.est égard de toutes prétentions; mais le préjugé, qui n’a rien de commun avec les éter-
nelles ventés de la morale ^ m’assure que Bion nom vivra tout entier dans la postérité, Démenez-vous là dessus , mes pitoyables détracteurs ;■ accusez - moi de fobe d’ineptie , d’avoir sacrifié ma fortune au salut delà patrie, que vous entravez journellement ) mais vous ne parviendrez jamais à me prêter toute la bassesse de vos intérêts et de vos passions } c’en est assez pour que l’avenir prononce entre vous et moi.
Je dois finir par un grandexempïe de justice 5 personne n’ignore que je suis l’entagoniste de Philippe de l’Egalité. Le citoyen^iLfjlirt ^ r t A fj” n~~V]~ n iT~rn r nî ili Pr y
vient de m’apprendre , à 'mon grand étonnement,que^ dans une conversation avecle sieur Bourdon , de qui l’affreux bourdonnement appelle depuis quelques jours tous les poignards des assassins sur ma tête , ce même Philippe lui avoit dit, en parlant de moi: » Je connais son caractère mieux que vous,' « et je répondrai de la pureté de son patrio- » tisme ». Philippe , si ce caractère étoit versatile, si j’étais capable de me retracter sur ta conduite , je te dirais loyalement » Je me suis trompée sur ton compte ; la « première des vertus de l’homme est d’être » juste à Pégard de ses ennemis : Tu la p^
3> sèdes, c’est un grand avantage qu& je » disputerai toujours. Voilà ma rétraction :
>3 elle fait ton éloge ».