‹ Correspondance [de] Lamennais (volume 2)Chapitre 129 sur 238 · A M. LE COMTE DE SENFFT · texte numérisé non relu

A M. LE COMTE DE SENFFT

Paris, 16 août 1831.

J'ai reçu, il y a quelques jours, mon cher et respectable ami, avec votre petite lettre du 51 juillet, le Bréviaire des Méchitaristes que vous avez eu la bonté de m'envoyer: je vous en remercie infiniment. Cet ouvrage m'est d'autant plus précieux, qu'il est impossible de s'en procurer ici une édition, môme médiocre; toutes sont incomplètes et remplies de fautes.

Veuillez, mon ami, me donner, le plus souvent qu'il vous sera possible, de vos nouvelles et de celles de M"® de Senfft : je prie pour elle et pour vous ; je vous porte l'un et l'autre au saint autel, toutc^s les fois (pie j'ai le bonheur d'y monter. Je deniande à Dieu (pi'aprés tant de sonflranees, il vous accorde un peu de paix, ou au moins un nouveau courage pour porter les croix si nombreuses de la vie présente. Les miennes vont

s'appesantissant ; mais Celui qui nous les impose nous donne aussi la force de ne pas succomber sous leur poids. Le pauvre abbé Gerbet est sérieusement malade : ce sont des étouffements qui le fatiguent, surtout la nuit, et des spasmes de l'œsophage qui l'empêchent d'avaler. Je Tai décidé à faire un voyage en Bretagne : les distractions, le mouvement, le changement d'air, lui feront, je l'espère, du bien. Ce sera pour moi un surcroît de travail, mais que je ne regrette pas.

Les affaires s'embrouillent de plus en plus, mais vous savez cela aussi bien et mieux que moi. Le monde roule vers l'avenir, comme une mer poussée par la tempête.

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