A MADAME LA COMTESSE DE SENFFT
Paris, 15 janvier 185i.
Je suis touché, comm(; je dois l'être, des sentiments de bienveillance et d'intérêt pour ma position qui ont déterminé la démarche de la P. L. \ mais je n'en persiste pas moins dans la résolution que je vous ai connnuniquée. Veuillez donc prévenir la P. que la somme remise est déposée entre les mains du comte César Plater, afin qu'elle lui fasse connaître l'usage qu'il en devra faire.
Mac-Garthy a été on ne peut plus sensible à l'accueil qu'il a reçu de vous; il en conservera toujours, me mande-t-il, un souvenir plein de reconnaissance. Par toutes ses belles et rares qualités, ce jeune homme méritait d'être connu de vous, Je crains beaucoup pour lui V'airde Kome, auquel, pendant un séjour de trois ans, il n'a pu s'accoutumer. Les fils du Nord languissent sous l'ardent soleil d'Italie. Pour moi, ce soleil m'était bon, et cependant je ne le reverrai point, ni ne désire le revoir. Ma vie, plus que jamais, se concentre en ce pays ; ci y at-il de la vie ailleurs? Je conçois les regrets delà reine Marie : Adieu, France! AdieUy mes amours! et le reste qui est si tou-
* La princesse Liil)omirsk;i ; sa généreuse amitié, comme on voit, n'avait pas assez lenu compte des (ières susceptibilités exprimées par Lamennais dans sn lettre du 27 décembre 1835. (V. page 3-4i.)