‹ Correspondance [de] Lamennais (volume 2)Chapitre 198 sur 238 · A M. LE MARQUIS DE CORIOLIS · texte numérisé non relu

A M. LE MARQUIS DE CORIOLIS

La Chênaie, 19 lévrier 1855.

II s'en faut de beaucoup, mon cher ami, que ma sanlé ail été aussi bonne que vous le pensez ; elle a, au contraire, éprouvé une assez rude secousse. Ce n'est pas là, cependant, ce qui m'a empêché de vous écrire. Vous aviez oublié de me donner votre adresse ; de sorte que je ne savais pas où vous trouver, ignorant même si vous étiez encore à Paris; car vous ne m'aviez pas dit combien de temps vous aviez le dessein d'y passer. J'attendais donc une autre lettre de vous qui m'instruisît de tout cela : elle vient de m'arriver, et j'y réponds sans perdre un instant. 11 n'y a pas un mot de vrai dans tout ce qu'on dit de ce nouvel ouvrage que je vais publier'. Mon libraire a voulu recueillir mes articles de V Avenir, et quelques autres, pour les ajouter à mes Mélanges ; j'y ai joint une Préface, et puis c'est tout, et ce tout est si insignifiant, que je ne vous en aurais pas même parlé, si vous ne me demandiez des éclaircissements sur les bruits qu'on a répandus. Je comprends pariaitement le dégoût que Paris vous inspire. Les gens avec qui votre position sociale vous oblige particulièrement d'avoir des relations, sont assurément fort aimables, remplis d'excellentes qualités, d'esprit, de sentiments nobles, et que sais-je? Mais de cervelle,

* En adressant à Lnnienu;iis quelques rfproclies amicaux sur une lacune dans leur correspondance, M. de Coriolis ajoutait: a ... Ce que je sais heureusement fort bien, c'est que vous n'êtes point malade, que vous controver-

sez par leUres avec notre ami Yilr et que vous envoyez des fraguïenls aux

recueils; voire (on me l'a assuré) que vous êtes sur le point de desserrer un livre sur la I\estauralion et les causes de la Révolution.

A tous ces beaux discours je suis comme une pierre,

et ne sais(|U(! r<'pon<lre quand on procède avec moi par voie d'interrojjalion. — Paris, li lévrier 1855.

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