‹ Correspondance [de] Lamennais (volume 2)Chapitre 229 sur 238 · AU MEME · texte numérisé non relu

AU MEME

Paris, 20 septembre 1840.

Je n'aurais pas tardé si longtemps à vous répondre, mon cher ami, sans une circonstance fort imprévue : l'arrestation de mon neveu ^, arraché du sein de sa famille, à cent lieues d'ici, et conduit à Paris par deux gendarmes. Le délit qui sert de prétexte à cette odieuse violence, moi et beaucoup d'autres, à qui Ton ne dit rien, nous en sommes coupables comme lui; car il s'agit, tout simplement, d'association pour la Réforme électorale. En attendant, le voilà préventivement à Sainte-Pélagie, où on l'a placé dans le quartier des voleurs, partageant la chambre de deux condamnés, l'un pour fraude, l'autre pour escroquerie : telle est cependant l'infâme tyrannie sous laquelle nous avons le bonheur de vivre! j'espère ne pas sortir de ce monde avant de l'avoir flétrie encore une fois, avec toute l'indignation et tout le mépris qu'elle m'inspire"^.

Notre ami m'écrit de Vitrolles qu'il éprouve encore « quelques ressentiments des maux passés, qui lui laissent cependant des jours et des nuits très-supportables. » Il veut rester

* M. A. Blaize.

- Voir la note à la page suivante.

là OÙ il est jusqu'au î) oclobro, jour où sn fera la translation des restes de M""" de Vitrolles dans un nionuinont qu'il lui a fait élever, et où seront déposées aussi les reliques de cet ange qui était sa fille*. Je crains pour lui les émotions de cette cérémonie funéraire. Il ne sera de retour à Paris que le 20. Je me persuade, mon cher ami, qu(î vous y serez aussi vers la même époque, et ce uie sera une grande joie que de vous y revoir tous deux. *

Mille tendres souvenirs*.

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