A MADEMOISELLE COK.NULIEU DE LUCLMKliE
Siiiiit-Drieuc, 1 juillet 1818 ».
Jo reçois à l'instant même de Saint-Malo, mon excellente amie, votre lettre dn 27 juin, à laquelle notre très-bon Père et M"*^ de Tremereuc ont bien voulu ajouter quelques lignes, qui m'ont l'ait et grand bien et grand plaisir. Je n'ai qu'un moment pour vous répondre parle retour du courrier, et j'en profite [)our vous assuier que je suis entièrement à vos ordres. Disposez donc libi'ement de moi; vous ne [)Ouvez me donner une meilleure preuve d'amitié.
' Lollrcs suppi'iiiu'L's un voilu de 1 iirrùl du à juin 1857 : — A .W""- lu b(tronneChampii. r,a Clicnaic, 11 févrior 1815. — A lu même. La Clicuaie,26 lovrier 1815. — A la même. Saint-Malo, t avril 1815. — .1 ,1/'» '". l'aris, '2 février 1810.
- M. l'abiié (larron, père spirituel do la petite famille en Jésu.>-Chri<l réunie dans rélal)lissenicnl des l'"euillaulines. impasse de le nom, à Paris.
Afin de régler mon voyage, Userait à désirer que je coiimisse dans le courant de juillet la détermination du P. Antoine. S'il refuse votre procuration, je m'en chargerai et me rendrai de suite àLucinière. Dans ce cas, il sera bon que vous me marquiez (à Rennes), dans le plus grand détail, tout ce que vous savez de vos affaires. Ne doutez pas que je ne mette dans la discussion de vos intérêts, avec le soin scrupuleux sur lequel vous avez le droit de compter, tous les égards qui sont dus à M. votre frère; je connais vos intentions, vos senlinients, et ils seront ma règle, s'il arrive que je sois substitué au P. Antoine ^
Tranquillisez-vous donc, tout ira bien. Je crois, au reste, que vous avez raison de ne point aller en Bretagne. J'écrivis hier un mot à notre chère M*'^ de Tremereuc ; je répondrai samedi à notre si bon et si tendre Père. Dites-leur, je vous en prie, que je pense, connue eux, qu'il faut avoir une maison qui nous *:onvienne parfaitement.
En revoyant mes comptes de Saint-Malo, j'ai trouvé qu'il me revenait une assez johe somme, et nous pouvons, je crois, compter sur environ (5,000 francs de plus que nous n'avions calculé avant mon départ.
On m'interrompt. Mille choses bien tendres à tous nos amis. Embrassez, s'il vous plaît, pour moi, nos chères petites filles -. Tout à vous pour la vie.
Sainl-Brieuc. i'2 jiiilld 1818.
Je reçus hier, mon excellente amie, une lettre du P. Antoine, qui me prévient de la détermination qu'il a prise de ne point accepter votre procuration ; de semblables soins lui paraissent
' Le P. Antoine, doni il ol plusieurs fois queslion dans la Coruspondancc de Lamennais, élait, sauf erreur, supérieur général des Trappistes de France.
- Les nièces de Lamennais, dont il sera fréquemment question dans les lettres suivantes.
DE I-\MI NNAIS, 115
contrairos aux règli^s de son (lai. Je désire aussi viveinoiif que jamais vous prouver mou dévouement, et je suis prêt à me lendre à Nantes, si vous jugiz ce voyage utile à vos mtéréls; mais j'ai lieu d'en douter beaucoup, d'après ce que me marque le P. abbé. Voi(^i ses propres expressions : « M. de Luciniêre, « qui est venu mo voir ce matin, ne m'a pas dissimulé que si « vous acceptiez cette piocuralion, quelque respect et estime « qu'il ait pour vous, il serait pourtant obligé de vous mettre « aux prises avec son avocat, ce qui, sous tous les rapports, « ne pourrait guère vous convenir. »> Il me semble rl;nr, d'après cela, que M. votre frère verrait d'un mauvais œil que je me mélasse de vos affaires avec lui, et que ma présence à Luciniêre, loin d'être un moyen de conciliation, deviendrait au contraire comme un commencement de procès, ce qui ne vous répugnerait pas moins qu'à moi. Veuillez communiquer ceci à notre bon Père; j'aurai encore le temps de recevoir votre réponse à Saint-Malo. Peut-être pourriez-vous demander à M. de Luciniêre un état détaillé de la succession de M. votre père et de celle de M""*^ votre mère, séparément. Ces deux états, qu'on ne peut vous refuser, vous aideront à juger de votre position, et pourraient vous offrir le moyen de traiter de Paris même, si M. voire frère veut se prêter à des arrangements raisonnables. J'avoue que j'ai toujours cru et que je crois encore vos affaires très-aisées à régler, pour peu que les intentions (jue je vous cotuiais fussent réciproques; mais l'espèce d'obscurilé qui reste sur ce point vous oblige à beaucoup de ménagements et à une grande prudence. Dans aucun cas on ne peut exiger de vous que vous traitiez à l'aveugle, ni par conséquent se ! "i clier (|ue vous demandiez des renseignemenis dont vous avt /. besoin pour prendre une sage détermination. J«î vous écris ùla bàle pour ne pas manquer le courrier. J'arrivai hier de la Basse- Bretagne, apiès un voyage de quatre jours foit intéressant. Lundi, nous parlons pour la Chênaie*, on nous resterons un
' l,a Chênaie, dans le v(>i>inap;c de Dinan. IMusieurs rcnvains oui déci il ot: domaine cl celle liabilalion nioilcslc (|iie le séjour de Lamennais a rendus célèbres. Consulter iiolanuîienl ce (|u'on dil V llliislration dans son numéro 4G5 du 4 mars 1854 (t. \X1II). (lel arliclo, curieux à plus d'un litre, Oïl acconipaj^né de dessins d'après nature.
peu moins de deux semaines, après quoi je retournerai à Saint- Malo et de là à Ikmies, où je me propose d'être vers le 4 ou le 5 d'août. Mille choses respectueuses et tendres à tous nos amis : ailles de Tremereuc et de Villiers, M'"c de Cougnac, M^'^d'Ozonville, MM. dePiumedon, Murinais'. 11 me tarde bien de me retrouver près de vous tous et de notre excellent Père. Les Feuillantines sont ma pensée habituelle. Mon frère vous offre son respect. Vous connaissez les sentiments qui, dans mon cœur, se joignent pour vous à celui-là; ils ne changeront jamais. Adieu, mademoiselle et véritable amie. Répondez-moi, je vous prie, le plus tôt possible.
Saint-Brieuc, 12 juillet 1818.
Tout considéré, je crois, mon excellente amie, que vous avez fait ce qu'il y avait de mieux, en terminant avec M. de Lucinière pour un revenu fixe et assuré. Vous avez acheté la paix par un sacrifice dont on ne vous a pas même permis de connaître rétendue, mais votre cœur avait besoin de cette paix, parce qu'il est fait pour la goûter, et pour la trouver dans le sentiment même de sa généreuse délicatesse. J'admire votre procédé, quoiqu'il ne m'étonne pas, et c'est tout ce que je me permettrai de vous dire sur ce sujet. Mais comment vous remercier assez des assurances si flatteuses et si douces que vous me donnez de votre amitié? J'ignore par où j'ai pu la mériter, à moins que, pour en être digne, il ne suffise d'en sentir vivement le prix. Comptez du moins, comptez pour jamais sur le retour le plus entier et le dévouement le plus absolu. Mon cœur, ma vie est aux Feuillantines; je me trouve partout ailleurs étranger. Une fois séparé de mon frère, je ferai tout au monde pour abréger mon exil, et j'espère vous revoir dans la première semaine d'août. Souffrez cependant que je vous engage
* On a ici, prcsriuc coinplèlc, la li:^le des Feuillaiitins el FeuiUnntincê.
à modérer votre douleur. Il»''las! c'est cequedenianderaientdc vous ceux mûmes que vous regrettez. Ne voulez-vous pas leur comjtlaire eu (M»Ia eoiume eu (oui le reste? Ils sont lienreux, ils ont alleinl le tciine où nous aspirons; et c'est leur bonheur que vous pleurez. J'aurais Ujille et mille choses à vous écrire sur les objets dont vous me parlez, sur mou voyage, sur nos projets, sur celte maison des Amandiers* que vous avez dû voir mardi; le temps me manque, et j'aime mieux ne rien dire du tout que lron(|uei' ce que je voudrais vous dire. Distrdjuez, je vous prie, mes respects, amitiés, compliments, à tous et à chacun sans oublier personne. Jepicnds la liberté de joindre ici une lettre ponr mes petites nièces. Je ne puis vous exprimer combien mon frère a été sensible à tout ce que vous me marquez pour lui. Il vous prie d'agréer l'hommage de son respect et de son attachement ; mais je prétends qu'il n'y en a point d'égal à celui que vous a voué pour la vie
A LA iMl-ME.
14 octobre, 10 Iieures 1(2 du soir, 1818.
J'aime qu'on avoue ses torts; cela me désarme. Vous en avez de grands, mademoiselle Ninette, vous vous êtes moquée de moi en souffrant qu'on se moquât de vous; vous m'avez fait perdre au moins cin([ ou six douzaines d'excellents conseils qui m'avaient coûté cinq ou six heures de réflexion à différentes lois. Conunent pardonner eela? Je vous pardonne cependant, parce que je suis bon, el (pi'il n*y a plus de remède.
' Eli se rérératil à la IcUrc 1'" (paraj^. 5, ligne liiialc^, ou est porté à supposer (|u'il s'agil d'un déménagement projeté pour la petite communaulé 'pii, de l'impasse des Feuillantines, se sérail transportée rue des Amandiers- Popincourt. Cependant, ceci t'sl une simple conjecture.
Sin- ce point cl sur beaucoup d autres, les renseignemenls (|ui\ seule, In famille de. Lamennais ciU pu louinir, (uni délaul à lédileur des Œuvres poslliumes- Ceci doil ètic dit simplement à litre d'excuse pour ce que nos connnenlaires explinlifs offriront de lacunes re^neltables et inévitables.
lis COUREbPONDÂNCE
Voici une phrase de votre leltre : « Si je passe à Gaen, je tâcherai de me procurer une poularde de Crève-Cœur, que nous mangerons ensemble. )> Cet ensemble ne me paraît pas suffisamment" clair ; car enfin, vous n'écrivez qu'à'M"c de Tremereuc. Mais comme vous n'êtes ni l'une ni l'autre de grandes mangeuses, il me reste des espérances fondées; sans cela celle poularde problématique, puisque votre phrase commence malheureusement par un si, serait pour moi un vrai crèvecœur.
Je passe aux andouilles de Vire, que vous rappelez foit à propos. Votre opinion sur leur compte n'est pas encore entièrement formée; mais cela viendra sans doute : il ne faut pas vous décourager. Ce n'est qu'au sixième chapon de Basse-Normandie, que j'ai su à quoi m'en tenir à leur égard, et que j'ai fixé mon jugement d'une manière irrévocable, il faut beaucoup de réserve avec les andouilles et les gens de ce pays-là, sans quoi l'on serait trompé tous les jours. Vous savez qu'en d-re, n'est-ce pas?
Je conclus. Montez vite dans votre cabriolet, et revenez-nous à bride abattue. C'est le dernier conseil de votre docteur, et le seul, de tous ceux qu'il vous a donnés, où il ait personnellemont un grand intérêt Dieu veuille qu'il soit mieux suivi que les autres! Et, sur ce, je suis, mademoiselle, avec un attachement aussi tendre que respectueux, volie défunt procureur et très-vivant ami,
A l;i Clicnaie, le i juillet 1819.
Voici une très-bonne journée, mon excellente amie : une lellre devons, une de mon père, une de M"*^ de Tremorouc, une de M. deRunicdon. Les Fenihantines font encore les phis douces joies de la Chênaie. Quel dommage qu'il y ait ccv[ lieues entre nous deux ! Je passe ici mon temps à peu près à
I)i: LAMENNAIS. 1 iO
rion faire. M. Cicnomlo ' fait un herbiiT, à co (jn'il dit ; moi je crois que c'est une manière lionnôte de s'arranger pour ne pas manquer de tisanes cet hiver. I.e pauvre «j^arçoii a élr liicn malheureux, (*♦'« jours derniers : l'oiage hii déran^^e l'estomac. Il prétend i\ni\ c/est un effet de l'électricilé. Ce que e'est que la science! Théodore a aussi de petits eiid)arrab. \\ ii' cal laissé dire que les serpents frayent avec les anguilles. Je ne sais pas bien ce (jui en résulle, mais ce doit éti'e un animal fort dangereux ; car depuis que le chevalier de ces dames s'est laissé dire cela, il ne se croit plus en sûreté au bord de l'étang. 11 a ac({uis déplus chez M. Crâné, marchand de soieries, de grandes connaissances astronomiques. Hier, me promenant après souper, je crus apercevoir une fort belle comète. Tout le uionde fut de mon avis, et l'on convint que c'était en effet une comète; mais qu'est-ce qu'une comète? le savez-vous? Une comète est un rayon du soleil, et voilà pourquoi on la voit; au bout de quelque temps, le soleil rattire à lui son rayon, et voilà pour(juoi on ne la voit plus. Ce qui a surtout frappé Théodore dans ma comète, vraie ou prétendue, c'e^t quelle a la queue en l'air. Cela dérange tout à fait son astronomie. Mais j'allais oublier de vous dire qu'à Saint-Malo il a fait sur nos grèves une fort belle collection de coquillages. Il y en avait un d'une espèce nouvelle, et qui surprit beaucoup ma sœur... C'était. . . que pensez-vous que c'était? Je vous le donne en mille. Celait une dent de cheval bien lavée par la mer, et que vous eussiez sûrement eu le plaisir de voir si ma sœur eût été plus discrète dans son élonnement. Klle vous contera elle-même la chose, car elle parait résolue à venir à Paris. Nous partirons à la fin d'août. Malheureusement mon frère ne sera pas du voyage : un noviciat de Petits Frères (pi'il établit à Saint-Brieuc, dans la maison même, ne lui pei'uietlra pas de s'absi-nter. Il est en l)asse-Bretagne, à une mission qui vient de s'ouvrir à l'iestin. Je ne le verrai qu'à la mi-août. Vers la même époque le jeune Benoit - doit venir passer avec moi quelques jours. Cela me
* Depuis ilirecleiii- do la (itizette de France, cl une îles iiulividualilés les plus notables du parti h'giliinisle.
^ M. Denys-Benoit d'.Vzy, ipii depuis a mar.iiu' dans tiuelipies-uues de nos
fera grand plaisir. Mais, à propos, vous allez donc devenir des Nicolaïtes K Je me sens, pour mon compte, très-disposé à faire profession dans cet ordre-là, quoique les Nicolaïtes fussent de fort vilains hérétiques du premier siècle ; mais nous laisserons l'hérésie de côté. Le nom est joli, et le patron très-imposant, quoique vous vous donniez les airs d'en plaisanter. Tout le monde au Rouvre se porte à merveille. Je compte y faire une visite ; c'est à peu près comme si je l'avais faite, n'est-ce pas? Je trouverai au château M. et M"^'^ de Guébriant et toute la famille de M. de Derval, une vingtaine de personnes, rien que cela. Ce sera fort récréatif. Je suis touché de la mort de M. Tom d'Oilliamson. Ses derniers sentiments sont propres à consoler sa famille. Nous avons eu ici autour une fièvre épidémique qui nous a enlevé notre curé. Adieu, mon amie, je vous quitte pour causer quelques moments avec M"^ de Tremereuc. Aimez-moi toujours comme je vous aime, et priez Dieu qu'il me ramène promptement aux Feuillantines. Mon cœur n'est à l'aise que là.
f). — A MADEMOISliLLE DE TREMEREUC.
A la Chênaie, le 2 i juillet 1819.
Vous avez, chère demoiselle, des manières de voyager qui déconcertent vos amis. Je vous avais écrit à Angers, je me faisais une fête de me présenter à vous dans cette belle maison de Saint-Nicolas, et point du tout : vous arrivez, vous voyez, comme César, et vous repartez sans vous douter seulement qu'on est en roule pour venir vous rendre ses hommages; et
assemblées législatives, et |iliis particulièrement, le 2 décembre 18.M, à la mairie du X* arrondissement. M. Denys-Benoît fut longtemps honoré de l'iiniilié de Lan)cnnais, et a conservé beaucou|> de ses Lettres. L'éditeur a mallicureusemenl toute raison de penser que dos scrupules de diverse nature empêcheront la publication de ces précieux documents.
* On verra, par la lettre suivante, qu'il était question d'acquérir, à Angers, une maison dite de « Saint-Nicolas. » Pour quel genre d'établissement, c'est ce que nous n'avons pu savoir.
l'on perd (oute sa peine, parce que vous êtes trop habile à gagner tin temps. Je suis ravi de vos ravissements; c'est donc l)ien beau? Mais le dildeile est d'y entrer. Je crois pourtant que si le conseil du dépaitenient fait son devoir, s'il se prononce avec force, il ne sera pas aisé au ministre de refuser son autorisation ; ce pour(|uoi j'espère et espérerai jusqu'au bout : cela ne conte rien, et cela fait du bien, deux giandes choses. J'étais bien sur que ce bon Denys ' vous plairait; il a bien à cœur le succès de notre affaire, et son père de même, (jnelle différence de ces gens-là à d'autres gens! Mais j'en dirais trop. J'en avais trop dit, je crois, en vous annonçant l'arrivée de ma sœur : il devient probable qu'elle restera près de son nouveau né, ce que je regrette pour moi, pour elle et pour ses petites filles. Cela me déterminera vraisend)lablement à partir jikis tôt. Cependant je n'ai pas vu encore mon frère. H doit venir le 10 à Dinan, et être de retour le 12 à Saint-Brieuc. On ne sait où le prendre. Mille choses tendres à tous nos chers feuillantins et feuillanlines. Adieu, mon excellente amie; écrivez-moi et dites-moi que vous aimez toujours un peu le pauvre voyageur. Je vous en demande autant, mademoiselle Ninette^ et c'est le moins que je puisse demander pour expiation de ce long silence, que vous ne juslifieiez jamais, quoi que vous fassiez. Je vois bien qu'il faut que je m'en retourne en hâte, si je ne veux pas être oublié. Mais, m'en retourner, c'est bientôt dit. Y a-t-il sûreté pour ma foi, maintenant, aux Feuillantines? Peut-on comnnmiquer en conscience avec tons les habitants? Encore si ce n'était qu'une petite hérésie passante, une de ces opinions qui arrivent, s'en vont et ne reviennent plus; mais, avons entendre, c'est bien pis, et le coupable est au moins relaps; cela me désole. Je voudrais lui écrire aujourd'hui, je n'en ai pas le tenq:)s. Dites-lui, s'il vous plaît, que je le remercie mille fois de son souvenir, et que, bien certain qu'il est venu à résijtiscence, je le révère et l'aime de tout mon cœur comme devant. Je vous prie de disliibuer mes respects, amitiés, compliments et souvenirs, de droite et de gauche, à qui dt» droit.
* M. I)ciiy«:-Bonoîl.
- M""* lie liiicinière; — voir h Icllre 4.
152 CORRESPO.NDANCE
M. Genoude vous présente ses hommages, il continue de se traiter, et moi d'en rire. Nous sommes contents tous les deux; mais je suis le mieux portant. Adieu, ma bien bonne amie; priez pour mon bonheur, c'est-à-dire pour mon prompt retour.
J'embrasse mes petites filles. Je répondrai incessamment à Marie Ange^; je l'engage, quand elle m'écrira, à laisser son jeune esprit aller tout seul : il faut qu'il apprenne à marcher.