I-e 27 août
io VOUS crois de retour à Turin, ou bien près d'y revenir. >î. deVilioUes y a passé pendant votre absence. Il in'écril,en dale (lu i: « .le n'ai trouvé personne àTuiin, à mon grand r(î- « gret. Je sentais toule l'importance de causer un peu avec « M. dé Senfft. J'aurais aussi aimé à connaître sa famille. Vous « savez ce que c'est que les amis de nos amis. » Sa pauvre fille a beaucoup souffert des fatigues du voyage; elle est un peu mieux depuis son arrivée à Florence; la fièvre l'a quittée, mais il reste une extrême faiblesse.
La résistance de l'épiscopat déconcerte le ministère. Il a fait partir, dit-on, un agent pour lîonie *. Le.s évéques ont écrit de leur côté. Dix ou douze seulement n'ont pas voulu signer les réclamations. Je pense que cette affaire traineia tellement qu'elle mènera jusqu'à la session prochaine. A cette épo(|ue, je m'attends à des mesures violentes, qui, d'ici là, seront préparées par les journaux de la faction. Au reste, plus on persécutera, plus la Religion prendra de force. Vous ue sauriez vous repi'ésenler tout ce qui se développe de foi dans le corps des catholiques, fidèles et clergé. Il n'y a qu'une voix,
* a ... Le niiiiislèro, dans son em'narras, résolut de recourir à Taiilorili' du Pape. M de Cliale;ii.il)riaiid venait d'être non)rné à l'ambassade de Rome : on ne se défiait pas de sa bonne volonté, mais le charf^er do Irai 1er la question par voie diplomaliciuc avec la cour la plus l'ormalisle et la plus méliculeuso de l'Europe, c'était courir le risque de consumer le temps eu de vains échanges dénotes, decompliquer la dillicullé cl d'en éterniser la solution. M. Porlalis, avant d'enUer au ministère, siégeait à la Cour de cassation : ce tribunal comptait au nombie de ses meud)ns un Romain, M. Lassai:ni, ancien auditeur île Rôle, entré »lans la nia'^i-^triiliu'e IVançaise lorsque Rume était le simple chel-lieu d'un dépailemenl de l'empire, et qui, comlisriple de l'abbé Rernclli, alors cardinil secrétaire d'Elat, n'avait pas cessé d'enirctenir avec ce minisire les relations lus plus amicales. Ce lut à ce mafîislrat que le ministère confia le soin tlamoner la soumission des évéques. u — Yanlabelle, ///.s7. (les Deux IU'Slnnrations, ô' édit., l. Ml, p. iài.
qu'un esprit, qu'une âme. Je n\n avais jamais douté : la persécution et l'injustice révoltent en France plus qu'ailleurs. Les Jésuites recueillent le bénéfice de ce sentiment national; tous les reproches qu'on pouvait leur faire tombent devant ces mots : « Ils sont opprimés. » On ne voit plus en eux que les victimes de l'arbitraire, et leur position pour l'avenir en devient cent fois meilleure qu'auparavant. S'ils savent se juger eux-mêmes, et reconnaître les vices réels de leur conduite précédente, ils s'établiront de nouveau, après l'orage, d'une manière plus solide (|u'ils n'auraient pu faire sans la persécution. Je vous prie d'offrir mes tendres respects à ceux de Turin, comme aussi, et plus particulièrement qu'à tout autre, au cher marquis d'Azeglio. Mille amitiés au comte Rodolphe. Je n'oublie point non plus, dans notre Bretagne, M. le baron Daiser et le bon docteur Rossi.
L'affaire que vous connaissez va bien ^; elle aura cependant besoin d'aide : je la recommande à votre intérêt, ainsi qu'au zèle de la marquise Violentine. Son archevêque sait tout, (t approuve tout; il y voit, pour l'avenir, un grand moyen de salut, et l'une des œuvres les plus importantes qui puissent exciter le zèle des chrétiens.
Nous sommes enfin hors des pluies, et l'été a commencé dans notre pays depuis quatre jours. Si le beau temps se prolonge, la récolle du sarrasin nous garantira de la disette : c'est une calamité dont nous nous passerons bien.
Je continue le travail que j'ai entrepris en arrivant ici '. Au
* Maffuire en queslion était réliiblissement à Malostroit de l.i petite colonie relipieusc dont il est qucjlion dans la lettre suivante. C'était un élabli.-scnicnt de hautes études de^tiné à iormer. sinon des ecclésiastiques, du moins des liommes versés dans la connaissance du dogme catholique, et appelés, comme tels, à être les champions des idées que Lamennais voulait propager. Pour cette œuvre, à laquelle il se consacrait avec ardeur, il sollicitait, on le voit, le concours de tous ses amis.
- Des progrès de la Révolu lion et de la Guerre contre l'Église. Paris, Beliii-Mandar et Devaux. L'archevêque de Paris publia un mandement contre Lamennais à l'occasion de cet ouviage. MM. de Frenilly et de Ronald cchangèrcnt des lettres sur le même sujet. MM. dF-ckslem, de Mérodc, et bien d'autres encore, iiilcrvinrent dans la polémique ainsi soulevée. Le fait est que toutes les doctrines du journal V Avenir étaient en gcrn)c dans ce remarquable ouvrage.
lieu d'une simple brocliure, ce sera une espèce de petit ouvra«.'e, moins utih; peul-ôtre, parce qu'il ne sera pas seulement relatif aux circonstances du moment: je ne crois pas pouvoir le finir avant liois mois. Puis il fauilra le temps d'imprimer, de sorte (pi'il ne paraîtra \)[\s avant la fin de l'année, ou le commencement de l'année prochaine.
Mille et mille hommages pleins de tendresse .et de respect.
Aurez-vous la bonté d'acheminer l'incluse?