‹ Correspondance [de] LamennaisChapitre 120 sur 140 · A MADEMOISELLE DE LUCIMÈRE · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE DE LUCIMÈRE

A la Clienaie, le 18 août 1828.

Je vous écris deux mots à la hâte, mes bonnes amies, pour vous donner de mes nouvelles et vous demander des vôtres. Ma santé est assez bonne, mais je manque de forces, ce qui retarde mon travail. 11 sera d'ailleurs plus long que je ne pensais.

Nous sommes en train d'acheter une maison à peu de distance de Ploërmel. Elle nous devient très-nécessaire pour opérer le plus tôt possible notre réunion. Je ne verrai pas mon frère avant le mois prochain. L'abbé Gerbet se porte bien, et vous offre amitiés et hommages. Je ne suis point allé à Trémigon, et ne sais quand j'irai, car je ne voyage ni aisément ni volontiers. Du reste, nous avons un temps déplorable. Depuis l'Ascension, il ne s'est point passé un seul jour sans pluie. On sauve pourtant la récolte, mais elle sera mauvaise. Toutefois, si celle du blé noir se fait bien, nous n aurons pas à craindre de vraie disette ici.

J'embrasse le bon père Carissan et ma petite Hélène. Amitiés à Adèle. Souvenirs à vos bons domestiques; et puis partagez-vous tous mon cœur comme vous l'entendrez.

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