A MADEMOISELLE DE LUC
A la Chênaie, le
Voilà juste un mois, ma bien bonne ami capitale de toutes les sottises, de touti de toutes les noirceurs. Je suis encore i ment on reste au milieu de tout cela, sortir.
Vous me direz qu'outre ces belles choseï qui ne leur ressemblent pas : — j'en co: ensemble fait une vilaine ripopée ; — J'ai souffert à mon arrivée de la migraine J'ai fait mon remède ordinaire, et à pr cependant je n'ai qu'à peine commenc m'inspire tant de dégoût, que je ne saura finirai. Je compte toujours sur votre pré« dans le mois de février. Vous trouverez fort propre; Peggy^ même en serait satisi votre honneur une boîte de jeu et des manque une carte explicative des payem vous prie de m'en envoyer une. Marie-An^ j'ai beaucoup parlé de vous et de vos
ca f/\iit iinû n-r>onrln Pôfû Aa atviic i-Air* loin
IH-: LAMK.NNAIS.
dans nos landes, ci (ju'il ne licMidrait qu'à moi dire dcîs nouvelles três-[)iqnuiiles, Irès-inléressan y a toujours à craindre, dans ces sortes de cliose.^ la charité, et ce n'était pas sans l)caucoup de i j'eiil(Midais dernièreincnl médire d'un pauvn; s'était, assure-t-on, fait inini>lériel, parce qu'il , quelques racines dans la boue, et que dt;ux ou Ir étaient devenus ladres en mangeant de ses glam méchantes langues partout, et je souffre à vous ré ment ces mauvais i)ropos. J'aime mieux vous £ mariage de la seconde des demoiselles Laroue ; nerez avec qui, s'il vous plaît, car pour moi je n viens plus : si fait, pourtant; c'est avec un homme dit le nom; il n'y a que ce nom que j'ai oublié. Ni pas, je vous prie, prés de nos bonnes amies, ( rissan, Lowcnbruck, Rausan, Dumeniidot,Mesnou, Fauvel, etc , etc.; ni prés de Peggy, Jeanne, Azor, Mako, et enfin tout ce qui vous est cher, tendrement mes deux petites nièces, et vous aussi selle, si vous permettez cette liberté grande à m constante amitié'.
^27. — A LA Mi: ME.
A 1., rUa,
180 CORRESPO^DA^■CE
grills du côté de voire famille. Je suis également peiné de ce que vous me mandez au sujet de U^^ de Cougnac et de son fils ; la vie n'est guère qu'un tissu de douleurs. Les hommes se le disent tous les jours, et cependant ils y tiennent; arrangez-moi cela. Vous ne me parlez point de votre voyage à Saint-Hilaire et à la Chênaie. IS'allez pas me manquer de parole : vous affligeriez bien des personnes dans ce pays-ci, et surtout celle qui vous écrit. Nous avons un hiver fort doux, et plus doux que beaucoup de printemps. J'aimerais mieux, je crois, un peu plus de froid, pour trouver le feu encore meilleur ; mais aussi on est bien aise de respirer, quand on sort, un air tiède, et partant il n'y a pas lieu de se plaindre. J'avais déjà parlé de M. Rey à mon frère; je sais qu'il s'intéresse à lui; ce n'est que l'occasion de le servir qui manque. Uappelez-lui celte affaire de temps en temps. Peut-être la Providence ouvrira-t-elle quelque voie d'être utile à cet excellent prêtre.
Mille choses tendres à tous nos amis et amies. J'embrasse Âugustme et Clara. Écrivez-moi plus souvent, et croyez, ma digne amie, que personne ne vous est plus que moi dévoué du fond du cœur'.
La Chênaie, le 19 février 182i
Nous voici donc au mardi gras ; j'espère, ma bonne amie, que vous aurez fait le vôtre en santé et liesse. Ma sœur, mon beau-frère et mon frère sont ici depuis samedi avec tous les enfants. Je vous assure que c'est un beau bruit; deux mois de
* Lettres supprimées : — A M. le baron de Vitrolles. La Clicnaio, ôl décembre 1825, 12 et 29 janvier 1824. — Même sujet que les lettres dont il a été question dans la note précédente. Quand l'idée du journal esi écartée, Lamennais expose à M. de Vitrolles sa manière de voir sur le rôle politique que ce dernier pourrait et devrait prendre. Lettres, à notre avis, d'un grand iulérct.
DE LAMKNNMS. ISI
travail forcé ne m'auraient pas tant fatigué. Nous avons beaucoup parlé de vous et de ces darnes, et inéinc^ nous avons bu à voire santé, ce qui fait que je ne doute pas que vous ne vous portiez parfaiteiniMil bien...
Vous m'avez envoyé le cliocolat que je vous avais priée de garder, ce qui me contrarie, parce qu'il m'est inutile ici. Veuillez avoir la bonté de prendre soin de ma garde-robe, et de la garantir des vers. Je vous recommande ceci parce qu'il n'est pas probable que je retourne à Paris avant deux ans.
Je vous engage à rassembler toutes les notes dont j'aurai besoin pour la Vie de M. Carron. Vous le devez à sa mémoire. 11 n'y a que vous qui ne sachiez bien tout ce qu'il a fait en Angleterre, et tous les traits particuliers qui peignent son caractère et font aimer et admirer ses vertus. 11 laut que vous vous concertiez pour cela avec M""^ de Villiers et M'''^ de Tremereuc. Vous avez les papiers envoyés par la famille; il serait bien (ju'ils fussent mis en ordre. M. le baron de Saint-Germain en avait promis d'autres; vous pourriez le lui rappeler.
N'oubliez pas de me donner votre adresse quand vous irez habiter votre nouvelle maison. Mille choses tendres à ces dames et à M. Carissan. Souvenirs aux domestiques. J'embrasse les petites filles, et vous aussi, ma bien bonne amie, si vous me le permettez. Tout le monde ici vous présente respects, amitiés, tout ce qui part du cœur. Yoiirs for ever^.
Genève, 15 mai 1824,
Je ne sais pas, mes bonnes amies, si cette lettre voua trouvera encore réunies, car vous vous avisez aussi quelquefois de courir le monde. Ce n'est pourtant pas ce qu'on peut faire de mieux. Le plus grand agrément des voyages, à mon avis ^
• LcUrcs suppriiTM-es : — A M. le baron de VHrolles. Saint-Malo, 2G février. Genève, 10 avril, et 14 mai 182 i. — Récits de voyages.
c'est qu'on est toujours à peu près sûr de quitter promptement l'endroit où l'on est. Rien n'est doux comme de se dire : « — Voici un lieu où je ne resterai pas. » J'ai surtout une espèce d'horreur pour la ville d'où je vous écris. Tout m'y déplaît, et j'aimerais mieux cent fois vivre chez les Turcs, qu'au raiUeu de son abominable population. Le reste de la Suisse n'est guère meilleur, et puis je doute qu'il y ait au monde un pays plus ennuyeux. Quant aux curiosités naturelles, montagnes, vallées, lacs, torrents, cascades, ce sont des choses bientôt vues, et qui ne séduisent pas autrement. Je vous demande un peu la belle merveille qu'un rocher pointu avec de la neige dessus! J'aime mieux mes tisons. Ce climat d'ailleurs est extrêmement rude. J'ai eu presque constamment, depuis mon départ, un temps d'hiver. Comme j'ignore combien de mois il me faudrait attendre une autre saison, je trouve plus sûr d'aller chercher l'été en Italie, d'imiter Annibal et de passer les Alpes. C'est ce que je ferai sur la fin de ce mois. Si vous avez quelque velléité de venir me rejoindre, nous pourrons nous donner rendez-vous soit à Turin, soit à Milan, Gênes, Florence, Rome ou Nnples; car njon dessein est d'honorer toutes ces capilales de ma présence. De cette sorte, j'aurai parcouru tonte l'Europe dans un sens, car vous vous souvenez bien que Londres a eu aussi le bonheur de me posséder.
H faut, mes bonnes amies, que je vous dise un secret ; mais, de grâce, ne le répétez pas : c'esl que vous êtes bien heureuses dans votre charmant petit ermitage delà rue des Postes. Soyez sûres que vous feriez trois fois le tour de la terre avant de trouver mieux. Êtes-vous toujours fermes sous le drapeau des bons missionnaires de France? Veuillez me rappeler à leur souvenir, et très-particulièrement à celui de M. Lowenbruck. Je rencontre partout avec une grande joie la renommée de saint Joseph*. Si vous aviez quelques communications avec l'abbé Le Tourneur, vous m'obligeriez beaucoup de me mettre en
' Il s'agit (te l'inslilulion dont nous avons déjà parlé, et qui élail une des œuvres de lu Concrégalion.
DK LAMKNNAIS. 183
rapport avec lui. Viniineiit je dovmis lui avoir écrit; mais écrire est une chose (|ui me devient de jour en jour plus pénible. Kiifin donc mille amiliés à tout ce qui vous entoure, à M. Ca-
lissan, et à vos chères j)etites nièces ((lie j'oinhi'ass(;. Souvenirs à Jeanne, Jeannette, Peggy. liriez pour moi connue poulie plus tendic et le plus dévoué de vos amis '.
ÔO. - A I.A MI.Mi:.
Rome, ce 13 juillel 1824.
Cette lettre, mon excellente amie, vous sera remise par M. Wiseman-, jeune ecclésiastique anj^^lais, et qu'à ce titre je n'ai pas besoin de vous reconnnander. Il ne passera que peu de temps à Paris, où il va voir sa mère. Je vous prie de le mettre en relation avec nos bons missionnaires, à qui j'offre complimenls et amitiés bien sincères. J'ignore combien de temps encore je resterai dans ce pays-ci. On m'a fait le meilleur accueil, et l'on me presse d'y séjourner plus que je n'en avais le dessein; mais j'ai un grand désir de jne retrouver dans notre chère France. J'ai vu deux fois le Saint-Père'', qui m'a
' I,ellrcs supprimées : — .1 3/. le baron de VitroUes Genève, 18 mai. Gènes, 12 juin. Rome, 2<S juin 18"24. — Conlinuiilioii des récits de voyages, reuiarcjuables à bien des litres, mais surtout par le désenthanlenïenl qu'ils expriment. Lamennais voit beaucoup et ne s'éprend de lien, si ce n'est ilu peuple italien, qu'il préfère, dit-il, au peuple anglais. Ce goùf, celle prélércncc, il y est resté fidèle jusqu'au dernier jour.
- Sans en avoir la couiplèle certitude, nous tenons |)our tiès-probable qu'il s'agit ici de rcntrepreuanl cardinal (pii s'csl mis à la tète ilu muuvemont catholique eu .\nglelerre. Son roman intitulé Fabiola y a oblenu récemment un certain succès.
^ Léon XII, élu on 1827». Il devait régner cinq ans encore, et donner à Lamennais, jusqu'A sou diM nier jour, les marques les plus fréquentes de sou admiration, disons plus, de son amitié. F.iudrail-il douter (pi'elles fussent sincères, et accuser le Pontife d'ime honteuse dissinnilation? Ce n'est pas nous qui aurions tant de méfiance, et (|ui nous permettrions d'aussi outrageants soupçons; mais d'autres n'hésitent pas, dans leur haine contre Lanu^nnais. à niellre en douic la sincérité des prévenances, des carcses pa-
184 CORHESPONDANCE
reçu avec une extrême bonté. Grâce à Dieu, sa santé est maintenant assez bonne, et si l'hiver ne ramène pas les accidents qui ont donné pouf lui de si vives inquiétudes, l'Église peut
pales; et, chose admirnble! ce sont les partisans les plus dévoués du Saint-Siège qui prêtent à Léon XII cette duplicité dont, mal. ré tout, nous sommes tentés de l'absoudre. Dans un livre intitulé : L Église romaine en face de la Révolution (2« édition, tome II, pages 338 à 541). un écrivain, passant pour avoir l'accès des Archives pontificales, et dont le zèle est aux ordres des hautes notabilités ultramonlaincs, publie un document qui, — si son authenticité était bien avérée, — attesterait la déloyauté la plus flagrante, l'hypocrisie la moins excusable chez ce Pape, dont « l'extrême bonté » pénétrait de reconnaissance le pèlerin de la Chênaie. Nous transcrivons ici, sans commentaires inutiles, ce qu'un journal légitimiste appelle simplement une « lettre curieuse. »
LE CARDINAL BKn>'ETTI AL DUC DE L A V A L-M 0 N T M Oïl E X CT,
« Home, le 50 ;.oiU isn.
«Nous avons à Rome l'abbé de Lamciinais,ct jolrouve qu'il ne répond pas en loul point à son immense réputation. Vous ;av.:z qu'ici nous sommes toujours un peu enthousiastes de la beauté des formi>s ; nous ainion> à prêlcr au génie la mâ!e altitude de la statuaire antique. Par malheur, le grand ('ciivain n'est tuillc ni sur le modèle de l'Apollon du lîelvédère, ni sur celui de l'Hercule Farnèse. Il a dans sa physionomie et dans son maintien queNpie chose d'étriqué et d'emlKura-sC qui fait mal. A voir ce cor[)s grclotlaiit on plein été, el celle figure hâve, on se sentirait ému de compassion : l'on serait tenté de faire l'aumône; mois (jue de lalenls sous celle chétive enveloppe! Quels éclairs s'échappent de ces yeux à moitié éteints, el qu'une flamme subite semble illuminer de lemps à autre!
«c Je vous parle à cœur ouvert, cher prince, comme >i j'étais en têle-à-téle avec vous, el je vais vous intéresser, j'espère, quoique jo vous parle tic Uome à Paris, où vous êtes sans doute. A une de mes dernières audiences, le Saint-Père m'a demandé si j'avais vu l'abbé de Lamennais, el ce que j'en pensais. .Ne voulant pas m'avanccr sur ce terrain, et ayani entendu dire que le Pape se monirail bien disposé pour lui, j'ai fait une réponse dilatoire. Bienlôt je suis resté toul stupéfait, lorsque le Saint- Père, d'une voix calme et presque triste, m'a «il: « Eh bien! nous l'aurons mieux « jugé que pas un. Quand nous l'avons reçu et entretenu, nous avons été frappé « d'effroi. Depuis, ce jour, nous avons sans cesse devant les yeux sa face de damné. »
« Le Saint-Père me disait cela si sérieusement, que je n'ai pu m'empèchor de sourire. « Oui, ajoula-l-il en me regardant llxi nient, oui, ce prêtre a une face de « damné. 11 y a.de l'hérésiarque sur >on front. Ses amis de France el d'Italie vou- " draicnt pour lui un chppeau de cardinal, ('et homme est trop possédé d'orgueil « pour ne jtas faire repentir le Sainl-Siégc d'une bonté (|ui sérail justice, si on ne « considérait que ses œuvres actuelles; mais éludirz-le à fond, détaillez les traits de « son visage, et dites-moi s'il n'y a pas mie trace visible de la malédiction céleste?»
« Je n'ai jamiis pu faire revenir le Pape sur une pareille idée. La « face de damné » se présente toujours à lui,el je commence à croire que le voyage de l'écrivain ne servira que Irès-peu ses projets d'ambition, s'il en avait conçus. Comme tous ceux qui, sur la brèche, se laissent emporter à d'ardentes polémiques, l'abbé de l ameniiais outre ses opinions cl exagère ses sentiments. Il donne à la vérité un cachet
DK IwVMENNAlS. 185
ospél'or de le conscivor encore loM*^teiiips. Il fiiiil piiei- [)()iir s.i saille, car c'est un bon el di^Mie l'ape, et un lioinnie d'un grand niérile. Je ne vous dirai rien de lioine; ce sera le sujel
d'uxaltulion el de sévérité, que Rome ne peut pas ucccptcr, mais «(u'ellc n'o?c point condamnoi tout haut. Ici nous avons la modération de la véritable force : eux nous déTrudciil avec «It^s colAïC'^ ft di's passions que nou-> sommes cotilrainls de subir. M. de Lunicnnais devrait, niirux que tout autre, comprendre ci'lte position ; bien loin de là, il alïicte de la méconnaître. Son e><|)iit absolu ne doul<! de rien, et il est poussé à Cfs excès p.ir des admirations Irop iniprudinles ou par des calculs tro|) perlides. Mais il me semble que, parce que la naliui- ne vous a pas prodigué Ir^ dons ducorps,cc n'est point un motif pourdevenir un lién'siaiqiif. Si les portraits que j'ai vus de Jean llnss et de Martin l.ulber ne sont pas liup Mionleurs, ils n'av.iient aucun reproche ii adre.-ser à la nature...
• Min de me rendre un compte exact des impressions que le Saint-Père a daigne me manifosler, j'ai désiré revoir l'abbé de Lamennais. Je l'ai donc invili- à diner avec son compagnon de voyage. A ma honte, ou plutôt à la gloire de ma charité, j'avoue n'avoir rien découvert d'infernal dans ce petit homne malingre, dont la conversation fait si peu d'honneur à son génie. 11 m'a paru dépaysé à lîume, ne comprenant rien à nos mœurs, et cherchant toujours îi les mettre en paralh'le avec celles de son pays, ^ous sommes si habitués à ces comparaisons, très-peu flalleu-es pour notre amour-propre, que nous n'y prenons plus garde. Il est évident que l'abbé de Lamennais, après nous avoir victorieusement défendus dans ses ouvrages ft dans les journaux, ne serait pas fâché de nous faire |)ayer sa défense, en nous imposant ses doctrines el en nous faisant épouser leur exagération. C'est le sort de home. L'auteur de VEssai sur l'indifférence ne sera ni le premier ni le dernier à vouloir nous dominer du haut de son obéissance; mais avant de réaliser la prophétie du Saint-père, il faudra que l'abbé de Lamennais se plonge dans un l.éthé bien profond. J'ai Osé, en riant, faire part au Saint-Père de mes réflexions... « .\h! m'a-l-il « répondu, vous aussi, comme Soglia, vous ne voyez pas la main de Dieu? Eh bien, « il y a du danmé, de l'apostat chez ce prêtre; et il faut s'épouvanter en le regar- « dani, sans trahir aucun de nos pressentiments. Si ce malheur arrive, faisons en « sorte que Rome n'ait rien à se reprocher. »
Après avoir emprunté à la Gazette de France (20 février 1802) cet extrait du livre de M. Crélineau-Joly, nous devons ajouter qu'avant de porter contre Léon XII un jugement déiinilit" il faudrait vériiier deux points essentiels. D'abord si, dans un excès de zèle plus ou moins jusliliablo, l'écrivain calliolique n'a pas imaginé, fabriqué après coup la prédiction qu'il attribue au Pape, et, pour la reinlrc plus acceptildc, dénatiné les sentiments que Limeiuiais avait inspirés à S. S. Puis, — ce qui nous semble au moins aussi probable, — si le cardinal Uernetti, dont la véracité n'est pas pré''iséiiiont un article de foi, ne prêtait pas à Léon MI les impressions maUeidantes que lui-même avait rei;ues; et cela, soit pour llatlor les préjugés hostiles de M. de Laval, soit pour nuire dans son esprit à un homnie dont l'immense renommée portait déjà ombrage aux porporati les plus on crédit.
(^.es deux objeclions écartées, mais seulement si elles l'étaient, on pourrait, en toute sûreté de conscience, llélrir l'espèce de trahison, jésuitique et vile, dont le Pape se serait rendu coupable envers le plui illustre défenseur dcses droits. ^Yoir, au surplus, les A'o/<'5 et Souvenirs, qui précèdent les pp. ii à5i.
180 CORUESPONDANCE
de nos conversations à mon retour. Nous avons une chaleur étouffante ; aussi le peuple fait-il ici de la nuit le jour et du jour la nuit. Je vous avertis que la cuisine italienne est détestable pour nous autres Français. J'ai envie de retrouver un bon bouillon, un bon bouilli et un bon rôti. Voilà un propos bien édifiant, dans la capitale du monde chrétien. Oh ! que je reverrai avec plaisir le numéro 54 de la rue des Postes ! cela viendra, j'espère. En attendant, priez pour moi, comme je prie pour vous, pour ma bonne Ninette, ma bonne Angélique, m^ bonne Vilhers, et pour nos chers petits enfants que j'embrasse de tout mon cœur. Mille amitiés bien tendres à M. Carissan; souvenirs à Jeanne, Jeamiette,Peggy. Adieu, très-chères amies; aucunes distances ne séparent mon cœur de vous^