A M. UERBYER
A la Chênaie, le 22 juin 1825.
Je ne saurais, cher ami, me refuser le plaisir de vous griffonner deux mots en arrivant. Cela ne vaut cerlainement pas cinq minutes de conversation; mais, faute de mieux, cela console toujours. J'avais réellement besoin du repos que je trouve ici; l'agitation du lieu où vous êtes vous ôte en partie le sentiment de la fatigue, qui n'en est pas moins réelle. Tout, à Paris, ou presque tout, est tromperie et illusion.
J'ai vu un moment mon frère à Rennes; il vous dit mille choses tendres. Ses établissements prospèrent d'une manière admirable. Que de choses on ferait encore, si on savait et si on voulait!
Mon beau-frère, que j'ai précédé ici, aura été vous voir avant son départ. 11 vous aura parlé de ce triste et interminable compte. Si, en attendant qu'il puisse vous remettre ses Obser-
* Lettres supprimées : — A M. le baron de YitroUes. Paris. iS25, avril on mai. La Chênaie, le '25 juin 1825. — A A/"* la baronne Cliompy. Paris, 5 juin 1825.
DE I.AMENNAIS. li^7
vntioiis, s'il vous ùtail possible do finir avec M. Nicole ce qui regarde la lUhliothiuiuc des Darnes chrétiennes^ vous me rendriez un {,^rand sei'vice ; car il m'importe dr. faire inijirimer mon Imitation in-o'i, et je voudrais bien aussi publier un deuxième volume de Mélanges où je compte insérer les diverses préfaces que j'ai fournies à M. de S.-V., et peut-être le Dialogue sur les Dangers du monde dans le premier âge.
Mille hommages respectueux à M'"*' Berryer.
J'embrasse notre cher petit Arthur. Tout à vous, très-cher, du fond du cœur.