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évcquGf^, parmi lesquels il en est très-peu qui aient adhéré rèc\ieiiient et conij)léteirieiil. I*resque tous ne se sont expliqués que sur le premier arlicle, et la plupart encore en des termes que j'approuverais sans difficulté. Je citerai particulièrement l'évèque de Nancy. Celui de Versailles s'est borné à l'èpondre « qu'il reconnaissait l'autorité civile duroidars loute l'étendue de son royaume. « Les archevêques de Bordeaux et de I^yon, les évêques de Rennes, de Metz, deNevers, de Langres et plusieurs autres ont refusé [oute signature. On n'en parlera pas moins de « Tunanimilé de l'épiscopat français. » Tout est imposture et déception. Du reste, les choses avancent ra;iidemei:t. Il y a eu des troubles fort sérieux à Rouen, à l'occasion du jubilé et de la mission. L'abbé Lowenbruck a failU périr. Vous me demanderez ce qu'il faisait là : il fuyait une pcrsécu!ion qu'on lui a suscitée à Paris, et dont les moteurs sont à la cour. Tout le monde est alarmé, et personne ne se remue poui' arrêter le mcuvement qui nous emporte dans l'abîme. Un dit que la censure sera rétablie immédiatement après la session ^ Le ministère croit par là jirolongcr son exislence ; je pense que cela hâtera bien plus tôl sa fin. Le mépi'is et la haine qu'il inspire sont au couible. Il ne subsisîc que par la difficulté de mettre quelque chose entre lui et la ciùse qui se prépare. Cette crise sera sanglante; il y a du moins tout lieu de le craindre, .le ine réjouis que vous soyez loin.
Mon frère part dans deux heures pour retourner en Bretagne; il vous offre respects et tendresses. Je vous quitte pour aller dînei' avec lui rue des Postes. Adieu, adieu; ayeztoujours pour , moi un peu de celte bonté qui m'est si chère.
* La cpiisurc ne fut pas immédialenicnt rél.ibl e; mais, dûs le 29 ticcemljrc 1826, le lemlcniain même du vole de l'Adresse, M. de Peyroniiel piéscnla sa rameuse loi « de justice et d'amour, » volée à la Chambre des députés le t2 mars 1827, après uu mois entier de débals, par 255 voix contre loi. Le 17 avril, ctïrayé des dispositions liosliles de la C.bambre des pairs, M. de l*cyronnct relira son projet de loi. Un innncnsc cri de joie accueillit la défaite ministérielle. Suivit la revue de la garde nationale 29 avril 182J), où éclatèrent des nianifeslations hostiles qui exaspérèrent les ministres. Alors seulement il? rétablirent la censure (le 2i juin, quarante-huit licures après la clôture de la session) . Ils avaionl besoin du silence de la presse
n. — \ M. I,K COMTK DE SE.NFFT.
l'aiis, 14 juin 1826.
J 'ai reçu par Lyon, mon excellent ami, voire lettre du 29 mai, et celle de M'"" de Sciiffl de même date et du 5 juin. Je suis certain(;uieut très-loudié de ce (ju'elles contiennent, il est consolant de savoir qu'on ne s'est pas mépris en cherchant à faire quelque bien. Si l'on savait combien les esprits sont préparés à ce qui finirait tout', combien ils le désirent, combien ils s'étonnent du silence (t de l'indécision, je ne doute [)as qu'on ne profilât d'une circonstance qui peut ne se représenter de loiijj;temps, pour proscrire à jamais des erreurs funestes qui, presque éteintes en France, font d'année en année des progrés alarmants en Irlande et en Angleterre. Vous ne sauriez vous figui'cr à quel point le clergé, sauf un petit nombre d'exceptions, est beureusenunit disposé, et avec quelle chaleur de loi il s'attache à tout ce qui est véritablement catholique. Je crains fort qu on ne soit mal, très- mal instruit de tout cela et de beaucoup d'autres choses. Les discours de l'évêque d'Ilerm. ont produit le meilleur effet; ils ont été jugés sur-le-champ par tout le monde : il est difficile qu'un homme soit plus bas dans Topinion ; aussi ne trouve-t-il d'appui et de défenseurs que dans sa famille. Les trois Clausel ont écrit ; l'abbé Boyer, autre parent, écrit aussi, et son ouvrage va, dil-on, paraître. Mais ils luttent en vain contre la vérité, contie le sentiuient universel, chaque jour plus prononcé, qui les accable. Quelle immense carrière l'Fglise a devant elle! Quel ascendant béni des peuples on pourrait prendre, si l'on voulait, sur un unnide (|ui cherche, sans le savoir, une raison qui le conduise et une main »|ui le gouverne ! Attendons en paix les moments de Dieu.
pour les mesures exlri'mcsauxt|uelles ils alliiienl demander In protongalion do leurs pouvoirs. Mais, en dépilde lout, les élcclions leur doniièrcnl tort, et l'atlmiuislralion coni^rt'f]^anistc succomba.
* Nous devons croire qu'il sagil ici ilunc décision solcmjcllc, émanée du Souverain Pontife.
M'"*^ de Senffi a bien raison quand elle m'engage à finir à tout prix mes affaires ; mais je ne puis, par malheur, les finir à aucun prix. C'est là ce qui me désole. Tout est arrêté dans le monde commercial. Une crise est fort à craindre; on ne trouverait pas un seul écu à emprunter en ce moment. J'espérais et j'espère encore en finir prochainement avec M. de Saint-V. Mon beau- frère est ici pour cela. Mais un nouvel et triste incident est venu compliquer ma position. Les banquiers ont failli, et auparavant ils ont remis en circulation ppur 100,000 francs de billets payés par moi, et qui restaient en dépôt entre leurs mains. J'ai l'espoir, à raison de quelques circonstances particulières, d'empêcher que ce vol ne soit consommé : mais je ne puis rien faire au milieu de ces inquiétudes et de ces soins qui prennent tout mon temps et usent ma santé. J'aspire à un peu de repos pour répondre à ce qu'on a écrit dernièrement contre moi, et pour m'occuper ensuite de l'ouvrage important que je médite sur le même sujet. Priez le bon Dieu pour moi; j'ai grand besoin de prières. Mille tendres respects à M""" de S. et à la comtesse Louise.
Tuissimus in Christo ex intimo corde ^.
Versailles, 27 juin 18%.
Je vous écris de Versailles, où j'arrivai hier et d'où je repars aujourd'hui. Ce sont toujours mes tristes affaires qui me rappellent à Paris, sans qu'il me soit possible de prévoir le terme de ces tourments. Toute mon espérance est que, quand les choses auront pris une marche régulière, il me sera loisible d'en remettre la direction à une personne sûre, jusqu'à ce que je puisse me débarrasser tout à fait de ce fardeau. Je compte
* LcUrc supprimcc : — .1 M. le baron de VifrolU'S. Paris, dimanche •I8^uin 1820.— Simple billet.
pour cola sur la Providence. Comme je n'ai d'autre désir qne de retrouver ma liberté et le temps nécessaire pour mes trav.uix, en saciiliaiit tout ce que je possède dans le monde, j'espéie que 1(^ ])on Dieu uTt'ii ioiu'nira le moyen. J'ai été obiijj'é de renonci'r à ma Défense. Quelqu'un répondia à l'évêque de Chartres, et la vérité n'y perdra rien. Je me bornerai à une courte lettre dans le Mcmoridl prochain. Dès que j'aui ai un peu de loisir et de tranquillité, j'en profilerai pour connnencer l'ouvrage que j'ai [)romis sur les grandes questions religieuses et sociales. Ce sera comme une Théorie générale de la société. Si je peux aller cet automne en Bretague et y passer l'iiiver, comme je le crois, ce travail sera fort avancé.
Je vous ferai adresser quelques exemplaires du beau plaidoyer de Berryer et des Aphorismdta '. Vous avez dû être content dcï Avant- Propos de Mahony et des Réflexions deDuplessis de Grénédan. Vous recevrez sous peu les Lettres d\in angliaui à une anglicane. Nous ne nous endormons pas, comme vous voyez. Je ne puis assez vous dire combien le clergé est bon, zélé, avide de tout ce qui est vrai. On ne peut s'empêcher de reconnaître une action marquée delà Providence. Jamais, en France, les catholiques ne furent plus catholiques. Oh! si l'on était secondé ! Si l'on savait là coque l'on sait ici, ce qui frappe les yeux et l'esprit de tout le monde ! Espérons, espérons ! Le sens commun envahit tout, et c'est' lui qui échauffe les âmes et redresse les préjugé;?. 11 n'est plus guère repoussé que par ceux qui en effet sont, par essence, beaucoup trop isolés dans la société. Je les respecte iudividuellemenl; en masse, j'en fais bien peu de cas'^
Mon fi'ére court la Bretagne ; il y a plus de six semaines que je n'ai reçu de ses nouvelles; il est exlrèmouiont occupé.
L'évécpie d'Orléans ne se console pas d'avoir donné sa signature, quoi([ue avec beaucoup de restrictions ■'. On attend le con-
' In quatuor arliculos Declarationis anno 1G8'2 edilx Apfiorismatn. ad junioirs tln'olooos. Aurtore v. d. l. m. /V/mm\ iii-8° de huil pages. lî<"i(j ; aux huioaiix du Mémorial catholK^ue.
* Encore à l'adresse des JôsuiU's.
^ D'avoir signé la Déclaralion demandée au.x évèqucs et dont il ii élé question précédeinnienl.
'iob CORRESPONDANCE
sistoire, et les chevau-lrgers^ plus impatiemment que personne. Son successeur est agréé. Qu'il vienne, qu'il vienne promptement!
Je prends bien part aux tracasseries qui vous surviennent dans le moment où un peu de repos vous serait si nécessaire. Au moins, faites en sorte qu'elles n'aient pas d'influence sur votre santé. J'ai bien de la joie d'apprendre que je suis à Turin. Hélas! rien ne ressemble plus à toutes les joies de la terre-. Chercbons-en donc ailleurs de plus vraies et de plus durables. Ici-bas, c'est le travail, la souffrance et le combat ; courage donc, pauvres croisés, nous nous reposerons dans les murs de la Cité sainte!