‹ Correspondance [de] LamennaisChapitre 60 sur 140 · I. IG · texte numérisé non relu

I. IG

D'un autre côlé, le ministre des affaires ecclésiastiques et l'Université agissent de leur mieux dans le même sens. Le diocèse de Nevers est au nombre de ceux qui souffrent le plus, faute de prêtres. L'évêque a demandé la permission d'ériger une seconde école ecclésiastique, indispensable pour en former proportionnellement aux besoins; mais, par malheur, il avait refusé démettre son nom au bas de l'acte du 15 avril ^ En conïjéquence, refus de M. d'Hermopolis d'acquiescer à sa demande, et, parce qu'il s'avise d'avoir en religion la même doctrine que le Pape, il faudra que le pauvre peuple se passe d'instruction, de sacrements et de tous moyens de salut. Voilà le zèle des gallicans! il est exemplaire, comme vous voyez. Les journaux vous auront appris le scandale que vient de donner un vicaire de N.-D., qui avait été missionnaire pendant quelque temps. Cet homme, repris, et même, dit-on, suspendu par l'archevêque, à cause des désordres de sa conduite, vient de déclarer qu'il se faisait protestant ; mais le malheureux proteste contre les mœurs, plus encore contre la foi, ce qui n'empêche pas les journaux impies, et le Cowmé??' particulièrement, de triompher de son apostasie.

Je me borne à vous raconter quelques faits ; mais que de choses j'aurais à vous dire sur notre position sociale considérée dans son ensemble' Un jour viendra, j'espère, où nout pourrons en causer à loisir. Ma santé est toujours bieiî faible; je souffre constamment. Mes affaires me tracassent et ne Unissent point. Pour me consoler, je reçois de temps en temps des volumes d'outrages de la part des personnes qui, pour prix de la confiance aveugle que j'ai eue en elles, m'ont trompé es ruiné. Voilà où j'en suis. Les moments que me laissent les affaires, les souffrances et les fâcheux, je les emploie à rassembler les matériaux de l'ouvrage que j'ai annoncé. Vous avez reçu celui de l'abbé Gerbet, et vous en aurez été contents. Il doit produire une vive impression sur l'esprit des vrais catholiques. Mandez-moi le jugement qu'on en portera là où vous êtes. Mal-

* L'acte d'adhésion aux doctrines gallicanos. sollicilé, nous l'avons dit plus haut, de l'épiscopal français, et qui avait reçu la publicilc oniciellc du Moniteur.

gré les moyens de violence qu'on emploie conlre elle, in Vrrité ^^1^MI0 tons les jonrs, et pins vite cpie jo ne l'espérais. Voilà nn mut ponr le V. V. ' «pu; j«î vous prie d'.ivoir la bonté de lui faiie parvenir. Mille honnnages et mille tendresses.

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