XII PRÉFACE
ce qui n'a rapport qu'aux circonstances du temps et des lieux », nous n'avons retranché que ce qui n'intéresserait pas les lecteurs d'aujourd'hui; ensuite notre plan embrasse, non seulement ce qui peut être « utile pour la conduite des séminaires et la direction des ecclésiastiques », mais tout ce qui nous apprend quelque chose des séminaires alors dirigés par la Compagnie; tout ce qui révèle les belles qualités de M. Tronson, ainsi que ses nombreuses et honorables relations avec d'éminents personnages de son temps, soit dans le Clergé, soit dans le monde laïc; enfin, et surtout, ce qui est de nature à faire connaître les usages, les traditions, l'esprit de la Compagnie de Saint-Sulpice, et à en inculquer de plus en plus l'estime et l'amour dans Tesprit et dans le cœur de ses membres.
Tel est le but que nous nous sommes proposé, et telles sont les règles générales que nous avons suivies dans le choix de ces Lettres. Quant à leur classement, on ne pouvait raisonnablement songer à observer strictement et pour tout l'ensemble l'ordre chronologique. C'eut été, sans profit aucun, fatiguer énormément l'esprit du lecteur, en le ballottant sans cesse, et le faisant voyager des centaines de fois, d'une province à une autre, d'une ville à une autre, et cent fois au moins de France en Canada et de Canada en France. Le système des groupes, dans lequel cependant l'ordre chronologique serait maintenu, nous a paru préférable et nous l'avons adopté. Pour la correspondance avec les séminaires de France, la division semblait indiquée par les registres eux-mêmes, dont chacun contient les lettres adressées aux supérieurs et directeurs
PUÉFACK XIII
du séminaire dont il porte le titre : cette première partie de la Correspondance aura donc dix livres correspondant à chacun des dix séminaires, en commençant par ceux de France et finissant par celui de Montréal. Pour la seconde partie qui comprendra les lettres à divers, ad diversosy nous aurons égard, dans la formation des groupes, à la qualité des personnes : évoques, prêtres et religieux, laïcs, auront chacun leur livre, comme chaque séminaire; excepté pour les Lettres sur le Jansénisme et sur le Quiétisme, où la matière qui en est l'objet, sera la raison première de Tordre suivi. C'est ainsi que, dans cette grande variété des sujets et des destinataires de ces Lettres, nous garderons cependant une certaine unité.
Quant au style de M. Tronson, nous avons scrupuleusement respecté ses expressions et ses tournures de phrase; à ce point, qu'une fois ou deux, regardant comme une ellipse — elles ne sont pas rares dans les lettres de M. Tronson — ce qui était probablement une omission de son copiste distrait, nous avons reproduit, sans la corriger ou suppléer les mots qui y manquaient, une phrase qui paraîtra sans doute difficile à comprQudre (1). Ce que, de nos jours, on demande avant tout à l'éditeur d'un texte inédit, quelqu'en soit d'ailleurs l'antiquité, c'est qu'il
(1) C'est, notamment, ce qui m'est arrivé dans la seconde i)lirase de la lettre viu»^ du \^f livre, adressée à M. Grandet rp. 13 de ce volume). « Vous ne sauriez mieux faire, dit M. Tronson, que de remettre la cure à celui qui vous Pa donnée pour lui faire une pension. Il n'y a nulle apparence (do la garder), quand même vous auriez assez de santé {pour cela)] et raflfaire de M. Pelletier est suffisante pour ne vous exposer pas à faire faire de mauvais jugemens de votre conduite ».