A M. LE SUPÉRIEUR ET AUX DIRECTEURS DU PETIT SÉMINAIRE DE SERVIÉRES
lo février 1874.
Messieurs,
J'aurais bien parié que Servières ne m'enverrait pas des condoléances, mais des félicitations. Dans ce lieu de saint travail et de sainte pauvreté, l'Orphée chrétien^ vous a dit les chants qui rendent belles et douces les austères perspectives de la vie. Vous savez le prix incomparable dont Jésus-Christ payera la goutte de sang, la goutte de sueur, et jusqu'à la goutte d'eau. Vous ne me plaignez pas d'être entré en négoce avec ce marchand qui va par le monde prodiguant ses richesses aux moindres choses qu'on a voulu faire pour lui.
C'est à Servières, où votre grand évéque m'avait donné l'hospitalité, que j'ai appris la première nouvelle de Castelfidardo, peu de temps après la suppression de tUnii'eis. Nous étions accablés. L'évèque reprit la parole: Ecce i^ideo coelos apertos, et Filium /loniinis slantem a dexiris Dei. Il faut que le froment soit broyé pour faire le pain, et qu'il meure en terre pour faire la vie. Il faut que des tombeaux s'ouvrent sur la voie de la justice : In sernita juslitice vita. Cette tombe est un berceau. La bonne terre est le berceau du bon grain qu'on y jette pour qu'il meure.