Monseigneur Diipncli, j)reniier évêqiie d'Alger
2. Mon frère avait eliargé Edmond Leclerc de revoir avec moi les épreuves de Rome et Lorette. Nous n'avions pas toujours été d'accord ; et Gustave, consulté comme écrivain , éditeur et ami, s'était généralement rangé à mon avis.
reiix et plein de conseils impossibles. Je les donnerai pourtant : c'est un devoir^ mais dont l'accomplissement ne tournera, pas à mon profit. Il faut dire ici comme les prisonniers dont j'ai vu (les inscriptions) sur les murs du fort de Mascara : A la garde de Dieu ! Je vous aime de tout mon cœur.
INDUIS Veuillot.
Soyez assez bon pour mettre la ci-jointe à la poste et même pour X affranchir ^ quatre sous, vingt centimes, veux-je dire, représentant infiniment moins pour vous que pour les jeunes personnes à qui elle est destinée. Quatre sous (vieux style) font seize bonhommes de pain d'épice : savez-vous encore cela?
A M. EUGÈNE VEUILLOT
Alger, diraanche lo juillet 1841 '.
Mon cher frère,
IjC général, arrivé hier, me signifie qu'il a besoin de moi, et me prie de rester encore quelques jours; d'un autre côté, Monseigneur m'y engage, et prétend que je ne serai pas inutile à la religion; je l'espère aussi. Enfin l'Afrique, maintenant que je la connais, m'offre un spectacle si plein d'intérêt, que je ne
I. Cette lettre ne contenant rien qu'on jiût utiliser clans les Français en Algérie a été conservée.
puis m'en détaclier. Je resterai donc encore peut-être un mois et peut-être plus; peut-être moins aussi, car à la moindre bourrasque je suis déterminé à lever l'ancre et à prendre le lar<j;e.
J'espère aussi, de loin, pousser un peu notre mère à quitter Bercy.
Je me trouve dans une grande perplexité, cher frère, pour te donner un conseil relativement à ton escapade angevine. Malgré tes triomphes en Maineet-Loire, dont je remercie Dieu, je voudrais bien que tu n'eusses pas quitté Paris. D'un autre coté, il paraît que tu ne t'y trouves pas mal du tout, et Mallac m'écrit qu'on te garde ta position... Oui; mais si tu n'es pas là pendant les vacances, ni moi non plus, où s'iront promener nos sœurs? Tout cela me tracasse infiniment, et je voudrais presque aussi n'être pas venu dans cette sirène d'Afrique, où je puise politiquement, moralement, et de toutes les façons, une érudition dont je ne me croyais pas susceptible... Tirons la ficelle, gagnons du temps, prions le bon Dieu. Informe-toi par lettres, et, s'il le faut, par voyage, de ta position vraie à Paris : fais changer en trois mois ton congé d'un mois; fais-le changer en congé de six mois, s'il est possible. A Angers, réfléchis, vois quelle est la solidité de l'entreprise, et quel est le caractère des gens, et si tu y peux faire des économies, et surtout si ta foi n'y chancelle pas. Vois encore si tu peux te déterminer à embrasser la belle vie de bohème que nous offre la littérature. Je crois bien, pour mon compte, qu'il y a du pain dans l'encrier des Yeiiillot, et j'ai plus d'excellents projets d'ouvrages
que nous n'en pourrions terminer en cent ans ; mais enfin tu sais que Pégase est un animal fort indépendant, qui emporte son cavalier où bon lui semble, le plus souvent sur les rochers du Parnasse, où il n'y a pas grand'chose à brouter. Tout chrétien que nous sommes et que nous voulons être^ la vie littéraire est l'antipode du pot-au-feu, et nous interdit les félicités dont s'abreuve notre ami Lafon. Les rentrées ne sont pas sûres à ce métier-là ; les honnêtes gens ne confient pas leurs demoiselles aux gens de lettres, et bien ils font... Vois, cher Eugène, et réfléchis mûrement à tout ce que je dis ici d'un air jovial, mais d'un cœur fort sérieux. A parler franc, j'ai peur que mon aventureuse destinée ne pèse un peu sur toi ; mais, à présent que te voilà, grâce à Dieu, chrétien, et que tu marches partout sous l'égide d'un Ave Maria, je m'en soucie moitié moins. Consulte l'Eglise, consulte le bon Dieu ; et, quoiqu'il soit possible que tes lettres ne me trouvent plus ici, écris-moi.
Adieu, cher frère. Je vais à la messe.
Tout à toi en N. S.
liOUis Veuillot.
A M. EDMOND LECLERC
Alger, août 1841»
Mon cher Edmond, pas un mot pom* aujourd'hui, si ce n'est que je vous aime, que je viens de faire une
campagne, et que je compte rejoindre incessamment mes cliers fovers, avant de l'Afrique assez, comme disent les plaisants, non pour les raisons que vous pourrez croire, mais pour d'autres que je vous dirai.
Mille tendresses. Je suis noir comme un chaudron, et, si je voulais, j'aurais des moustaches; mais je vais mettre mes moustaches dans le fourreau de mon sabre.
De doux propos à Mallac.
M. EDMOND LECLERC
7 Août, i84i.
J'espère que ceci est daté.
Du reste, c'est sans la moindre rancune que je chante Alléluia. Je suis bien fâché d'apprendre que vous traînez, mon pauvre cher Edmond ; mais c'est un bénéfice pour moi, qui vous croyais mort, ou qui du moins pensais que vous n'alliez plus du tout. C'est au point que par le dernier courrier j'avais chargé discrètement un ami de prendre des informations. Enfin vous vivez, et je vois que vous ne me désaimez pas : je vous affirme que vous avez bien raison.
Faut-il vous remercier du soin fraternel que vous prenez de mes lettres qui vous arrivent d'un air tout béte, en vous demandant lein* chemin? laut-il vous
remercier du soin aimable avec lequel vous mettez ma l'unette (comment trouvez-vous cette l'unette?... Il est positif que j'ai une mauvaise plume, qui me fait faire des fautes d'orthographe : je vais la tailler), avec lequel vous mettez ma lunette d'outre-mer au point utile pour voir clair dans les feuilletons de M. J. J. ? Cher Edmond, je l'ai lu, ce feuilleton : il m'a même amusé ; mais surtout ce qui m'amusait, c'était qu'il m'amusât. Devant les affaires qui se passent ici avec tant de labeur, au prix de tant de soins, de tant de dépenses, au milieu d'hommes dont la vie, la réputation et tous les sentiments sont sans cesse engagés dans une partie toujours incertaine, il est étrange de voir ces autres ennemis prendre leur besogne à cœur, et Janin, l'Abd-el-Kader de Buloz, et cette fille juive devenue l'Afrique de tous les deux, et le monde s'occuper de ce spectacle, et moi-même, d'ici, y prendre je ne sais quel intérêt : car que me fait Buloz? que me fait Janin et que m'importe la juive? Cela me rappelle que sur la route de Maskara {Com-Maskeur, la mère du soldat, hein!) le général Bugeaud, pendant une halte, parlant vivement à ses officiers sur certains principes de marche et de combat, fut tout à coup distrait par deux fourmis qui se disputaient un quartier de mouche dans les environs de sa botte. C'est étonnant, s'écria-t-il , comme les fourmis sont carnivores ! Et, tombant en contemplation, il ne reprit son discours que deux ou trois minutes après.
Je vous écris au bruit des canons d'un bateau à vapeur qui emmène le gouverneur à Mostaganem. Il y a deux heures que le Tartare est arrivé de ce point,
apportant la nouvelle que l'importante tribu des Medgehers (cela ne veut rien dire, c'est un nom comme Veuillot) s'était en partie soumise, et que le reste manifestait de semblables résolutions. C'est une chose si importante, quelegouverneura jugé convenable de partir sur-le-champ. Si la tribu des IMedgehers se soumet véritablement, c'est une pierre, et une pierre considérable, qui tombe de l'édifice laborieusement bâti par Abd-el-Kader. La face des affaires peut changer du tout au tout dans la province d'Oran, qui est la base du pouvoir de l'émir, le lieu de sa naissance, son Etat héréditaire en quelque sorte. Mais tant de belles espérances ont échoué ; les péripéties sont ici tellement pressées, brusques, étranges, se forment si vite, se dénouent si contrairement à toutes les prévisions, que je n'ose encore croire à rien. Somme toute, c'est cependant une bonne nouvelle que nous avons reçue là, d'autant plus que M. de Lamoricière, héros trop vanté, nous avait fait reculer un peu^
Je ne crois pas avoir grand'chose de curieux à vous conter aujourd'hui, à moins que. . . mais oui, en vérité, je puis bien vous conter cela. Regardez un peu dans cette chambre moitié mauresque, moitié française, ces trois jouvenceaux de 26, 27 et 28 ans, groupés autour d'un pot de confitures que vous auriez envie de vous mettre sur la tète, tant elles sentent le jasmin, et de trois tasses à café simplement posées sur le pavé de faïence de l'appartement : l'un, remarquable
I. Ce mot prouve que dans l'entourage de liugeaud on était volontiers sévère pour Lamoricière, qui, du reste, le rendait bien à Bngeaud.
CORRESPONDANCE DE LOUIS VEUILLOT. lOl
par des brodequins à la napolitaine, est couché sur un matelas recouvert d'une courtine de soie et tient une Bible; l'autre, pieds nus, assis en tailleur en face du premier^ et remarquable par son turban, tient à la main « el quaranne » (de gara qui signifie lire, comme chacun sait); le troisième, assis par terre et remarquable par ses pantoufles en tapisserie, tient une pipe. Ce tableau vous représente l'auteur de Rome et Lorette (homme jeune encore, dit V Univers) argumentant au moyen d'un interprète avec Sid-Ahmed-ben-Bou- Gandoura, coulougli d'Alger et musulman plein de zèle. Il y avait bien longtemps que je cherchais cette occasion. La conférence a duré jusqu'à deux heures du matin, et à la fin, Bou-Gandoura m'a fait l'amitié de me dire que les choses auraient été différemment en Algérie, si tous les Européens avaient été comme moi. Ce n'était pas seulement un compliment — dans ce cas-là, je ne vous le répéterais point — c'était la vérité. J'ai acquis en vingt occasions, et particulièrement ce soir-là, la conviction que les Arabes nous méprisent et nous haïssent moins comme chrétiens que comme impies. J'ai trouvé dans ce jeune coulougli (fils de Turc et de Mauresque) une âme excellente, un sens droit, une pensée naturellement religieuse, et une prédisposition à recevoir la vérité que j'ai bien rarement rencontrée à Paris parmi les Scholars. L'islamisme n'étant qu'une hérésie chrétienne, il y a beaucoup de points de contact... et M. Laurence est un sot*.
■ I. M. Laurence était directeur des affaires algériennes.
Le meilleur de celle causerie, c'est que notre petit interprèle a appris là beaucoup de choses dont il ne se doutait guère, et depuis ce jour se sent tourmenté du désir d'aller à la messe et plus loin. Que Dieu est grand et qu'il est bon !
Un autre événement d'un autre genre, c'est un célèbre bal qui a été donné par le gouverneur à l'occasion des ce glorieuses m ^
Il y avait à ce bal des lieutenants généraux, des commissaires de police, un mufti, des imans, des rabbins, des mulâtres, des juges, des juifs, des voleurs, des Turcs, des Arabes, des hommes de lettres, le Père Enfantin, un descendant des Zégris de M. de Chateaubriand, des renégats, des Prussiens, des Anglaises, etc., etc. : tout cela répandu dans trois magnifiques salons ornés de marbres, de porcelaines, de dorures, dont l'un avait pour voûte le ciel étoile. Contiguë à ces salons et de plain-pied avec eux, s'étendait une immense terrasse ornée de fleurs, d'où l'on voyait et d'où l'on entendait la mer. Et la plus belle lune qu'on puisse imaginer servait de lustre pour éclairer splendidement ce quatrième salon. Savezvous quel effet cela me fit? D'une décoration de mélodrame dont la scène se passe à Venise et que j'ai vue je ne sais quand. Rien n'y manquait, ni les femmes parées, ni Othello, ni Shylock, ni le Barigel, ni la musique, ni le bruit des flots, ni la «rande terrasse pour conspirer, de sorte qu'en me promenant sur
I. Peut-être tous nos lecteurs ne savent-ils pas qu'on ai)pelait ironiquement les g;loiieuses les trois journées des 27, 28 et 29 juillet i83o, dont était sorti le gouvernement de Louis-Philippe.
cette fameuse terrasse, je me croyais un figurant de la Porte -Saint-Martin.
J'ai vu là, mon cher Edmond, que la fleur de ma jeunesse a été décidément emportée, comme la peste, par les vents bénis qui soufflent de Rome. Depuis près de quatre ans je n'avais pas vu un bal, et c'était alors un plaisir que j'aimais beaucoup. Mais celui-ci, malgré sa singularité, ne put m'amuser plus d'une heure, et avant minuit j'allai me coucher en pestant contre ces violons qui m'empêchaient de dormir. Je voulus me rappeler les célèbres vers de M. Hugo : Elle aimait trop le baL... Hélas!
A deux heures de la nuit un repas a été offert aux dames : deux demoiselles s'y sont soûlées. A cette chose il faut ce mot : bouchez-vous, si vous voulez, les oreilles, mais c'est l'expression de la vérité. Lune était rose et blanche ... .
Je vous dirai que l'autre jour, ayant trouvé un volume de Racine, j'ai \u. Phèdre, et que j'en ai pleuré comme un parapluie. Je n'ose plus lire Racine et je ne puis lire Hugo, Suis-je trop jeune? suis-je trop vieux? Pourtant Hugo est un grand poète; mais c'est le poète des petits jeunes gens, tout grand poète qu'il est. 11 pourra devenir le poète de tous les âges, si, dans deux ans, il veut se mettre sérieusement à faire des vers; mais j'ai peur qu'il ne donne dans l'économie politique : il est assez poète pour cela.
A propos de petits jeunes gens, vous savez que nous avons ici l'auteur de Naissance et Génie^ ou de Naissance iT Eugénie , ou du Nez sans génie, je ne sais pas au juste le titre de Fouvrage. A votre place,
102» CORRESPONDANCE DE LOUIS VEUILLar.
je ne voudrais jamais élre auditeur au conseil d'État. Enfin ce pauvre garçon fit une campagne : il en naquit un feuilleton (sans génie) où il prétendit qu'il avait senti, lui aussi, battre son cœur de jeune homme j lorsque son cheval avait bondi, frappé par une balle arabe. Diable! en chercbant bien sur ce cheval, nous avons trouvé qu'il avait pu être blessé au dos, sous la selle et sous le cavalier, où il avait une légère écorchure. 11 faut que la balle ait traversé la cuisse de l'auditeur, et il est heureux pour lui qu'il ne se soit pas aperçu d'une blessure de cette gravitélà. Mais voilà qu'au plus brillant de ses exploits, et lorsqu'il n'avait plus qu'à jouir de sa gloire, il attrape la fièvre (l'auditeur). Aussitôt son esprit se frappe: il devient presque fou; il se fait saigner et se purge le même jour; il guérit naturellement, mais il reste frappé ; le mal du pays l'empoigne : voilà un garçon qui se répand en élégies sur le propos de sa mère et de sa patrie , dont il est séparé, dit-il, par un espace de cinq cents lieues. Qui sait s'il pourra les franchir? Il demande à revoir son vieux père, sa chaumière et le conseil d'Etal; il jaunit, il maigrit, il déraisonne, il veut partir, il veut être parti. Un bateau quitte Alger : il y prend son passage, et s'embarque la veille. Si quelque accident avait empêché qu'un bateau ne partît de huit jours, il serait mort; je ne ris pas. Cette étrange folie et son feuilleton m'ont fait deux peurs pour une, et c'est un bon avis que j'ai reçu là. Aussi partirai-je avant d'avoir la fièvre, s'il plaît à Dieu, car ma tête aussi pourrai décamper, personne n'est maître de cela. J'en ai vu de mieux trempés quijau-
nissaient tout aussi vite. Jugez par cet exemple des ravages que la nostalgie doit faire sur nos pauvres soldats, qui n'ont point d'éducation, point d'adoucissement, dont la misère est effroyable, que personne ne console, et qui ne peuvent pas partir ! C'est un terrible mal, en vérité !
Je compte mes feuillets, et je vois que voici le i5^. Vous conviendrez que j'abuse un peu. Mais je vous donne huit jours pour lire cette rame de papier. Vous savez que quand j'allais vous voir dans ce cabinet où j'ai tant bâillé avant vous, je restais toujours trop longtemps. Pardonnez à la mauvaise habitude. S'il s'agissait d'une causerie, je pourrais avec raison mettre mon importunité sur les agréments qu'on trouve dans votre commerce; mais je parle tout seul, et je suis sans excuse.
Sachez qu'il est une heure après le coucher du soleil, que j'entends les moueddens crier VEucha (prière du soir) sur les minarets, et un chanteur de rues chanter l'air de Basile du Barbier, au café de la Perle. Sachez que je vous rapporterai quelque babiole pour mademoiselle votre sœur ; sachez que je vous aime infiniment et Mallac aussi, et que j'approuve beaucoup les protestations de la reine d'Espagne, de laquelle Sidi-Mohammed (Thermosiris) a demandé des nouvelles avec beaucoup d'empressement à l'un des eiivovés de Monseieneur. Ceci
n'est point un conte Et salut de la part d'El
Rhrodja (ne dites pas Rodja, dites Rhrodja, /«vo, khrro) .
Silo, c'est un trou dans lequel les Arabes gardent
le blé. Le mot est latin ou grec; les Arabes disent Mat* more.
Gourbi, c'est une cabane de branchages et d'épines.
Hadji^ autant vaut dire « pèlerin ». C'est le titre de tous ceux qui sont allés à la Mecque : Hadji Abdel Qdder ben Mahi eddin ; — le pèlerin esclave du Tout- Puissant, fils de celui qui vivifie la religion.
Oiilad, Oïded j Onlid, enfant : les Ouledben-Ya- Jiia^ les enfants du fils de Jean; les Ouled-Âissa^ les enfants de Jésus.
Oued., fleuve: Oued-el-Kebir , le grand fleuve, comme qui dirait Guadalquivir.
Khodja el kakem el Djezayr, secrétaire du gouverneur d'Alger.
Khodja el Khalifa^ secrétaire particulier de M. le ministre.
Douars, réunion de gourbis ou tentes.
Vous savez maintenant, mon cher ami, tout autant d'arabe que moi.
Louis Veuillot.
Sept août M CCCCCCCC XXXXTi.
A M. EDMOND LECLERC
Je viens!
Alger, veille de l'an de l'Hégire.
P. S. — Un mot, s'il vous plaît, à ma portière. Je
I. Cette date, écrite en très gros caractères, pour répondre au reproche de ne pas dater.
n'ai plus ni culotte, ni redingote, ni bas, ni rien. Qu'elle voie un tailleur quelconque, et que l'on me fasse en drap noir ce qui doit être en drap noir. Si je n'ai plus de chemises, qu'elle aille en demander tout de suite une demi-douzaine chez Broquel, successeur de Coup, au Palais-Royal; qu'elle me trouve des brodequins sans vernis, mais d'un joli goiit : fissa^ fîssa. C'est comme lorsque vous autres chrétiens vous dites : presto, presto.
On me verra faire à Toulon une fameuse mine, si je n'y trouve pas une lettre de vous.
Embrassons Mallac, et que tout respire la joie.
Ah! Edmond! je vais donc enfin voir de la boue!
El Nadj Louis Khrodja.