‹ Correspondance de Louis Veuillot (volume 2)Chapitre 126 sur 132 · A M. HIPPOLYTE FERRY DE PIQUES · texte numérisé non relu

A M. HIPPOLYTE FERRY DE PIQUES

20 février 1874-

Monsieur,

En ce moment j'ai le beau malheur, mais c'est un malheur tout de même, d'avoir plus de vrais amis que je n'en peux embrasser d'un trait de plume. On m'a ôté mon porte-voix, et en me Tôtant on me l'a rendu plus nécessaire. Il faut souffrir ce que l'on ne peut empêcher, et laisser passer la force brutale.

J'allc'iuls le 20 mars. Ce jour-là je me couvrirai de feuilles, eomme le marronnier des Tuileries. Je sens que les feuilles poussent en dards, et les rameaux reverdis seront autant d'arbalètes. En attendant, daignez recevoir un bref et tardif remerciement de votre lettre charmante.

Je suis, Monsieur, avec respect, et permettez-moi de dire avec amitié, votre très humble et très obéissant serviteur,

Louis Veuilloï.

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