‹ Correspondance de Louis Veuillot (volume 2)Chapitre 21 sur 132 · I. M. Dausjc, ingénieur des Pdnts-ét-Chausse'es · texte numérisé non relu

I. M. Dausjc, ingénieur des Pdnts-ét-Chausse'es

JS Univers a fait une bonne conquête : il a par mes soins attaché à sa rédaction M. Edouard Ourliac, bon converti, bon chrélien, excellent cœur, excellent esprit, dont vous lirez de fort aimables articles. Cela pâlira beaucoup vos chers Propos divers ; mais vous en serez content, et la religion y gagnera.

J'ai beaucoup vu ces derniers temps Eugène Bore et M. le baron de Bussières, le parrain de M. Ratisbonne. Bore et Bussières sont deux saints. Leur conversation et leur exemple m'ont fait du bien; j'ai enfin l'espérance de devenir meilleur, en voyant quel soin Dieu prend de m'entourer d'âmes si bonnes et si belles. M. Ratisbonne est admirable au noviciat. Les Pères disent que depuis saint Stanislas, on n'a rien vu de pareil.

Adieu. Mon compagnon vient me prendre. Je vais prier pour vous. Priez pour moi.

A M. L'ABBÉ MORISSEAU.

29 novembre 1842-

Très cher ami, je ne sais pas pourquoi mes sœurs ne font pas leurs commissions elles-mêmes. Voici un gribouillage d'Elise qui vous regarde plus que moi. Je n'ai pas besoin de vous recommander les bonnes gens qu'elle vous recommande, puisqu'il s'agit d'âmes à préserver et à guérir*. Adieu, très cher ami. Priez

I. Nos sœurs avaient recommande' à l'ahbé Morisseau une pauvre famille qui allait habiter Tours.

pour moi. Nous allons faire quelques efforts pour propager lY/mVerj'. Vous voudrez bien nous aider, du moins autant qu'il dépendra de vous. Je vous assure qu'il n'est pas un cœur français et chrétien qui puisse nous désirer d'autres pensées et d'autres désirs que les nôtres en ce moment. Tout à vous en Notre- Seigneur.

A M. L'ABBÉ MORISSEAU.

Lille, 7 décembre 1842.

Très cher ami^ je suis venu passer un quinzaine de jours à Lille, chez un ami qui a cru que ma présence en cette ville pourrait y déterminer l'utile et nécessaire fondation d'un journal. Je ne pense pas que vous choisissiez les approches de Noël et la saison où nous sommes pour faire un voyage à Paris ; toutefois je vous préviens que je suis absent.

Je vous remercie de votre bonne volonté pour les pauvres de mes sœurs. Elles seront bien heureuses d'apprendre que vous vous occupez de ces braves gens, et que la petite fille qui les intéresse risquera moins, grâce à M"' de Lavalette et à vous, de grossir les victimes de l'irréligion. Mon frère m'avait dit que M"" de Lavalette se consacrait aux^ bonnes œuvres; et, comme je sais de quelles grâces Notre-Seigneur prévient les personnes qui, comme cette vertueuse demoiselle, choisissent la meilleure part, je me sens

plein de confiance sur le sort de la petite fille qui lui est recommandée. La charité qui prie est la bonne : les bénédictions pleuvent sur les cœurs qui l'exercent, et retombent sur les cœurs qui en sont 1 objet.

Vous verrez prochainement arriver à Tours un jeune archiviste qui a beaucoup de talent, et qui est bon chrétien. C'est M. Léon Aiibineau. un de nos amis ; il ira tout de suite vous voir, et je n'ai pas besoin de vous le recommander davantage.

Adieu, très cher ami. Priez pour moi, et continuez vos efforts en faveur de ÏUnivers, que nous venons de faire entrer dans une voie où doivent le suivre les applaudissements de tous les chrétiens.

Bien à vous en Notre-Seigneur.

A M. L'ABBÉ MORISSEAU.

Jour de l'Epiphanie i843.

Mon cher ami, M. de Lavalette m'a bien apporté une lettre de vous, mais je n'y étais pas, et il m'a laissé une carte sans adresse. Dites-moi où il demeure, s'il doit faire ici un long séjour, afin que j'aille le voir au retour d'un petit voyage que je vais faire à Nancy : et s'il retourne à Tours, excusez-moi près de lui. Je serais bien fâché de ne pas le voir; j'aurais tant aimé à lui parler de vous.

Je pars pour Nancy vendredi prochain ; j'y passerai une semaine ou deux. Ce n'est pas seulement pour

mon plaisir que j'y vais^ car alors je pourrais aussi bien aller à Tours : je veux essayer d'établir là, comme je l'ai fait à Lille^ un comité de catholiques qui correspondraient avec l' Univers pour les affaires de la religion. Mon désir serait de voir en France un grand nombre de comités de ce genre, et de constituer enfin une agence qui ferait marcher toutes choses, et produirait sans cesse cette agitation pacifique dont O'Connell, en Irlande, a retiré tant de fruits. Jetez les bases de quelque chose d'analogue, ou du moins préparez des gens qui pourraient m'entendre et me comprendre quand j'irai chez vous, ce qui pourrait bien ne pas tarder.

J'ai été fort mal portant tous ces jours-ci, mais je vais mieux, et cette cure achèvera ma guérison, car toujours les voyages m'ont fait grand bien. Je travaille beaucoup et ne fais rien qui vaille. Lettres, articles, conversations, tout cela mange le temps fort vite, et je ne puis malheureusement travailler le soir. Ce sera pour moi une grande épreuve si le bon Dieu m'ôte la vue. Amen, pourtant.

Mes sœurs vont bien, ma mère aussi, et je serais fort heureux si j'étais meilleur chrétien. Adieu, mon cher abbé. Priez pour moi.

Nancy, janvier i843.

Grâce à la terrible réclame de M. de Dumast, lu n'ignores pas, cher frère, que je suis à Nancy. Je continue avec autant d'agrément particulier, mais jusqu'à présent avec moins de succès pour l'œuvre, ma mission de Lille. Cependant, je n'ai pas lieu de désespérer, et si je rapporte peu d'abonnements, je compte ne pas revenir sans aumônes. Ce qui m'inquiète est de savoir comment mon estomac et mes poumons se trouveront du régime terrible où je les mets. Je roule de dîners en dîners, de prédications en prédications. Le moindre de ces dîners est terrible, la plus courte de ces prédications dure des heures entières ; le reste du temps est pris par des courses, visites de digestion et autres, à ce point que voici la première minute de loisir que je trouve pour t'écrire un mot. Du reste, l'homme le plus important du monde ne saurait recevoir un accueil plus empressé que celui qui m'est fait par toute la chrétienté nancéienne, qui est assez nombreuse. Les curés sont éperdus de joie, lorsqu'ils me voient ; je suis fait pour les divertir ; ils me le rendent bien. Je ne suis jamais si content qu'avec ces âmes franches, rudes, dévouées; je bénis Dieu de m'avoir rendu agréable à ces bons ouvriers de la vigne céleste.

Le Père Lacordaire n'est pas celui qui me témoigne

le moins d'amitié et qui me fait le moins de bien : je suis ravi de ses conférences. J'en ai déjà entendu deux qui sont inexprimablement belles ; j'espère en entendre deux encore. Je n'étais venu que pour quinze jours, mais je vois bien que je passerai le mois à peu près. Prie le bon Dieu que ce temps ne soit point perdu pour l'éternité.

Le P. Lacordaire m'a pourtant fait hier un tour pendable. Dans une séance solennelle de la Société de St-François Régis^ il m'a solennellement exhorté à gafder le célibat pour la cause du bon Dieu et de la presse chrétienne. Il ne m'a point nommé, mais il y avait là 5oo personnes qui m'ont parfaitement reconnu. Je t'avoue que j ai un peu pris cela comme un avis d'en haut et que les velléités matrimoniales en ont souffert. L'évéque, partisan très chaud des Propos divers, a très vivement appuyé l'orateur, qui dans le courant de son discours a donné à l'Université des coups de boutoir capables de faire frémir Gabourd et beaucoup d'autres, mais il n'importe : la grande cause avance, gagne du terrain partout, de plus en plus la famille catholique s'accroît et se serre. Je bénis Dieu du spectacle que je vois et je me tiens heureux d'être l'un des ouvriers de cette grande entreprise.

Peu de temps avant de partir, j'ai vu nos sœurs : elles vont bien et sont fort contentes de Mère Philippe, leur supérieure actuelle, qui n'est pas mécontente d'elles non plus. Mère Emmanuel a été rappelée à Paris, Annette a fait un acte de grandeur d'àme dont j'ai été touché : Ourliac avait prié l'une d'elles d'être avec moi parrain de son enfant. Annette avait un

droit d'aînesse reconnu j)ar moi et j)ar Élise. Néanmoins, trouvant sa sœur plus capable de représenter, elle s'est retirée modestement avec beaucoup de simplicité et de bonne grâce. Il y a des héros qui n'ont point fait d'aussi grandes actions.

Adieu, cher frère, écris-moi chez M. de Dumast. La première moitié de Vllonne'te femme^ purgée des digressions, paraîtra dans le Correspondant de février. Je corrige l'épreuve.

Adieu, cher frère.

Louis.

On a vu par une des lettres précédentes que mon frère était vivement tenté de donner sa démission non seulement d'attaché au cabinet, mais aussi de sous-chef de bureau. Bien qu'on lui laissât une grande liberté, cette situation le gênait. Aussi, après avoir pris un congé, se décida-t-il à quitter tout emploi. Jj Univers^ relevé financièrement par M. Taconet, lui promettait un traitement non pas égal à ceux qu'il abandonnait, mais pouvant suffire aux obhgations dont il s'était chargé ; cela lui suffisait.

C'est alors qu'eut lieu la fusion entre l' Univers et l' Union catholique. Celle-ci avait vécu ou plutôt végété quinze mois. Ses principaux rédacteurs, notamment IMM. Henri et Charles de Riancey, passèrent à Y Univers. M. de Saint-Chéron, sans quitter absolument et tout de suite le journal, s'en écarta ; M. Du Lac, qui avait fait l'article annonçant la fusion (n° du i*' février 1848), entra bientôt chez les Bénédictins, de telle sorte que Louis Veuillot fut le seul représentant autorisé de V Univers dans la nouvelle rédaction. Les choses n'allèrent ])as sans difficulté, car si on avait pu s'unir il était assez difficile de s'entendre. M. de Montalembert et le P. Lacordaire étaient du côté de l'ancien Univers, M. l'abbé Dupanloup du côté de l'ancienne Union.

A M. L'ABBÉ MORISSEAU.

i3 mars i843.

Mon cher et excellent ami Du T.ac^ suivant enfin les aspirations longtemps comprimées de son âme, se consacre à Dieu : il entre cette semaine chez les Bénédictins, et me voilà obligé de le remplacer à V Univers comme rédacteur principal. Ce n'est pas seulement pour moi un ennui inimaginable, c'est un véritable malheur que cette nécessité. Mais elle est absolue. Il faut que je prenne le fardeau ou que YUnîçers, après avoir chancelé quelques jours entre le légitimisme étroit de V Union catholique et le ministérialisme, tombe dans un de ces abîmes. Je ne puis ainsi laisser périr une œuvre de cette importance. Je me dévoue donc. Jamais je n'ai rien fait avec plus de ciiagrin, car non seulement la capacité me manque. Du Lac n'étant plus là, mais je vais avoir à subir encore des luttes et des tracasseries dont je ne finirais pas de vous donner le délail, si je voulais l'entreprendre. Venez à mon secours devant Dieu, mon cher ami. Songez tous les matins, à la messe, que je suis accablé, seul sur la brèche, pas un ami autour de moi pour me consoler et m'aider, et sans cesse piqué par les cousins et les mouches pendant que je combats...^

Adieu, priez pour moi sans cesse.

I. Du Lac resta chez les Bénédictins jusqu'en 1848, mais sans faire profession. Des affaires de famille ne lui permettaient pas de se donner

A M. EUGÈNE VEUILLOT

Paris, a8 mars i843.

Clier frère, depuis que notre ami Du Lac s'est enfroqué, et que je suis secrètement rédacteur en chef de VUnwers, j'ai tant de choses à faire que mon silence est pardonnable. Mais sais-tu seulement que Du Lac est aujourd'hui bénédictin et que je le remplace sous le voile du père Bailly ? Nous sommes capables de ne t'en avoir pas soufflé le moindre mot. Eh bien, voilà où en sont les choses. Rien ne se fait sans mon consentement;, et j'use de politique pour que ma volonté plaise à V Union que nous ne voulons point blesser. X... est prié de se tenir sous terre et j'ai quatre mille francs par an.

Pour être plus près du journal^ où ma présence quotidienne est nécessaire, je vais aller demeurer chez M. Bailly; je m'y mets en pension : logé, nourri, chauffé, blanchi, raccommodé, éclairé, tisanné. s'il le faut, et clystérisé en cas de besoin, moyennant la somme de 1800 francs par an. Deux chambres au premier dans un hôtel superbe donnant sur le Luxembourg, duquel je ne suis séparé que par une grille dont j'ai la clef. Je me plairais peut-être là, si ce n'était une auberge, mais il n'y a plus moyen de perdre du temps et c'est un immense avantage de pouvoir faire la besogne chez moi.

tout entier; il continua de travailler pour V Univers, en choisissant les sujets qui pouvaient se traiter de loin.

Écris-moi à \ Univers, c'est le plus simple à présent.

La femme d'Ouriiac est accouchée et je suis allé chercher hier nos sœurs à Corbeil pour le baptême. Il s'agit d'une fille, elle se nomme Marie. Nos sœurs sont de plus en plus énormes, surtout Élise. Annette va bien.

A M. EUGÈNE VEUILLOT

Avril 1843.

Cher frère, je pense aussi que je t'ai un peu trop effrayé l'autre jour; mes pauvres yeux allaient si mal et me refusaient si obstinément le service, que j'étais aussi désespéré qu'on peut l'être quand on croit en Dieu et dans la miséricorde de Dieu. Depuis j'ai vu un médecin qui m'a dit que les paupières seules étaient malades, qu'il n'y avait rien d'attaqué dans le fond même de l'œil. Il m'a prescrit un repos bien difficile, mais que je m'efl'orce d'observer, et des remèdes que je fais. Cela ne m'a pas encore rendu la vue, au contraire, l'irritation est plus vive, mais cela me rassure. Je n'ai pas été mécontent de nos sœurs; c'est comme mes yeux, le fond est bon. Elles vont partir avec des résolutions excellentes et qui, je le crois, ne seront pas tout de suite oubliées. En définitive, elles sont encore dans les meilleures de la maison, et il n'y a pas une enfant distinguée par sa piété ou par son cœur qui ne les aime beaucoup.

Je suis rédacteur en clief de cette façon que Taconet m'appartient absolument, que rien ne passerait contre ma volonté, que je ferais tout ])asser contre la volonté des autres, mais que je dois me montrer coulant pour les autres et prudent pcnu* moi, par suite d un concours de circonstances ditliciies à expliquer à moins de beaucoup de temps et de paroles. Ma tactique est de relarder le plus possible une séparation très probalilcment inévitable et qui sera fort désirable. Les nouveaux Vfuus ne sont visiblement entrés dans la communauté qu'avec la prétention de tout prendre. C'est un vrai mariage à la mode, mais nous n avions pas autant qu'eux prémédité le coup. Nous voulions garder les culottes et nous l'avions annonce.

Je vais aller m'établir cette semaine cbez le père Baillv et m'v soumettre à toutes les médications possibles.

Adieu, cber enfant. Prions Dieu, pavons nos dettes, aimons-nous. A propos de dettes, je n'en ai plus, cVst fini; j'ai même des économies. Le crois-tu? Tout à toi en "X. S.

A M. EUGÈNE VEUILLOT

Paris, a a avril iSjS.

.lUe/uia! la dot d'Anette est amassée, le bon Dieu me l'a donnée pour mes œufs de Pâques. Gustave,

après avoir vendu à Marne;, l'exploitation pendant quinze ans des Pèlerinages et de Pierre Saiiilive, moyennant 5ooo francs (je vois ta mine;, m'en a gracieusement concédé la propriété^, et moi j'ai vendu ce reste au susdit Mame, en y joignant la propriété de Rome et Lorette et celle de la Sœur Saint-Louis, et celle du Rosaire, moyennant 7500 francs, payables 3ooo francs fin mai, 25oo fin juin, 2000 fin juillet. Me voilà nu comme un ver; mais avec 2000 que j'avais amassés, j'ai 10 000 francs dans la poche de notre sœur et je suis en quête d'un mari. Si je parviens à faire V Algérie et quelque autre brimborion cette année. Elise, à son tour, sera pourvue. Le reste à la grâce de Dieu. Si je suis malade ou misérable, je n'aurai plus que le souci d'aller me cacher quelque part pour n'attrister personne. J'essayerai néanmoins de ne donner que 8000 francs et de faire fournir le complément par ma mère (par toi, si tu veux), afin d'user du reste pour Elise. Plaise à Dieu que notre sœur soit heureuse. J'aurai fait ce que j'aurai pu.

Je demeure à présent rue Madame, 41 , chez M. Bailly; j'y suis bien et mal comme partout; ma santé ne se rétablit pas ; mes yeux ont toujours mauvaise mine, je n'ai pas le temps de me soigner. S'il plaît à Dieu, j'irai passer le mois de mai dans quelque campagne auprès de Paris. Projet !

Je n'ai plus d'affaires avec Gustave et je n'en aurai pas avec son successeur. Parle-moi des Mame. Oui, je suis édité en province, et je m'en fiche. Je donne la gloire pour rien ; c'est ce qu'elle vaut. Quand on me l'achète 1000 francs, je trouve que je vole.

188 CORRESPONDANCK DE LOUIS VEUII.LOT.

Je voudrais bien faire quelque chose d'un peu propre et n'être connu que de Dieu.

Sais-tu pourquoi, d'ailleurs, les Marne paient plus largement que d'aulres? C'est qu'ils ont un débouché pour jj, jlo, 25 ooo exemplaires. Les livres s'en vont de Tours, comme les pruneaux. Fais à présent tes observations sur l'incognito de la province.

On dit que VHonncte femme a du succès; pour moi, je ne vois plus personne. Adieu, cher frère. Ecris-moi toujours à \ Univers^ quand tu daigneras enfin m'écrire.

Louons le bon Dieu qui vient à notre secours. Dix mille francs! J'ai bien voulu les avoir, mais jamais de ma vie je n'ai cru sérieusement que je les aurais; aussi n'ai-je nul sacrifice à faire en les donnant. Je suis tout convaincu qu'ils ne sont pas pour

moi.

Louis.

A M. L'ABBÉ MORISSEAU.

Paris, 3i mars i843.

Cher abbé,

Mes meilleurs amis sont destinés à vous embrasser avant que j'aie moi-même ce bonheur. Accueillez bien celui-ci ; c'est lï,douard Ourliac, et lâchez de lire le charmant livre qu'il vient de publiera II vous don-

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