‹ Correspondance de Louis Veuillot (volume 2)Chapitre 58 sur 132 · I.oDis Veuillot · texte numérisé non relu

I.oDis Veuillot

Je fais suivre ces lettres de famille d'autres lettres relatives à des fails iutinics et douloureux de la vie démon frère, et dont plusieurs ont d('jà été i)ubliees. J'aurais préféré les garder toutes pour la Fie de Louis Veuillot ; mais quelques-unes étant connues, je me décide à étendre cette publicité, (pic plus tard je compléterai.

A M. L'ADBÉ DELOR.

29 novembre i852.

Merci, mon bien cher ami. Je suis soumis à la volonté de Dieu, qui est juste et bonne, et qui n'a pas cessé de me paraître inliniment miséricordieuse.

Ma chère femme, quoique bien jeune, était mûre pour le eiel : une sainte vie a été couronnée par une sainte mort; moi, j'ai tout mérité, et ce coup de foudie est un coup de grâce'. Du reste, notre Père qui est aux cieux me donne tous les adoucissements dont j'ai besoin. Mon frère est près de moi; ma sœur se dévoue pour élever mes cinq pauvres petites

1. Mme Louis Veuillot, née Malliilde xMurcier, est morte à jg ans, après liuit ans de mariage.

C0RRESP0^r)A^CF, dp: louis VFiHLr.or. -,09

orphelines, et, par la grâce de celle qui n'est plus, je suis, non pas consolé, je ne puis ni ne veux l'être, mais fortifié. Il y a dans mon cœur atitant de bénédictions que de larmes. Priez Dieu d'accroître mon courage et de me laisser ma douleur.

Je vous remercie de m'avoir envoyé votre sermon sur la mort: il est beau, et touchant, et vrai. Vivons pour mériter de bien mourir.

Tout à vous en N.-S.

Louis Veuillot.

décembre iSoa.

Mon cher ami,

Je vous remercie tendrement de votre bon souvenir. Vous valez mieux que moi, et vous profitez de mon affliction pour m'ôter un remords. Un parfum de réconciliation s'élève de ce tombeau si pur.

Ma douleur est immense comme mon malheur, mais Dieu ne m'abandonne pas. Il me remplit de force, il m'entoure de secours bénis. J'ai mon frère et ma sœur; ils viennent demeurer avec moi. Ma sœur se jette tout entière dans ma pauvreté et dans mes soucis; elle vient élever ces cinq petites filles qui ont perdu leur mère, et dont l'aînée n'a pas sept

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