‹ Correspondance de Louis Veuillot (volume 2)Chapitre 59 sur 132 · I. Cette lettre a été publiée par le Courrier de Bruxelles · texte numérisé non relu

I. Cette lettre a été publiée par le Courrier de Bruxelles

ans. Voilà tout ce que je puis vous dire aujour- (riiui.

Lorsque ma chère femme a su qu'elle allait mourir, elle a levé au ciel ses yeux qui n'avaient regardé sur la terre (jue son mari, ses enfants et les saints autels, et elle a dit doucement : Que la volonté de Dieu soit faite ' C'est le trésor qu'elle me laisse. Priez pour que ce trésor ne se dissipe pas entre mes mains, et que j'en achète un jour la bienheureuse éternité.

.le vous embrasse.

T.ouis Veutillot.

A M. L'ABRÉ DAVID.

2 décembre 18)2.

Mon cher abbé, je vous remercie de votre pieux et compatissant souvenir, et je vous prie de vouloir bien exprimer ma reconnaissance à Mme la baronne de Mosfart.

La perte que je fais est incomparable. La joie et le repos de ma vie s'en vont en même temps, et je reste chargé de cinq pauvres petites fdles, dont la plus âgée n'a pas encore accompli sa septième année. Que vont devenir ces enfants, privées d'une telle mère? Je sais que Dieu les assistera, mais je ne puis m'empècher de trembler. Cependant je ne suis pas sans secours. J'ai une sœur pleine de courage et

de vertii^ qui se jette dans ma pauvreté et dans mes soucis pour remplacer celle que Dieu vient de rappeler avant le temps. J'ai le cœur et la tendresse de mon frère. Priez Dieu pour nous tous. En mourant, ma femme m'a dit : Dieu le veut! Il faut l^aisser la tête et dire : Dieu l'a voulu.

Je vous embrasse en N.-S,

Louis Veuillot.

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