‹ Correspondance de Louis Veuillot (volume 2)Chapitre 63 sur 132 · Marie était l'aînée des enfants rie Lonis Veuiilot · texte numérisé non relu

Marie était l'aînée des enfants rie Lonis Veuiilot

320 CORKESPONDANCC 1)K LOUIS VEUILLO r.

serve pas, témoin la désolation profonde de ma chère et admirable sdMir. Je crois qu'on vérité, considérant bien ce monde et ce que nous comprenons du ciel, j'envisagerais la mort de mes enfants avec une sorte d'allégresse, sijc n'avais [)as sous les yeux le spectacle navrant de ce cœur si l)on et si déchiré; ses larmes sont intarissables, elle ne les retient que quand elle est obligée de donner ses soins à ses autres nièces. Si nous perdions encore celles-là, elle ne murmurerait pas, mais elle mourrait, car elle ne peut pas voir autant que moi la justice de Dieu, Moi, je me tais, comme le coupable condamné justement, et qui est encore heureux dans son désastre d'être ménagé, de se repentir et de sentir qu'il expie. Chère Madame, c'est là le grand secret de mon courage. Quand vous me louez, j'y vois une marque de votre amitié, dont je me félicite ; mais soyez persuadée tout de bon que toute louange est cruelle à tout homme qui sincèrement examine sa conscience devant Dieu.

Quand j'ai appris la mort de Marie, après un moment de trouble immense, je suis allé me mettre à genoux devant son lit, vide, hélas ! seul à seul avec Dieu. J'ai examiné ma vie tout entière, j'ai fait ma confession générale. Sortant de là, je n'osais plus ])leurer ; et quand Gertrude a suivi Marie, je n'ai pas (;lé tenté de dire : C'est trop. Ainsi plaignez-moi, |)riez pour moi, mais ne me donnez pas de louanges, par pitié pour moi. Il y a des âmes que Dieu se plaît à embellir; la mienne est de celles qu'il daigne netlover.

Tanttis labor non sit caaus .' I^OLIS VeUILLOT.

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