‹ Correspondance de Louis VeuillotChapitre 2 sur 73 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

alors en pleine ardeur et ee feu de jeunesse fait contraste avec l'esprit pondéré de l'homme supérieur et déjà mûr auquel il s'adressait. On y voit que M. Foisset aimait fort à conseiller et que Louis Veuillot recevait le mieux du monde des conseils qu'il savait dictés par l'affection, et dont il appréciait la sagesse. Quant à les suivre toujours, non ; il les trouvait trop sages, et, de fait, ils avaient assez souvent ce défaut. Le zèle pour la cause de l'Eglise était égal chez les deux amis; mais le jeune rédacteur de V Univers, avec sa fougue naturelle, ses élans de converti, la hardiesse puissante de ses vues, sa rd)re populaire, répondait mieux aux nécessités du combat que ne pouvait le faire ce magistrat de grand mérite, porté par son caractère propre, ses fonctions, ses goûts littéraires, à redouter les virulences souvent nécessaires et les corps à corps de la polémique.

Je donne les lettres de Louis Veuillot à M. Théophile Foisset, d'après une copie que je n'ai pu collationner. 11 s'y trouve certainement des erreurs, mais ces erreurs de copiste ne sauraient être graves et toucher au fond des choses. D'autre part, estimant que divers détails devaient être réservés pour la Vie de mon frère et l'histoire du journal r Univers, j'ai fait quel-

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ques coupures et mis quelques lettres tout entières de côté. Elles auront leur emploi.

Les lettres de Louis Veuillot à M. Foisset ne sont pas les seules qui fassent remonter ce volume jusqu'à 1841. J'ai retrouvé quatorze lettres que, cette même année, mon frère écrivit d'Alger à M. Edmond Leclerc et à moi. Toutes sont fort intéressantes ; trois ou quatre sont très importantes. L'une d'elles est celle dont je disais, dans le premier volume de la Correspondance (p. 70) : « De toutes les lettres que Louis m'écrivit d'Alger, il en est une que je regrette particulièrement : c'est sa réponse au billet très court, je crois, par lequel je lui annonçais, quelques semaines après son départ, que le R. P. Varin était venu chez moi le vendredi saint, à neuf heures du matin, m'avait trouvé au lit, lisant un roman de Balzac ou de Sand, et m'avait décidé à aller le jour même à confesse. » On verra combien j'avais raison de regretter cette lettre. Quel frère et quel chrétien elle montre !

J'ai une autre partie encore de ce volume à signaler tout spécialement.

Lorsqu'au lendemain de la mort de mon frère, je commençai cette publication, je me promettais de la mener très vite, et je croyais qu.'il me serait possible d'écrire en même temps, et très

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