‹ Correspondance de Louis VeuillotChapitre 3 sur 73 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

vite aussi, la Vie de Louis Veuillot. Hélas ! il en a été autrement. Les travaux quotidiens et toujours pressés que m'impose le journal se sont trouvés plus urgents, plus nombreux, plus absorbants que je ne l'avais prévu. J'ai dû m'y donner presque tout entier, et, bien que la Correspondance ait marché lentement, en voici le septième volume, et il s'en faut que la Vie soit achevée ! Or, j'avais pensé que les lettres de Louis Veuillot à sa femme, sa « douce Mathilde », devaient être absolument réservées pour cette œuvre, où l'intimité sera de force et de droit. Je le pense encore un peu. Mais les premiers volumes de la Correspondance : Lettres à son frère, Lettres à sa sœur, lettres à ses enfants, à tous les membres de la famille, font tellement entrer le lecteur dans l'intimité de l'écrivain et de l'homme, que l'on s'est demandé pourquoi, lorsque tout le monde paraissait, était mis en honneur, recevait d'éclatants témoignages de tendresse, l'épouse restait absente.

Si la Vie était prête j'aurais continué à ne pas tenir compte de ces observations, car l'épouse chrétienne, l'épouse très aimée sera là dans son cadre, et on la connaîtra bien; mais la Vie n'est pas prête. Entr' ouvrant une fenêtre jusqu'ici fermée de la maison de Louis Veuillot, je donne

AVANT-PROPOS ix

douze des lettres qu'il écrivit à Mathilde, d'août 1846 — c'était la première fois qu'il la quittait depuis leur mariage — au 21 juin 1852, quatre mois avant la mort de cette mère de six enfants. Ces douze lettres ne disent pas tout ce qu'il y aurait à dire, mais seulement tout ce qu'il me convient de dire ici.

Pour le reste, ce volume continue les précédents. Il est peut-être plus varié. Je n'ai pas résisté au plaisir d'y mettre de petits billets que certaines gens d'humeur grave, les voyant si courts, si familiers, si gais, regretteront peutêtre d'y rencontrer.

Pourquoi publier des fantaisies qui n'apprennent rien, dira-t-on? — Pourquoi? Mais parce qu'elles sont charmantes et montrent un côté de « l'homme ». De ces critiques, que déjà je crois entendre, j'en appelle tout de suite aux artistes, aux lettrés. En dehors de ces horsd'œuvre les pages d'histoire, les aperçus littéraires, les portraits abondent. Les situations se développent ou se modifient, des faits nouveaux se produisent, des correspondants qu'on n'avait pas encore vus, paraissent; mais nous entendons toujours le même écrivain, le même chrétien^ le même penseur, on peut ajouter le même voyant.

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