‹ Correspondance de Louis VeuillotChapitre 51 sur 73 · Mgr de Salinis · texte numérisé non relu

Mgr de Salinis

A M""' la comtesse de Se'gur, née Rostoptchin.

12 septembre 1859.

Madame et très chère amie,

Je charge Elise de vous envoyer mon pauvre petit bâtarde Vous le recevrez mal, c'est votre droit; son devoir est de se présenter à vous. Je ne l'ai pas fait en mauvaise intention; sa mère est très comme il faut, puisqu'on l'appelle la sainte Écriture. Et enfin, à cause du mauvais accueil que beaucoup de gens lui réservaient, je ne le produis pas dans le monde. Voilà tout ce que je me permets de dire pour le recommander ou me recommander à votre indulgence. J'ajoute que si c'est le miel qui vous déplaît, vous n'en trouverez guère dans ces pages d'avance réprouvées. Isaïe n'est pas précisément mielleux. Avez-vous donc cru que ma poésie se composerait de bouquets à Iris? Vous m'avez fait tort en ce cas, et vous me ferez réparation.

Aimez-moi malgré mes péchés, très chère Madame, comme je vous aimerai toujours malgré vos sévérités. Vous aurez bien la bonté de faire mes compliments à Monseigneur.

Je suis, avec tous les tremblements d'un justiciable et toutes les confiances d'un ami. Madame, votre très humble, très obéissant, très reconnaissant, très dévoué serviteur. Louis Veuillot.

1. Les Filles de Babylone, qu'il publia d'abord sans y nieUre son nom.

GXXIX

A M. Alfred de Courcy.

19 septembre 1859.

Avec joie, mon cher ami. Je songeais à vous exprimer doucement ma peine, et je suis enchanté de n'avoir rien à moduler sur ce rythme. Mon frère aurait été libre mercredi, à plus forte raison le sera-t-il jeudi.

Je profite de l'occasion pour vous envoyer un

petit volume bâtard' que l'on m'a pourtant dit de

cacher. Mais un père est toujours père, et je ne

puis me retenir de produire cet avorton chez les

gens que j'estime. Vous m'en direz franchement

votre avis, si vous en pensez du bien; sinon,

gardez le silence. Je ne comprendrai que trop.

Bien à vous.

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