‹ Correspondance de Louis VeuillotChapitre 71 sur 73 · CLXXVIII · texte numérisé non relu

CLXXVIII

A Mgr de Sali/iis, arclievéque d\luc/i.

Époisses, 18 juillet 1860.

Monseigneur,

Sentez-vous l'odeur des blés et des roses, l'odeur des tilleuls, des lis, des buis et des foins? Je ne

crois pas qu'aucun autre lieu du monde donne autant do charmants parfums, ni qu'Epoisses luimême en ait jamais autant donné. Et le souvenir a quelque chose de plus charmant que tout cela, si bien que vous êtes tant mêlé dans nos causeries du salon et des terrasses que je ne puis me retenir de vous écrire, quoique je n'aie rien à vous dire du tout, sinon que je suis à Époisses et que je me trouve content. De nature, je suis volontiers content; et néanmoins cette sensation m'était devenue assez rare pour qu'il me soit doux d'en parler. Je vous dois cela, Monseigneur. Epoisses est un cadeau que vous m'avez fait. Je me trouverais ingrat si je ne vous disais pas merci. On m'a reçu avec tout mon clan; je vois mes filles jouer sur ces belles terrasses : elles courent, elles se démènent, elles crient. Si vous saviez ce que c'est pour moi d'entendre en même temps la voix de mes filles et le chant des oiseaux ! Ces pauvres enfants, je ne les avais vraiment jamais vues jouer comme il convient à leur âge. J'ignorais si elles savaient courir. Elles s'en donnent: ce sont des poulains échappés. Vive l'archevêque d'Aucli !

Nous avons lu avec une très grande joie votre récente circulaire sur le Denier de Saint-Pierre et sur l'emprunt'. Le souvenir du champ d'Annibal est très noble et très heureux. L'abbé Gaume luimême a|)prouvérait celte manière d'employer les classiques. Il y avait dans le même numéro une bonne lettre du cardinal Donnet. Il me semble que

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