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duile passée. Mais si, en effet, devenus moins violents, ils sont de bonne foi dans leur retour à des opinions conciliantes, hors de la Chambre, il me parait certain que le but est toujours de s'emparer du pouvoir dès que la session sera terminée. II y a une grande inquiétude au Château ; les malheureux princes sont effrayés, et cela se conçoit, et, d'après ce qu'on m'a dit, les gens de la Cour exploitent cet effroi, et cherchent, en épouvantant les princes, le roi particulièrement, à obtenir le pouvoir par lequel ils voudraient lui persuader qu'ils le sauveraient. Je ne sais s'ils réussiront; mais on voit bien que c'est là leur moyen. Pendant ce temps, nos ministres se dépopularisent avec de bonnes intentions, une véritable modération cependant, des vertus, du talent et du courage.
Mardi 28 mars.
M. révoque d'Amiens vous portera les entrailles après Pâques *. M. de Mézy consultera pour savoir ce qu'il plairait qu'on fît. Il croit qu'il faut arranger
1. On avait eu ridée, assez étrange, d'envoyer les entrailles du duc de Berry à Lille, parce qu'il y avait présidé le collège électoral.
une chapelle à Saint-Maurice. Tu peux dire à M. de Jurailhac qu'il n'est pas trop d'avis d'un monument, pour deux raisons : D'abord à cause de la dépense, ensuite parce que rappeler ce malheureux prince dans une place qui précède un endroit où les fêtes de la ville se donnent, où on se réunit pour s'amuser, est une espèce de contresens. Cependant, si la ville y tient, il ne faut pas s'y opposer. Sans doute que la ville votera quelque adresse pour exprimer sa triste reconnaissance.
J'ai assez causé avec M. de fiastard sur ce Lou* vel. Malgré trois cents dénonciations, et les efforts de MM. Séguier et Bellard, l'assassinat lui parait sans aucune complicité; mais, en même temps, il y reconnaît les symptômes d'une disposition qui existe. Cet homme est assez bonapartiste, point libéral ; il sait lire, mais il ne lisait point. Ce qu'on appelle les doctrines pernicieuses n'a point d'effet sur lui. Il répond toujours : c J'ai voulu donner aux rois et aux peuples cette leçon qu'il ne faut pas s'appuyer sur l'étranger pour revenir dans son pays, et qu'il ne faut point accepter des princes qui sont rentrés sous des bannières étrangères. > Il est calme, sec, ennuyé. Les ultra se plaignent de la longueur des interrogatoires^ et font ce qu'il faut
pour qu'ils durent, en apportant mille niaiseries de faits qu'il faut pourtant éclaircir.
Tout ceci devient assez grave, et je crois que ce qui contribue à le noircir encore, c'est que chacun se le dit. Le gouvernement est inquiet, et il a raison; la clameur publique l'avertit qu'en gagnant la victoire dans la Chambre, il pourrait bien la perdre dans la nation. Le discours de Royer- CoUard a des retentissements, et, chaque jour, les libéraux montrent plus de confiance. Il se pourrait fort que nous fussions à peu près dans une situation analogue au 20 mars, et qu'il ne manquât que cette occasion de solution nette que présenta Tarrivée de Bonaparte.
Il y a, au Château, une inquiétude énorme qui fait mal, parce qu'elle est fondée sur la peur si naturelle du poignard ou du poison. Cette peur croit, et la sombre détresse de Monsieur et de son fils est extrême. Je t'avoue que j'ai le cœur serré, en songeant qu'avant-hler Monsieur y passant pour la première fois la revue des troupes, depuis la mort du duc de Berry,a cru faire, et peut-être en effet a fait, un grand acte de courage en s'exposant au milieu d'elles. Au reste, il parait qu'il a été bien reçu.
M. de Richelieu a envoyé chercher Royer-Colla rd
et lui a demandé ce qu'il y avait à faire : c Vous jeter dans la rivière, a répondu l'autre avec cette sécheresse de conviction qui lui fait dire la chose dont il est saisi. — Mais, si je ne le faisais point, a repris le duc, que croyez-vous qu'on pourrait faire? — Ce qu'on pourrait faire, a repris l'autre, vous ne pouvez le faire. — Mais, si je me mettais en état de le faire? -— Vous ne pouvez plus vous mettre en état de le faire. »
La conversation a fini là. M. de Richelieu a saisi ses cheveux, en laissant échapper une parole désespérée.
Royer-Gollard a repris de l'activité, mais il est trop frappé de la chute inévitable de ceci pour être utile, du moins, je le pense. Son discours a un tel effet, que Laine, épouvanté, lui a demandé pardon de sa réponse. Pendant ce temps, Chauvelin a été, de son côté, tout honteux du discours qu'il a tenu après Royer. Au sortir de la Chambre, Dupont (de l'Eure) lui a dit : « Vous avez fait une bêtise de monter à la tribune, et vous y avez dit des bêtises. »
Vendredi 1* avril.
J'ai VU, hier, M. de Talleyrand. Après avoir conduit, à ce qu'il parait, les mouvemeots de la Chambre des pairs, le voilà maintenant revenu vers le libéral. Il lui suffit que M. de Richelieu soit quelque part pour qu'il s'en éloigne. D'ailleurs, il voit comme ceci marche, et il soutient la liberté; il est contre les lois d'exception; il a toujours sa haine contre M. Pasquier, quoique ma sœur m'assurât qu'il le louait beaucoup; il parle assez bien de M. Decazes. Sa dernière idée, ou celle qu'il veut avoir, c'est que les cordes sensibles des âmes françaises seront encore émues par l'idée d'un enfant, si madame la duchesse de Berry a un garçon; mais que, si elle a une fille, les liens seront rompus. Il proteste toujours contre tout désir de faire ou d'être; il se moque, il est aimable, mais je crois qu'aujourd'hui moins que jamais, il est capable de nous tirer d'embarras.
J'ai dîné chez madame de Mézy, et j'ai essuyé la bordée de M. de Mézy contre les doctrinaires, et spécialement contre Guizot. J'ai entendu, il faut en convenir, bien des pauvretés : « Il a perdu M. De-
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cazes; il lui a fait faire toutes ses fautes; il rêve rinexécutable; il veut de l'argent et du pouvoir; on se tire de son système; on reviendra à la raison; on rendra les jugements aux tribunaux; on écoutera le Jacquinot Pampelune et C** ; on relèvera la magistrature, etc. » Enfin, il m'a fallu de la patience. Il était, au reste, fort content de la loi passée, et le succès lui donnait de la force contre ma raison. Puis est arrivé M. Laine qui nous a montré sa haine contre Royer-Gollard, et un grand mépris pour la Chambre. Il nous a laissé entrevoir un projet de changer la loi de M. de Serre de Tannée dernière, d'en faire une pendant la session, et de supprimer la censure. Il nous a parlé de sa commission. Tous les articles sont rejetés à la majorité de sept contre deux. Royer les sape les uns après les autres. Il . est très vraisemblable qu'on changera la loi présentée. Comment? Personne ne le sait. Un ministériel disait : c La nouvelle loi sur les élections passera à la Chambre. > On lui demandait : a Quelle est cette loi?» et il répondait : c Elle n'est pas encore faite. • Et il y a peut-être plus de vrai qu'il ne paraît dans cette manière de dire; car cet étrange majorité devient compacte; mais il y a bien du vrais gâchis sous tout cela.
Je crois, mon ami, que je fais passablement passer dans ta tète le fouillis qui est dans la mienne. Quand nous causions ensemble, nous voyions plus net, ce me semble, qu'au travers de tant de paroles. M. de Mézy m'a conté une vraie infamie : Le lendemain du crime de Louvel, il va chez le cardinal de Beausset. Celui-ci lui demande, au nom des ultra, les lois d'exception d'aujourd'hui, et promet qu'ils voteront. On les fait, on les présente, et alors tous les ultra les refusent à M. Decazes. C'est bien ce qu'on appelle, je crois, en français, une trahison ; et je suppose que notre cardinal était dupe dans cette affaire.
Dimanche.
Le discours de Camille^ordan a eu un effet populaire; j'ai vu bien des gens qui n'en parlaient que les larmes aux yeux. Il me paraît frappant, parce qu'il est l'accent d'une âme vraie et émue; mais, dans mon petit avis, je ne trouve point qu'il soit partout inspiré par la raison, et, comme disaient feu les doctrinaires : c II n'est pas entièrement un discours de gouvernement. » Au reste, qui sait, aujourd'hui précisément, ce qu'il faudrait dire, et
si on le disait, qui oserait répondre du succès?
Paris a été éclairé ces trois jours par un soleil superbe, et Longchamps a été fort suivi. Les journaux ont encore trouvé moyen d'en faire une occasion d'esprit de parti. Le fait est que la Cour et la haute noblesse n'y ont point paru, ce qui n'empêchait point que les boulevards et les Champs- Elysées ne se trouvassent encombrés de monde et de voitures, et cela me faisait faire des réflexions sur cette force immense de population qui ne laisse point apercevoir le vide d'un parti qui se croit si influent sur tout.
Depuis mon arrivée ici, j'avais trouvé deux fois à ma porte le nom du duc de Rovigo. Hier enfin, il est entré, et sa conversation ne m'a pas trop rassurée. Il est, comme tu le comprends bien, très parfaitement uUrà, se moquant de tout libéralisme, croyant que le gouvernement impérial l'emportait sur tout, assez dédaigneux de ceci, mais, quoiqu'il répèle beaucoup qu'il veut être tranquille, assez au courant des mécontentements, et menaçant, avec l'air de l'intérêt. Soit qu'il fût entraîné par le bavardage, soit qu'il voulût se rendre utile, ou pour je ne sais quelle raison, il m'a répété plusieurs fois qu'il se manigançait quelque chose; que, si onvou-
lait bien y regarder, on le verrait; que Taneienne police aurait tout aperçu en deux jours. Il m*a nommé Soult, quelques autres enfin. Ce qu'il m*a dit m'a assez frappée pour que j'en avertisse M. Pasquier, que je verrai aujourd'hui. Il parle fort bien de ce dernier; il le trouve dans des principes raisonnables. Il ajoute qu'il le défend contre un tas de monde qui, dit^il, l'exècre, et veut le perdre. 11 annonce des défections dans Tarmée; il me parait au fait de mauvais propos tenus dans les casernes; enfin, toutes ses paroles m'ont laissé l'imagination noircie. Peut-être qu'en le poussant, je l'aurais fait parler davantage ; mais je répugnais à entendre; je me tenais dans ma situation de Flamande, étrangère à ce qu'on disait à Paris, et je lui répétais seulement que, pour nous et nos enfants, après avoir essayé et usé une gloire qui n'avait sauvé de rien, il fallait se mettre en télé que nous ne pouvions espérer de repos que dans la légitimité. Il m'a contéplusieurs anecdotes relatives au 20 mars, dont il se dégage tout à fait. 11 en charge Maret, qui, disait-il, conspirait avec Fouché, et ensuite avertissait Bonaparte. Il parait se défier de Maret, et, soit à raison, soit par vengeance, parce qu'il ne l'aime pas, il est tout prêt à le dénoncer.
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Dans ce moment de crise, et dans l'état presque dégoûtant où est la Chambre, il ne faut pas songer à lui demander des lois complètes, et quelques-uns de nos amis me semblent comprendre qu'il faut seulement tâcher de tirer d'elle un moyen d'obtenir des élections passables, et remettre à une autre Chambre les grandes lois à faire. Et encore, reste l'embarras des entreprises égarées des hommes à sabre au travers de tout cela! D'autant que les imprudences des libéraux sont utiles à leurs projets. Ces libéraux purs cherchent, dit-on, à regagner M. Decazes et à traiter avec lui, et, pendant ce temps, il y a une autre intrigue de plusieurs grands personnages du pavillon Marsan qui, fondant espérance sur le penchant de certains maréchaux vers le despotisme, cherchent à les gagner, pour s'en appuyer quand on tenterait quelque chose de désordonné dans le civil. Peut-être a-lron là l'envie d'attaquer et de dissoudre la Chambre par la force. Il m'est impossible de déterminer positivement ce qu'on veut, puisque je ne suis mêlée à rien et que ce n'est que du haut de ma petite chambre, et par le fait de ma raison que je tiens attentive, que je pénètre un peu des intentions générales, mais je ne crois pas me tromper : Les paroles, les attitudes ont quelque
chose du temps qui précédait le 30 mars. On blâme haut, on a peur haut aussi. On se prédit mutuellement de nouvelles catastrophes, et cependant le ministère marche bien péniblement, et il faut en convenir, avec courage ; car sa position peut devenir périlleuse.
J'ai à peine vu Charles aujourd'hui ; il a déjeuné avec des camarades de collège, et il est allé diner chez Guizot, avec Royer-Collard et compagnie. Ces pauvres doctrinaires ont bien besoin de s'appuyer les uns sur les autres; car je les vois l'objet de l'aversion de tous les partis. On les accuse de tout : Les ultra les redoutent, les ministériels leur en veulent de leur résistance, les libéraux les fuient comme des dominateurs qui voudraient régulariser leur opposition, enfin leur situation est vraiment pénible. Cependant, ils la supportent avec résignation et sérénité, et je les trouve plus calmes que ceux qui les attaquent. Voilà les tristes suites des discordes politiques ! Il faut s'y résigner, mais cela rend un peu sauvage. Je le suis assez depuis mon séjour ici, et je trouve qu'en vivant comme jele fais, à Paris, on y est fort bien. Je m'informe de ce qui se passe, je tire nies conséquences sur ce que j'entends, et j'échappe à tous les gens de salon. Je de-
meure dans ma petite chambre assez d'heures, toute seule, et, quand Charles rentre, nous causons de ce qu'il a dit. Il y a dans cette manière d'être quelque chose de contemplatif qui convient à ma paresse et à mon esprit. La duchesse de Broglie m'a fait quelques avances; je n*y ai guère répondu encore. Aussi a-t-elle dit à Charles qu'elle croyait que je ne l'aimais point. Quant à mes anciens amis, ou anciennes amies, nous sommes en bons et doux rapports, sans grande coniiance, et ce n'est pas la peine de chercher à rien réchauffer, puisque je ne suis point destinée à vivre ici. Au reste, je crois que nous assistons tous à la dissolution, à la mort de ce qu'on appelait autrefois la société de Paris. Elle se débat contre une force de choses plus puissante qu^elle; il renaîtra autre chose, mais il faudra que les éléments soient renouvelés.
Archambault^ disait à ma sœur que, dans cette nuit désastreuse, les hommes de la Cour qui étaient dans la chambre du duc de Berry, ne pouvaient s'empêcher de se tenir loin du duc d'Orléans. On a remarqué qu'il n'avait point versé de larmes ; s'il eût pleuré, on eût dit qu'il jouait la comédie. On
i. Probablement Ârchambault de Périgord.
lui reproche ses enfants au lycée» ses tableaux mililaires, presque les enfants qu'il fait; on i'accase d'avoir dit à Méchin^ de le venir voir, et je ne trouve pas en effet que ce soit bon^ mais enfin toutes ces petites paroles, et les circonstances, font que les regards se tournent trop vers lui. M. le due d'Âogoulème' est dans un état d'abattement presque singulier; les événements semblent être devenus plus forts qu'il ne peut les porter. Il y a dans les Tuileries quelque chose d'éteint et de glacé qui épouvante la réflexion. J'ai essayé dèiiommer H. le duc d'Orléans à M. de Talleyrand, pour épier sa réponse, et il a repoussé si vivement toute idée de ce genre, il y est revenu avec une telle ténacité, qu'il m'est resté, malgré moi, dans la tâte qu'il croyait avoir intérêt à déjouer les soupçons qu'on pourrait concevoir. Tout le monde répète qu'il est redevenu libéral ; il m'a paru penser sur les hommes importants de ce ministère précisément ce qu'il en pensait lorsqu'ils étaient en place, il y a dix-huit mois.
1. M. Méchin était un député du côté gauche, ancien préfet de Tempire.
2. Le duc d'Angoûlème était dès lors très affaibli physiquement et intellectuellement.
M. Pasquier m'est arrivé hier; nous sommes restés seuls ensemble. Je lui ai conté des paroles que Savary m'avait dites, en lui avouantque jen'avaîspas osé le faire parler, mais que lui, qui savait le manier mieux que moi, pouvait essayer d'en tirer quelque chose. Il m'a dît que, précisément, Savary lui avait demandé rendez-vous pour le lendemain, et il m'a remerciée de l'avoir averti. Je n'ai pas été fâchée de lui donner ainsi, par cette petite confidence, une preuve d'amitié. De là, nous avons un peu parlé d'affaires, mais avec des précautions qui me faisaient faire intérieurement d'assez tristes réflexions; et, comme tu sais que je suis naturelle et vraie, tout à coup, par un mouvement presque involontaire, je lui ai dit : « Mon cousin, si vous m'aimiez encore, je risquerais de vous demander de ne pas vous perdre ! > Ce peu de mots l'a ému; il m'a répondu que c'était moi qui ne l'aimais point, et il s'en est suivi entre nous d'assez bonnes paroles. Alors, il m'a développé son système, qu'il n'est guère facile de combattre, parce qu'il tient à toute sa nature. Il se croit en plein gouvernement représentatif; il regarde les discours de Camille Jordan et de Royer comme révolutionnaires. Je l'engageais à chercher un peu de popularité ; il m'a répondu juste sur
celle des rues, complètement envahie par les ultralibéraux; mais il m'a paru dédaigner Topinion nationale, et c'est, je crois, là-dessus, qu'il est dans Terreur. Je lui dois de dire qu'il n'est point trompé par les louanges de ceux qui sont à sa suite, et que particulièrement il ressent un grand mépris pour la Cour, c'est-à-dire pour les courtisans. Il croit que M. de Bruges serait homme à traiter avec Soult, pour arriver à terminer tout ceci militairement; mais il y a division entre quelques maréchaux, et DaVout se prétend des droits égaux à ceux de Soult. Il compte sur cette division des maréchaux ; il est serein de caractère, et sa sérénité n'est point affectée. Enfm, il est de bonne foi, décidé et sans chaleur ; il a toutes les qualités pour marcher net, et à ce qui lui semble juste. C'est un avantage que cet accord de toutes les parties. Tu sais bien que nous avons dit, depuis longtemps, qu'il y avait des chances pour qui avait le caractère de son esprit, et l'esprit de son caractère. Nous nous sommes quittés mieux qu'il n'était arrivé depuis trois ans, et je conserverai celte bonne position. Je suis très sûre qu'il s'y appliquera de son côté, car une de ses bonnes qualités est une grande douceur de mœurs, et ni lui ni moi n'aimons l'offensif. 11
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lïi'a baisé les mains plusieurs fuis; enfin^ cela s^ bien passé, et je ne puis qu'être contente de lui
'est
Lundi loir.
J'arrive des Tuileries. Monsieur a reçu les daines; il y avait une foule énorme; qq 6 tait en grand deuil; le roi Tavail permise Pour éviter les scènes et rembarras des paroles^ le prince avait décide qu'il se tiendrait debout dans un salon, et qu'on passerait devant lui. II ne disait mot ; chacun lui faisait une révérence, dans un grand silence. Je n'ai rien vu de si lugubre, II m*a paru roujre et très clmngé* Rien n'est si triste que ce malheureux château* Tous ces princes y demeurent renfermés, tandis que le mouvement s'organise plus ou moins au dehors; chaque matin, on répand des bruits alarmants; aussi eet-ou alarmé. M. Pasquicr croit que cela s'évaporera en paroles, et, en effet, cela peut êtrCj car la nation française est lourde à agir aujourd'hui. Lagrandequestionestloujourscette loi d'élections.
Royer-Collarddisaitj à cette occasion, une chose
L La deuil île cour pour lo duc de Berry avait été fixé A ûDJte joura en nair et dix en blatie, vingt et uti jours eu tout; du sorte qu'une perinis»io(i était uécosiaire pour ^u on parût en noir devant le roi, m mou d'avril.