‹ Correspondance de Montaigne avec le maréchal de MatignonChapitre 4 sur 9 · Ov. cit., p. 2o5 et suiv · texte numérisé non relu

Ov. cit., p. 2o5 et suiv

exceptions : sur les quatorze lettres originales restées h Monaco, il en est quatre dont l'adresse est de sa main (21 janvier et 19 août 1584, 27 mai i585, 12 juin 1587); nous devons supposer par conséquent qu'il les a pliées et closes lui-même. Pour l'adresse des dix autres, trois personnes différentes ont servi de secrétaire ; la même a expédié toutes les missives de janvier et février 1 585. Cette adresse, qu'elle soit portée par Montaigne ou par un tiers, est du reste uniforme; c'est toujours, sur trois ou quatre lignes : « A Monseigneur (« monseignur » pour Montaigne), Monseigneur de Matignon, mareschal de France', » Un seul secrétaire, celui que l'on remarque aux 14 décembre i583 et 12 juillet 1584, ajoute : « A Bourd[eaux]. » Une telle observation montre combien l'auteur des fac-similés, dont il a été question ci-dessus, a été maladroit en utilisant des feuillets au verso desquels, par deux fois, se trouvait écrite une adresse conçue dans des termes tout différents^.

Les lettres étaient closes au moyen d'une languette de papier, parfois découpée dans le dernier feuillet lui-même (16 et 26 janvier, 2 et 12 février i585); elle était passée à travers les plis et fixée par des cachets. Ceux-ci étaient en cire rouge ou en papier. Les cachets de cire étaient parfois accolés par trois, d'un côté et d'autre de la lettre pliée; ils présentaient l'empreinte d'une balance dans un cercle ovale, dont les dimensions mesuraient 12 et 10 millimètres. Les cachets en papier ont été le plus souvent fort maltraités par l'ouverture des lettres; de forme ovale, eux aussi, et de dimensions presque doubles (21 sur 17 millimètres), ils sont fort peu lisibles ; on distingue cependant, au milieu, un écu probablement armorié, et tout autour une légende (?) impossible à déchiffrer. Ce dernier mode de fermeture

1. Sauf pour 1' « A » initial, Montaigne ne met pas de majuscule.

2. Au dos du fac-similé du 26 janvier i585, l'adresse est celle-ci : « A Monseigneur, Monseigneur de Matignon, chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, mareschal de France, commendant pour le service du Roy en Guyenne. » Au dos de celui de février i585, on lit : « A Monseigneur, Monseigneur de Matignon, conte de Thorigny, mareschal de France et commandant pour le Roy en Guyenne. »

était plus expéditif que le précédent : pour les lettres qui nous restent, Montaigne ne l'a pourtant employé que deux fois (27 mai 1 585 et 12 juin 1587), lorsqu'il écrivit lui-même l'adresse.

Il est inutile de prolonger les observations sur la forme et l'aspect de ces missives. Peut-être ce qui vient d'être dit servira-t-il un jour à démasquer des faux qui seraient présentés.

Voici maintenant le texte des trois lettres inédites. A première vue, leur importance historique ne manque pas d'apparaître. L'éditeur n'a pas cru cependant devoir développer le récit des événements à quoi elles se réfèrent; les quelques notes qu'il y a jointes suffiront, il l'espère du moins, pour mettre le lecteur à même d'en comprendre toute la portée.

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