Monaco, imprimerie du Journal, 1876^ 2 vol. in
2. Le copiste commit, pour la seconde, la faute de lecture (19 avril pour i(j août) qui a déjà été signalée. Cette erreur a été reproduite naturellement par Courbet et Royer dans leur édition. Pour éviter toute équivoque, je mentionnerai que cette lettre du 19 août commence ainsi : « Monseignur. Je ne vois icy rien digne de vous... »
du 3o octobre i582, c'est-à-dire la plus ancienne, montre dans la pâte une petite fleur de lis surmontant un rectangle. Les missives de ce format comprennent tantôt un (21 janvier et 19 août 1584, 2, i3 février i585), tantôt deux feuillets (3o octobre i582, 12 juillet 1684, 18 et 26 janvier, 9 et 12 février i585). Au contraire, les trois qui sont écrites sur un plus petit format (14 décembre i583, 27 mai i585 et 12 juin 1587), celui qui n'a que 273-278 millimètres de hauteur, possèdent le double feuillet; le papier est toujours avec filigrane : main surmontée d'une couronne tréflée intérieurement ou d'une étoile ^ L'encre est plutôt jaunâtre ; l'écriture, tracée avec hardiesse et rapidité, est haute et relativement fine; presque toujours les lignes montent légèrement de gauche à droite.
Il est oiseux de répéter les observations déjà faites par divers auteurs, et notamment par Feuillet de Couches^, sur les habitudes que Montaigne a exposées lui-même dans ses Essais, pour sa correspondance. J'abrégerai donc. Il aimait mieux, disait-il, écrire de sa main que de recourir à un auxiliaire ; ce qui est parfaitement exact. Il avait accoutumé « les grands » à « supporter des litures et des trassures et un papier sans plieure et sans marge «. Cette dernière affirmation n'est plus aussi juste. Il existe toujours, dans les lettres, une marge laissée à gauche; l'auteur en a profité pour y ajouter parfois un post-scriptum. Il a signé toujours au bas de la page, à droite, laissant entre le corps de sa lettre et la formule finale de politesse (écrite sur deux ou trois lignes) un espace blanc plus ou moins large. C'est là, d'ailleurs, on le sait, habitude courante de son temps.
« Comme j'aime mieuls composer deus lettres que d'en clore et plier une », prétendait-il encore, « je resigne tousjours cette commission a quelque aultre. » C'est peut-être vrai en général. Cependant, il doit y avoir eu bien des
1. La forme de la main n'est pas toujours semblable : ou la paume est vide, ou l'intérieur est occupé par une sorte d'équerre; ou elle émerge d'une bordure dentelée de manchette, ou bien elle est précédée d'un court poignet.