‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 121 sur 489 · I. Cf. la lettre · texte numérisé non relu

I. Cf. la lettre

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prends par le dernier ordinaire qu'il les a reçues et qu'il les avait déjà communiquées au libraire. Il dit que votre livre est aussi admiré à Londres qu'à Paris, et qu'il le sera encore davantage quand il sera plus connu, mais que l'édition de Genève se vend à un prix si exorbitant que la lecture n'en est pas encore devenue générale. On travaille fortement à la traduction et à une nouvelle édition qui ne sera pas si chère. Domville me mande qu'il a déjà le jugement d'un homme éminent en ce pays-là sur votre livre, qu'il m'enverra avec celui de Milord Chesterfield, qu'il attendait. Enfin voici ce que notre ami me charge de vous dire ; je vous rends ses propres mots : « I beg you will assure the Président of my respects and that you will tell him that I am, above ail things, charmed with the candour, beneficence and humanity that runs through'' his whole work, sentiments thrown away on mankind, that deserve only rods of iron'. »

Enfin, Milord Albemarle est nommé pour venir ambassadeur ici. Domville dit qu'il n'y a aucun fondement à la sotte difficulté que le public a débitée sur la venue du duc de Richmond, mais que la duchesse n'a pu se résoudre à voir son mari ambassadeur, tant à cause de la dépense qu'à cause des excès de la table, qu'il aime et auxquels il serait

a) Texte : thro.

I . c Je vous prie de vouloir bien assurer le Président de mes respects, et lui dire que, sur toutes choses, je suis charmé de la candeur, de la bonté et de l'humanité qui courent par toute son œuvre, sentiments prodigués en vain au genre humain, qui ne mérite que des verges de fer.>

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exposé ici. Je crois qu'elle a eu encore une autre raison qu'elle n'a point voulu dire : on dit que son mari est absolument abruti par le vin et la crapule. Je m'imagine que cela va hâter le départ de M. de Mirepoix et, à mon grand étonnement, M""® de Mirepoix ne me paraît pas fâchée de faire ce voyage, qui est plus agréable, ce me semble, pour un homme que pour une dame.

Il n'y a rien de nouveau ici. Les Anglais n'avaient point encore reçu, il y a huit jours, aucune nouvelle des Indes Orientales et ils ne se flattent pas d'en recevoir de bonnes, puisque, disent-ils, rien n'a pu leur réussir pendant cette guerre. Je crois que la mauvaise humeur des Espagnols à l'égard des Anglais est concertée : ils voudraient mettre ces derniers dans la nécessité de restituer Gibraltar et leur roi à portée de l'exiger de son parlement. M'"« de Seignelay-Furstenberg' mourut hier. On parle de loteries, cinquantième, etc.; mais je n'entends rien à ces choses. Tout ce que je sais, c'est que l'honneur seul ne fait point vivre et je le trouve un principe fort stérile et fort ingrat.

Adieu, mon très cher Président. M""^ de Bulkeley est toujours charmée de l'honneur de votre souvenir. Qui est-ce qui n'est point flatté d'être bien avec M. le président de Montesquieu? Je suis le plus sincère et le plus attaché de ses esclaves et je ne craindrais pas un tel despote.

La marquise Du Deffand m'a paru enchantée d'une galanterie que vous avez mise pour elle dans votre

I. Marie-Louise-Maurice de Furstenberg, femme de Marie-Jean- Baptiste de Colbert, marquis de Seignelay.

DE MONTESQUIEU ibc)

lettre à M. Formont. Par parenthèse, ce Formont me plaît beaucoup. J'ai envoyé votre lettre à Domville.

A Monsieur, MoJtsieur le président de Montesquieu, en son hôtel, — à Bordeaux.

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