‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 139 sur 489 · Cf. la lettre · texte numérisé non relu

Cf. la lettre

2. Livre II, ch. 3. Montesquieu cite le texte de la première édition de Genève. Plus tard ce passage a été modifié de la façon suivante : « Ainsi à Gênes, la banque de Saint-Georges, qui est dirigée en partie par les principaux du peuple, donne à celui-ci une certaine influence,... », et Montesquieu a ajouté en note : « Voy. M. Addison, Voyages d'Italie, p. 16.» {Nouvelle édition corriscée par l'auteur, Genève, Barrillot, 1750, 3 vol. in-i2 ; B. N. * E 1296.)

disputes et les querelles. Voici ce qu'il dit; je l'ai traduit de l'anglais : « L'administration de la banque de Saint-Georges est à vie et est en partie dans les mains des principaux citadins, [ce] qui leur donne une grande autorité dans l'État et une grande influence sur le peuple. On regarde cette banque comme une des grandes charges des Génois et ceux qui l'administrent ont été représentés comme un second sénat, qui rompt l'uniformité du gouvernement. Il est certain que le peuple en tire quelque avantage et qu'il distribue le pouvoir à un plus grand nombre de particuliers et donne une espèce de figure aux communes; ainsi ce n'est pas une petite bride à l'aristocratie. »

Il y a environ deux mois que, sur votre lettre, j'allai chercher si je m'étais trompé, et je me suis trouvé fort consolé quand j'ai vu que M. Addison — qui était l'homme du monde qui savait le mieux ce qu'il disait — passant à Gênes comme moi, avait fait cette réflexion. Mais, indépendamment de cette autorité, la chose parle d'elle-même. Une banque si considérable, qui a même en engagement une grande partie des revenus de la république, ne peut pas manquer d'avoir une très grande influence dans l'aristocratie, lorsque ceux qui ne sont pas les souverains ont une grande partie dans l'administration, c'est-à-dire les principaux citadins qui ont en même temps une grande influence sur le peuple; et il faut bien que cela ait cet effet dans d'autres gouvernements, puisque cela en a un dans l'aristocratie. Tout ce qui choque, c'est que j'ai mis par le peuple au lieu de mettre en partie par le peuple, ce que je ferai pour ôter toute difficulté,

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car je vois que les Génois sont dans un temps de délicatesse à cet égard.

Il est vrai que je bâtis un peu; il faut bien songer à se faire un lieu, non pas pour se retirer, mais pour s'inviter soi-même à se retirer. Je compte vous voir à la fin de cet été et je puis bien vous dire que si ce terme m'attriste, la certitude où je suis de le voir finir fait le plus grand plaisir de ma vie. Il me semble toujours que j'ai un million de choses à vous dire et que, depuis que nous nous connaissons, je ne vous ai encore rien dit.

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