Edition de Londres, 1749, 2 vol. in
t86 CORRESPONDANCE
habile ouvrier. Enfin le traducteur désire que vous lui permettiez de mettre votre nom à la tête du livre. Vous aurez, s'il vous plaît, la bonté de répondre à chacun de ces articles. Au reste Milord Bath a donné par écrit à Domville une approbation entière de votre exposition de la constitution de l'Angleterre, et il n'attend que le jugement de Milord Chesterfield pour me les envoyer tous deux. En tout cas on peut bien s'en tenir à ce que pense le premier, qui connaît la nature du gouvernement aussi bien que personne.
Il n'y a rien de nouveau à Paris ou à la Cour depuis le changement dans le ministre. Comme le Roi n'a donné aucune raison de ce changement, il n'appartient pas à des particuliers de les pénétrer. Celles qu'on en débite dans le public sont si noires, si ridicules et si peu vraisemblables qu'il vaut mieux n'en point parler. M. de Maurepas avait assurément des ennemis redoutables, comme il a paru, mais il a laissé beaucoup d'amis qui le regrettent et qui lui resteront attachés.
M""^ de Mirepoix n'est point encore partie, Dieu merci, mais le temps approche que nous la perdrons. Le pauvre Pierrot Crèvecœur' est mort après avoir bien souffert d'une goutte remontée et dans les entrailles. La marquise Du Châtelet est grosse, quoique âgée de quarante-trois, quarante-cinq ou selon d'autres de quarante-sept ans^ Cette marquise a dit « que je suis aise qu'on ait renvoyé ce Maurepas ; M. de Voltaire ne Ta jamais aimé. » Que vous êtes
1. Louis-Sébastien Castel de Saint-Pierre, marquis de Crèvecœur, ancien écuyer de la duchesse d'Orléans, mort le i" mai. Montesquieu l'avait connu à Paris chez M"' de Mirepoix. Cf. la Correspondance de Mme Bu Deffand, I, 67.