‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 150 sur 489 · I . La disgrâce de Maurepas · texte numérisé non relu

I . La disgrâce de Maurepas

DE MONTESQUIEU l(j|

Ce pays, comme dit M"" de Sévigné, est un bon pays pour oublier les absents. La véritable amitié est exempte de ce vice; aussi, mon cher Romain, êtes-vous toujours également présent à mon souvenir et à mon cœur.

Votre personne aimée est prête à partir pour l'Angleterre. On m'a dit qu'elle compte que vous irez l'y 'rejoindre ; j'en suis bien aise et fâchée : bien aise, parce que vous irez recueillir de près les louanges qui vous sont si légitimement dues; et fâchée, parce que c'est autant de pris sur vos amis de Paris.

Je me flatte, mon cher Romain, que vous me donnez, parmi tous ceux que vous avez dans le monde, le rang que ma tendre amitié mérite, c'està-dire le premier. Je vous embrasse; j'attends avec impatience le plaisir de vous embrasser en corps et en âme.

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