‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 179 sur 489 · I. V^illiam Bentinck · texte numérisé non relu

I. V^illiam Bentinck

T. It.

22b CORRESPONDANCE

commissionnaire ait laissé ma lettre d'avis sans réponse.

Je suis allé, cet été, aux bains de Leuk en Valais. Ces eaux sont admirables pour dessaler le sang et pour enlever les obstructions et pour faire sortir avec un peu d'enflure et de grandes ébullitions les âcretés et sérosités qui sont entre chair et cuir, ce qui va à dissiper les humeurs de goutte, de rhumatisme, de gravelle, paralysies, apoplexies et les fluxions sur les yeux, etc. J'en ai ressenti et j'en ai vu des efl"ets merveilleux. Ce ne sont point des eaux soufrées ni alumineuses; elles sont chaudes sans ardeur; elles n'ont ni odeur ni goût étranges: on les boit avec plaisir, on reste au bain plusieurs heures de suite; elles agissent doucement, elles sont onctueuses, savonneuses, restaurantes ; elles fortifient la tête et l'estomac. L'analyse la plus poussée n'y fait soupçonner autre chose que du fer infiniment atténué et subtilisé.

Je ne vous en parle pas sans raison. J'ai appris avec chagrin l'état de vos yeux et j'ose vous prier de consulter sur l'effet de ces eaux et de ces bains — car on les boit et on s'y baigne — M. Herrenschwand', médecin suisse déjà fort connu à Paris, qui les connaît par lui-même et qui a dirigé très sagement plusieurs de ceux qui les ont pris. Gela se lierait avec un projet que vous avez souvent formé de faire un voyage en Suisse. Croyez pourtant que ce que j'y gagnerais est le moindre motif qui me fait vous en parler, mais personne au monde ne souhaite plus que moi la conservation d'un homme

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