‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 199 sur 489 · I. Benoît XIV · texte numérisé non relu

I. Benoît XIV

objections qui ne sont jamais fondées sur le sens, mais sur des mots; or, ne vaut-il pas mieux que j'ôte moi-même tout prétexte de me condamner, que si on me condamnait?

Mon livre n'est, ni dans le fait ni dans l'intention, un livre de théologie; je n'y enseigne rien sur la théologie et ne décide nulle part sur ces matières qui sont bien au-dessus de ma portée; je n'y fais autre chose que rendre raison des lois politiques et civiles des divers peuples de la terre; si on l'examine bien, on n'y trouvera que de l'amour pour le bien, pour la paix et pour le bonheur de tous les hommes; j'}^ détruis ou combats les systèmes dangereux : doit-on y aller chercher, sur quelques paroles prises à contresens, de la théologie qui n'y est pas et que je n'ai pas voulu y mettre?

Voilà les raisons que j'ai Thonneur de représenter à Votre Excellence et que je la supplie de vouloir bien représenter là où elle est : ce n'est que du cuivre, elle le changera en or. Comme je n'ai eu que de bonnes intentions, je suis plus sensible quand elles sont soupçonnées. Du reste, je lui demande la continuation de ses bontés et ses bontés honorent tant, qu'elles ne sont jamais différentes de sa protection.

J'ai l'honneur d'être, avec un respect infini, de Votre Excellence, le très humble, etc.

Montesquieu.

II paraîtrait bien extraordinaire que, dans un temps où nous avons un pontife qui, outre ses qualités éminentes est encore (ce qui est une chose

singulière) distingué des gens de lettres par l'art d'écrire, dans un temps où vivent à Rome les cardinaux Valenti- et Passionéi^ on flétrit sur des sophismes qui ont été détruits, un ouvrage qui a eu tant d'approbateurs.

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