‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 229 sur 489 · U. — MONTESQUIEU A SA FILLE DENISE · texte numérisé non relu

U. — MONTESQUIEU A SA FILLE DENISE

Autographe. Arch. de La Brède.

A Paris, ce 19 septembre 1750.

Ma chère fille,

Le don du Roi n'est pas encore signé'; il le sera incessamment. J'avais déjà jugé qu'il était inutile de

1. Le don du retrait féodal de la terre de Montagnac. Voy. les lettres 5og et 5 10.

parler d'aucun en2;a;];ement, par la raison que si vous n'étiez qu'engagiste le don du Roi serait toujours bon comme si vous étiez propriétaire, et que, comme dans votre contrat il n'est point parlé d'engagement et que M. le comte de Brie a vendu comme propriétaire, vous auriez pu lui demander une indemnité là-dessus.

Quand le don du Roi me sera envoyé, il faudra que je le donne à un secrétaire du Roi, pour le faire sceller par M. le chancelier, et je vous l'enverrai pour le faire enregistrer à la Chambre des comptes de Pau. 11 faut garder le secret pour éviter que le comte de Brie ne fasse opposition, et je ne sais pas si les femmes sont capables de secret.

Je crois, ma fille, que vous devez être tranquille sur ce que pourrait faire M. le comte de Brie, ayant le don de retrait féodal du Roi. Je souhaite bien fort que vous soyez contente; je vois que cette affaire vous tient à cœur et à votre mari aussi.

Je vous embrasse de tout mon cœur.

Montesquieu.

A Madame, Madame de Secondât, dame de Camon, près la porte Saint- Antoine, — à Agen.

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