‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 228 sur 489 · BULKELEY A MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

BULKELEY A MONTESQUIEU

A Mons, ce 17' septembre 1750.

Je vous renvoie, mon cher Président, votre traduction anglaise, que j'ai lue avec toute l'attention dont je suis capable, en la comparant avec l'original, c'est-à-dire tout le premier volume et vingt-sept livres du second (car pour le reste je ne suis pas assez érudit pour comprendre ces matières), et je crois T. II. 38

pouvoir vous assurer que le traducteur vous a rendu tidèlement et avec beaucoup de clarté et de précision. Je vous ai toujours admiré, comme vous savez; mais j'avoue que cette seconde lecture de votre ouvrage a beaucoup augmenté ma vénération et même mon amour pour vous; et il me semble que le genre humain vous doit l'un et l'autre de ces sentiments.

Je comptais d'aller à Paris ces jours-ci, mais il m'est survenu une nouvelle attaque de ma colique qui m'a fait souffrir extrêmement. Dieu sait quand j'en serai quitte. C'est cela seul qui m'a empêché d'aller faire ma cour à Milady Hervey et même à iMilord et Milady Bath. Je vous supplie de le leur dire et de les assurer de mes respects. Vous ne m'écrirez sûrement pas; je voudrais savoir cependant si M"'^ de Mirepoix est de retour et combien elle sera encore en ce pays-ci.

Adieu, mon cher Président; aimez-moi autant que je vous révère.

A Monsieur, Monsiew le baron de Montesquieu, — à Paris.

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