SOLAR A MONTESQUIEU
Turin, ce 28» novembre lySo.
Je ne sais par quelle fatalité, mon très cher Président, votre lettre du q*" août ne m'est parvenue que le 23® de ce mois. Il faut qu'elle ait fait un grand tour et qu'on m'ait envié le plaisir d'avoir de vos nouvelles.
J'ai passé deux mois à Govone, où nous nous sommes plaints de votre silence avec mon frère. M. de Chavigny', qui est venu nous y voir, m'a rassuré sur votre santé, qui est l'essentiel. Pour ce qui regarde votre amitié, il n'y aura jamais aucun doute qui puisse m'inquiéter. Votre cœur et votre caractère me sont connus: il ne nous manque que le bonheur de vivre ensemble; la séparation forcée produit des regrets qui se renouvellent tous les jours. Je voudrais remonter au temps dans lequel vous étiez empressé de connaître les habitants du monde: nous aurions eu notre petite part. Il ne vous reste