La duchesse d'Aiguillon
2. « Bibliothécaire du cardinal de Rohan à l'hôtel de Soubise, chez qui s'assemblaient un jour de la semaine plusieurs gens de lettres pour converser sur des sujets littéraires. M. de Montesquieu, dans le premier voyage qu'il fit à Paris, fréquentait cette société; mais, trouvant que le P. Tournemine y voulait dominer, et obliger tout le monde à se plier à ses opinions, il s'en retira peu à peu et n'en cacha pas la raison. Depuis lors, le P. Tournemine commença à lui faire des tracasseries dans l'esprit du cardinal Fleury au sujet des Lettres Persanes. On a entendu conter à M. de Montesquieu que, pour s'en venger, il ne fit jamais autre chose que de demander à ceux qui lui parlaient: a Qui est-ce que le P. Tournemine? Je » n'en ai jamais entendu parler», ce qui piquait beaucoup ce jésuite qui aimait passionnément la célébrité. » (Guasco.)
3. « On a plusieurs volumes de fort bons mémoires littéraires lus dans cette société, recueillis par ce bibliothécaire de l'Oratoire, chez qui s'assemblaient ceux qui en sont les auteurs. Les Jésuites, ennemis des PP. de l'Oratoire, ayant peint ces assemblées, quoique simplement littéraires, comme dangereuses, à cause des disputes théologiques du temps, elles furent dissoutes, non sans un préjudice réel pour le progrès de la littérature. » (Guasco.)
DE MONTESQUIEU Say