I . Benoît XIV
à la Congrégation; mais il n'a point caché que, s'il V eût été, il eût opiné en votre faveur et qu'il avait été très satisfait de votre réponse imprimée. Je ferai de mon mieux pour l'entretenir dans ces sentiments favorables, qui peuvent nous être fort utiles, cette Éminence étant très en état de défendre son opinion et de l'autoriser même auprès des autres juges.
Malgré cela, je suis fort éloigné d'oser vous répondre de rien; ce que je sais, c'est qu'il est fort apparent qu'ici on ne se fût jamais avisé de soimême de vouloir censurer votre ouvrage, si l'on n'y eût été excité d'ailleurs; et, sans avoir de connaissance précise là-dessus, mon opinion et celle de plusieurs gens éclairés est que la dénonciation est venue de France.
Tout ce que je pourrai faire, soit pour retarder la conclusion, soit pour procurer un jugement favorable, sera fait avec tout Tempressement que j'aurai toujours, dès qu'il s'agira de chose qui vous touche. Nous avons actuellement environ trois mois de répit sûr; car, d'ici à ce temps, il n'y aura point de Congrégation.
J'ai cru faire bien dans ces circonstances de lever l'empêchement que j'avais mis à la publication de l'édition de Naples et j'ai prié M. d'Arthenay, chargé des affaires du Roi depuis le départ de M. de L'Hospital, de ne s'y plus opposer.
Vous trouverez peut-être ce détail bien long, mais j'ai voulu vous dire tout et ne vous laisser rien ignorer.
Vous connaissez, Monsieur, le sincère et invio-
lable attachement avec lequel j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéissant serviteur.
Le duc de Nivernais.