MONTESQUIEU A SA FILLE DENISE
Autographe. Arch. de La Brède.
A Paris, ce 3o décembre lySo.
Je VOUS avais dit, ma fille, que M. le marquis de Flamarens n'agirait point contre vous, ni M, le comte, son frère', et j'avais raison de compter sur les bontés et l'amitié de Tun et de l'autre. Je viens de voir M. le marquis de Flamarens, vous pouvez être tranquille là-dessus. Il y a trente ans que ces Messieurs m'honorent de leur amitié, et j'ai l'honneur par ma mère d'être un peu de leurs parents.
Je crois, ma fille, que vous garderez votre terre et que M"^ de Brouzoles n'entrera point avec vous en procès réglé; et, comme vous habitez le même château, il me semble que vous pourriez trouver de cela même des occasions de devenir amies, et d'obtenir par là la paix. M. de Flamarens m'a dit qu'on ne lui avait rien écrit de là-bas sur cette affaire; ainsi, je juge que vous avez été mal informée.
Adieu, ma fille, je vous souhaite une bonne année, à votre mari et à mes enfants, et vous embrasse de tout mon cœur.
Montesquieu.
J'ai reçu, ma fille, le mémoire pour la terre de M. de Narbonne^; elle me convient assez, mais je suis actuellement prêt à faire une autre petite affaire