‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 294 sur 489 · Discours préliminaire de l'Encyclopédie, lySi · texte numérisé non relu

Discours préliminaire de l'Encyclopédie, lySi

2. Il s'agit d'une collection de classiques français du prince royal de Danemark. Cf. Taphanel, p. 40.

3. Gmelin (J.-G.), Reisen durcit Sibirien... Goetting'ue, 1751-1732, 4 vol. in-4''i

suis charmé que M. le grand Maréchal ait approuvé cette idée ; je vous prie de lui présenter mes respects très humbles, aussi bien qu'à mes trois illustres amis MM. le comte de Berkentin, Bernstorff et de Schulembourg.

Comme je suis dans mes terres, je n'ai point vu M. votre frère, à qui je dois renvo3'er deux livres qu'il m'a fait l'amitié de me prêter.

J'ai, Monsieur, l'honneur d'être, avec les sentiments de la plus parfaite estime, votre très humble et très obéissant serviteur.

Montesquieu.

. - THOMAS BLACKWELL ' A MONTESQUIEU.

Autographe Arch. de La Brède.

London, august i5'^ lySi.

Sir,

You never received a letter from a man more your friend, or better apprized of your uncommon merit. A little book called Persian Letters fell

Londres, i5 août 175 1.

Monsieur,

Vous n'avez jamais reçu de lettre d'un homme qui soit plus votre ami et qui apprécie mieux votre mérite exceptionnel. Un petit livre, intitulé Lettres Persanes, me tomba sous les 3'eux, il y a pas mal

1. Thomas Blackwell (1701-1757) publia des Recherches sur la vie et les œuvres d'Homère, fut sur le point d'entreprendre une édition de Platon et ne put achever la publication de ses Méinoires sur la cour d'Auguste, dont le troisième volume ne parut qu'après sa mort, en 1764.

accidentally in my way, a good while ago, in a place where I only expected novels or such like stufif, and astonished me as much as any composition ever did. I read letter after letter with growing wonder and took no rest till I traced the reputed author. The Grandeur and Décline of Rome heightened my esteem and that grand survey of Mankind, ilie Connection of Law with the State of Nations, completed my admiration and tixed my belief that, as I saw the author one of the most learned, so he must be one of the best of men. Accept then, Sir, my cordial Ihanks for the high entertainment and instruction I hâve reaped from your Works and for the important services you hâve done to the grand interests of the human Race : Liberty, Humanity and Learning.

de temps, dans un lieu où je ne m'attendais à rencontrer que des romans ou du fatras semblable, et il me surprit autant qu'ouvrage l'ait jamais fait. Je lus lettre sur lettre, avec une admiration croissante et n'eus de repos que lorsque j'en eus découvert l'auteur présumé. La Grandeur et la Décadence des Romains augmenta encore mon estime et cette grande revue de l'Humanité, Du rapport des lois avec Vétat des nations, acheva mon admiration et me convainquit définitivement que l'auteur, en même temps qu"il était un des plus instruits, devait être un des meilleurs des hommes.

Recevez donc. Monsieur, mes remerciements cordiaux pour le noble plaisir et pour les enseignements que m'ont procurés vos ouvrages et pour les services importants que vous avez rendus aux

As it is my highest ambition to promote the same glorious cause, I présume to transmit to you a program for a new édition of the works of our master, whose doctrines genuinely represented, I appreiiend, would do more towards exposing foUy and discountenancing Vice, than the Rules of Benedict, Bernard or Ignatius..., or even the practice of their sons. But, as examples are more powerful than precept, I hâve, at the same time, selected that of a celebrated Courte (whose Mémoires are now in the press), to caution my country against the fatal effects of luxury, illustrate the chief of the roman classics, and give striking instances that vice leads to infamy and virtue to immortality.

plus grands intérêts du genre humain : à la liberté, à l'humanité et à la science.

Comme c'est mon ambition la plus haute que de contribuer au succès de la même et glorieuse cause, je me permets de vous communiquer le prospectus d'une nouvelle édition des œuvres de notre maître, dont les doctrines fidèlement exposées feront plus, je crois, pour dévoiler la folie et pour décontenancer le vice que les Règles de Benoît, Bernard et Ignace, et même que les pratiques de leurs fils. Mais, comme les exemples sont plus puissants que le précepte, j'ai, en même temps, recueilli celui d'une cour célèbre (dont les Mémoires sont maintenant sous presse), pour mettre mon pays en garde contre les fâcheux effets du luxe, pour éclaircir le premier des classiques latins et pour établir par

a) That of Augustus. (En note à l'original.)

DE xMONTESQUIEU SjS

To the latter. Sir, 3'our name is consecrated and it would delight me to know that you are honoured, sereiie and happy, as, in the order of things, you hâve the best title to be. If you will pardon my partiality to Britain, I will confess to you that I never read that masterly performance, L'Esprit des lois, without Cicero's wish about Aratus (not the poet, but the deliverer of States and terror of tyrants) : Dignus sane qui e nostva republica civis fuisset...!

To such a man, and to such alone, I can, without formality, affirm that I truly am, Sir, your most affectionate and most obedient, faithful servant.

T. Blackwell'.

A Monsieur, Monsieur de Montesquietc, président du, parlement de Bordeaux, — à Bordeaux.

des preuves frappantes que le vice conduit à l'infamie et la vertu à l'immortalité,

A celle-ci, Monsieur, votre nom est consacré et je serais charmé d'apprendre que vous êtes honoré, tranquille et heureux, comme il est dans l'ordre des choses que vous le soyez. Si vous devez pardonner ma partialité pour l'Angleterre, je vous avouerai que je n'ai jamais lu cette œuvre magistrale de VEsprit des lois, sans renouveler le vœu qu'Aratus (non le poète; mais le libérateur des États et la terreur des tyrans) inspirait à Cicéron : Digiius sane qui e nostra republica civis fuisset ! ...

A un homme pareil, et rien qu'à lui, je puis

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