M"« de Charolais
4. Cf. les Mémoires de d' Argenson, éd. Rathcrv, VII, 4 : c On se moque à la Cour de tout ce que fait et dit M. de Saint-Gontest à qui l'on trouve peu d'esprit et nul usage du monde; on en cite plusieurs petits traits ridicules et qui ne méritent pas la peine d'être contés. »
Mais parlez-moi de la retraite de M. de Puysieulx, avec 83,000 livres de rente du Roi, tout cela dans quatre ans, et le logement du cardinal de Tencin, pour être plus près du Roi, à ce que dit la Gazette de Finance. Lisez, je vous prie, celle de samedi passé: les articles de Versailles et de Paris sont curieux. Le Roi vint hier au Te Deum à Notre-Dame ; la sensation que la Majesté royale causa dans le public fut médiocre, à ce que j'entends dire, car je revenais alors de Fitz-James. Ce maudit clergé et ce plus maudit Parlement ont corrompu tous les esprits.
Nous avons ici Milord Maréchal', ministre plénipotentiaire de Prusse, ce qui a si fort échauffé le Roi George qu'il a envoyé ordre à M. Yorke de n'avoir aucun commerce avec lui. On dit que cette Cour et la nôtre ne sont pas de la meilleure intelligence du monde et, s'il est vrai que les Anglais se soient assurés de la neutralité de l'Italie du côté des Espagnols, croyez-moi, mon cher Président, que l'année prochaine ne se passera pas sans quelque brouillerie. Dieu veuille que nous y soyons préparés! D'ailleurs les Anglais ont de grandes inquiétudes des conquêtes de M. Dupleix et de nos démarches sur la côte d'Afrique et de la Nouvelle -Ecosse. Enfin, le temps découvrira tout.
Ne plaignez-vous pas ce pauvre petit Boufflers^? C'était de toute la jeunesse celui qui promettait le plus. Quelle perte pour sa mère!
1. George Keith, dit Milord Maréchal (1685-1778), venait d'arriver à Paris le 14 septembre comme envoyé extraordinaire de Frédéric II.
2. Milord Maréchal avait été condamné à mort par le Parlement d'Angleterre.
3. Charles-Joseph de Boufflers (1731-14 septembre lySi), gouverneur de la Flandre et du Hainaut.
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SyS CORRESPONDANCE
Milord Hyde' va bientôt vous trouver; il est d'une gaîté et d'une dissipation si étonnantes que ]y|mc d'Aiguillon, qui l'a pris sous sa tutelle, dit qu'elle craint pour lui comme elle craindrait pour M. de Fronsac- à dix-huit ans. Le Milord commence sa tournée par Véretz', par Richelieu, et de là à Bordeaux, où il recevra vos ordres. Ayez-en bien soin, car il est non seulement aimable, mais en vérité respectable.
Adieu, mon cher Président, aimez-moi si vous le pouvez, mais soyez sûr que si vous ne m'aimez pas, vous êtes le plus ingrat des hommes, et l'ingratitude est un vice qui ternirait l'éclat de toutes vos grandes qualités. A propos, je vous félicite sur le duché de M. de Mirepoix4; j'en suis en vérité très aise pour Madame.
A Monsieur, Monsieur le baron de Montesquieu, Bordeaux,