Guillaume-Auguste, duc de Gumberland
9. John Montagu, comte de Sandwich (1718-1792), plénipotentiaire au congrès d'Aix-la-Chapelle.
sois créé milord baron du royaume d'Irlande, et le ministère m'a promis que cela serait fait.
J'espère, Monsieur, que vous aurez la bonté d'excuser la liberté que je prends de vous importuner avec ce récit et de me croire quand je vous assure que la continuation de votre estime me flatterait plus qu'aucun autre honneur du monde; et c'est sur cette espérance, Monsieur, queje prends la liberté de vous demander très humblement une grâce.
Voici de quoi il s'agit : comme j'ai été huit ans hors de chez moi, je n'ai pas eu une occasion de faire connaissance avec ce grand et savant homme, M. Ffolkes, président de la Société royale. Il n'y a rien que je souhaite tant que cet honneur et, comme j'ai ouï dire par plusieurs ici qu'il n'y a personne au monde à la recommandation duquel il aura autant d'attention qu'à la vôtre, ce sera une obligation que je n'oublierai jamais, si vous voulez bien, Monsieur, m'accorder l'honneur d'une lettre à lui, pour me recommander à sa protection, et si vous jugez à propos de me mentionner à lui, afin qu'il me donne son intérêt d'être élu membre de la Société royale. Comme je suis en correspondance avec le P. Franz", jésuite' et grand philosophe, à Vienne, et autres hommes savants, en Italie, je puis peut-être en quelque chose être utile à la Société. Vous s'intéressant pour moi me fera autant d'honneur que d'y être admis et je tâcherai toujours de trouver des occasions de vous témoigner ma reconnaissance et prendrai la liberté de vous envoyer, de temps en
a) Texte : France.
I. Le Père Joseph Franz (1704- 1776), qui enseigna !a philosophie à Joseph II.
temps, à l'adresse de M. Barton ce qui en sortira de nouveau; et si vous avez quelque chose à m'ordonner ici, je me ferai gloire d'exécuter vos ordres.
On ne fait que parler de vous, en particulier Milord Chesterfield. Il vous estime et respecte extrêmement et une lettre aussi, en ma faveur, à lui me fera infiniment d'honneur et de bien. C'est impossible de vous dire le grand débit que VEsprit des lois a eu dans tous les pays où j'ai été: c'est la quatrième édition qu'on va donner ici en anglais; je l'ai vu traduit en allemand à Vienne, et quand j'ai été dernièrement à Presbourg, à la Diète, je l'ai vu traduit en latin chez un libraire qui n'avait qu'une vingtaine de livres dans sa boutique.
J'espère que vous aurez, Monsieur, la bonté de me pardonner cette liberté et j'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Le chevalier comte de Caldwell.
P. -S. — Si vous voulez bien. Monsieur, m'honorer d'une réponse, ayez la bonté de l'adresser A Monsieur le comte de Caldwell^ clievalier baronnet, chez MM. Knox à CragJiead, — à Londres, par Paris.