Résidence de Trudaine
]^j[me Oupré de Saint-Maur; dites surtout à celle-ci combien je lui suis attaché'. Je suis de l'avis de Milord Eliban, sur la vérité du portrait que vous avez fait d'elle ^
Il faut que je vous consulte sur une chose, car je me suis toujours bien trouvé de vous consulter. L'auteur des Nouvelles ecclésiastiques m'a attribué, dans une feuille du 4 juin, que je n'ai vue que fort tard, une brochure intitulée Suite de la défense de P Esprit des lois, faite par un protestant 5, écrivain habile et qui a infiniment d'esprit.
L'Ecclésiastique me l'attribue pour en prendre le sujet de me dire des injures atroces. Je n'ai pas jugé à propos de rien dire : 1° par mépris; 2'^ parce que ceux qui sont au fait de ces choses savent que je ne suis point auteur de cet ouvrage, de sorte que toute cette manœuvre tourne contre le calomniateur. Je ne connais point l'air actuel du Bureau^ de Paris; et si ces feuilles ont pu faire impression sur quelqu'un, c'est-à-dire si quelqu'un a cru que je fusse l'auteur de cet ouvrage, que sûrement un catholique ne peut avoir fait, serait-il à propos que je donnasse une petite réponse en une page, C2im aliquo grano salis ? Si cela n'est pas absolument nécessaire, j'y renonce, haïssant à la mort de faire encore parler de moi. Il faudrait que je susse aussi
1. « Il disait d'elle qu'elle était également bonne à en faire sa maîtresse, sa femme ou son amie. » (Guasco.)
2. « Cette dame étant un jour en habit d'amazone, à la campagne, à Montigny, il en avait fait le portrait dans un sonnet. Ce sonnet ayant élé lu à Milord Eliban qui ne la connaissait pas, il dit que ce ne pouvait être qu'un portrait flatté : ayant depuis fait connaissance avec elle, il reprochait à l'auteur de n'en avoir pas assez dit. » (Guasco.)