‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 371 sur 489 · MONTESQUIEU A SOLIGNAC · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU A SOLIGNAC

Laboulaye, VII, 412; d'après l'original appartenant à Et. Cha-

ravay.

A Paris, ce 3i mars lySS.

J'ai l'honneur de vous saluer, Monsieur, et je vous dirai que mon petit ouvrage, intitulé Lysimaque,

I. cLe roi Stanislas les avait fait agréger à son académie de Nancy.» (Guasco.)

court en manuscrit à Paris, tellement défiguré, mutilé et estropié, qu'il me fait pitié à moi-même. Je consentirais à le faire imprimer, si cet ouvrage, ayant été présenté à votre Académie, je pouvais dire qu'il fût à moi; mais je me flatte qu'il lui appartient entièrement. Je vous prie donc, Monsieur, de pressentir l'Académie, pour savoir si elle permet que je fasse imprimer cet ouvrage à Paris et si je puis le donner.

Si vous pouvez trouver occasion de dire quelque chose qui puisse me rappeler dans le souvenir du Roi % vous me ferez bien du plaisir : je sens que si quelques ouvrages m'ont fait aujourd'hui quelque espèce d'honneur, dans la postérité ses bontés feront ma gloire. ?

Je vous prie. Monsieur, de me conserver quelque part dans votre amitié. J'ai l'honneur d'être, avec des sentiments que je ne saurais assez vous exprimer. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Montesquieu.

Faites-moi le plaisir de voir M"'^la princesse de Talmont, et deluiparlercontinuellementdemonrespect.

A Mojisieur de Solignac, secrétaire de V académie de Nancy, — à Nancy en Lorraine.

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