I. Stanislas
C'est un chef-d'œuvre, qui mérite d'être conservé dans toutes les grâces, dans toute la vigueur de style que vous lui avez données. Pressé par une dame de notre Cour de lui en laisser prendre une copie, je ne pus lui refuser ce plaisir, mais cet ouvrage ne serait point sorti de mes mains, si j'avais prévu ce que vous m'annoncez par votre lettre.
Il est sans contredit, Monsieur, que vous êtes le maître de le faire imprimer, mais comme nous sommes sur le point de donner au public les Mémoires de notre Académie, nous serions extrêmement flattés d'être les premiers à lui faire un présent si estimable'. Cependant, touchés des politesses que vous nous faites, nous sentons ne pouvoir mieux y répondre qu'en vous priant vousmême de suivre en cela ce que votre penchant et l'empressement du public peuvent exiger de vous, dans une circonstance surtout où il est de votre honneur de vous montrer tel que vous avez toujours été dans tous vos ouvrages. Nous ne laisserons pas, dans nos Mémoires, de nous parer de celui-ci et le public nous pardonnera, ou nous saura même gré de lui donner une seconde fois ce qu'il ne saurait lire assez souvent, ce qui ne peut jamais manquer de lui plaire.
Si je vous dis, Monsieur, que j'ai fait passer sous les yeux du roi de Pologne la lettre dont vous m'avez honoré, vous comprendrez aisément
I . Lysimaque parut presque en même temps dans le Mercure de décembre 1754, p. 3i, et dans le tome premier des Mé^noires de la Société royale des sciences et belles-lettres de Nancy (Nancy, 1754, in-12), p. 118.
combien il a dû être touché des sentiments que vous lui marquez. Sa Majesté me charge de vous dire des choses si gracieuses que je ne puis vous les rendre comme je voudrais. Vous savez qu'on n'atteint pas facilement à ces tons de douceur et de bonté dont il enchaîne les cœurs qu'il estime.
Pour M""^ la princesse de Talmont, elle me prie de vous marquer qu'elle ne peut mieux répondre à Thonneur de votre souvenir que par de nouvelles protestations de son amitié et de l'admiration qu'elle vous a vouée.
J'ai l'honneur d'être avec bien du respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. ^