‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 397 sur 489 · MONTESQUIEU A GUASCO · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU A GUASCO

Lettres familières (XLVl), p. 198. — Laboulaye, VII, 423.

De Paris^ 26 décembre lySS.

J'arrivai avant-hier au soir de Bordeaux: je n'ai encore vu personne et je suis plus pressé de vous écrire que de voir qui que ce soit. Je verrai Huart, et s'il n'a pas rempli vos ordres, je les lui ferai exécuter; vous avez pourtant plus de crédit que moi auprès de lui: je ne lui donne que des phrases, et vous lui donnez de l'argent.

Je suis bien glorieux de ce que M. l'auditeur Bertolini' a trouvé mon livre assez bon pour le rendre meilleur et a goûté mes principes. Je vous

I. Bertolini, jurisconsulte florentin, auteur d'une Analyse raisonnée de l'Esprit des lois, qui ne parut qu'en 1 798, dans les Œuvres Posthumes.

prierai dans le temps de me procurer un exemplaire de l'ouvrage de M. Bertolini; j'ai trouvé sa préface extrêmement bien: tout ce qu'il dit est juste, excepté les louanges.

Mille choses bien tendres pour moi à M. Tabbé Niccolini. J'espère, mon cher abbé, que vous viendrez nous voir à Paris cet hiver et que vous viendrez joindre les titres d'Allemagne et d'Italie à ceux de France. Si vous passez par Turin, vous savez les illustres amis que j'y ai.

Je vous embrasse de tout mon cœur.

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