‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 426 sur 489 · MONTESQUIEU A M'"» DU DEFFAND · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU A M'"» DU DEFFAND

Correspondance inédite de M"" Du Deffand, t. I, p. 28. — Laboulaye, VII, 400.

A La Brède, le i3 septembre 1754'.

Je commence par votre apostille. Vous dites que vous êtes aveugle ! Ne voyez-vous pas que nous étions autrefois, vous et moi, de petits esprits rebelles qui furent condamnés aux ténèbres? Ce qui doit nous consoler, c'est que ceux qui voient clair ne sont pas pour cela lumineux. Je suis bien aise que vous vous accommodiez du savant bailli-: si vous pouvez gagner ce point que vous ne l'amusiez pas trop, vous êtes bien; et quand cela ira trop loin, vous pourrez l'envoyer à Chaulnes.

Je ferai sur la place de l'Académie' ce que voudront M"^^ de Mirepoix, d'Alembert et vous; mais je ne vous réponds pas de M. de Saint-Maur, car jamais homme n'a tant été à lui que lui. Je suis bien aise que ma Défense ait plu à M. Lemonnier'^. Je sens que ce qui y plaît est de voir non pas

1. Datée de \-jb2 dans la Correspondance inédite, cette lettre est de I 734, puisqu'il y est question de la mort du doyen de Saint-Seurin, frère de Montesquieu. Cf. la lettre 656.

2. Louis-Gabriel de Froullay (1694-1766), bailli de l'Ordre de Malte.

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