‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 438 sur 489 · Marie-Thérèse · texte numérisé non relu

Marie-Thérèse

2. « Lettre tronquée jusqu'à « Tout bien pesé... » dans la Nouvelle édition des Lettres familières. Cf. l'Introduction, p. xii.

?. € Comme cette tracasserie courut tout Paris dans !e temps, il ne sera pas indifférent d'en dire quelque chose. Les raisons que M"" Geoffrin disait avoir pour rompre avec cet étranger qui avait été de sa société, étaient: 1° que lui aj'ant donné commission d'un service de faïence pendant qu'il était en Angleterre, il le lui avait fait rembourser en trois paiements différents des fonds qu'il avait à Paris, au lieu de lui envoj'er une lettre de change du total ; — 2" qu'il avait manqué au ton de la bonre compagnie en parlant un jour chez elle dans le moment qu'on allait dincr dune colique dont il était tourmenié, et qui l'obligea de se retirer; —

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qu'il ne vaut pas la peine de vous rendre. Après tout, au'est-ce que tout cela vous fait? Elle ne donne pas le ton dans Paris et il ne peut y avoir que quelques esprits rampants et subalternes et quelques caillettes qui daignent modeler leur façon de penser sur la sienne. Vous êtes connu dans la bonne compagnie ; vous y avez fait vos preuves depuis longtemps ; vous tomberez toujours sur vos pieds: vo3'ez la duchesse d'Aiguillon', elle ne pense pas d'après les autres; voyez nos amis du Marais- et je suis persuadé que vous ne trouverez point de changement dans leur façon de penser et d'agir à votre égard. Nous nous verrons bientôt et nous parlerons de cette affaire; elle ne vaut pas la peine que vous vous chagriniez.

Tout bien pesé, je ne puis encore me déterminer à livrer mon roman d'Arsace à l'imprimeurJ. Le

3" qu'il tenait à trop di sociétés; — 4" qu'elle le soupçonnait d"étre un espion des cours de Vienne et de Turin puisqu'il était tant lié avec les mini.stres étrangers. Mais à ces raisons, sans doute véritables, des gens ont ajoutemalicieusement : 1° que cet étranger ayant contracté plus de liaisons dans Paris qu'il n'en eut d'abord, et n'allant plus journellement chez elle, Cile se crut négligée; — 2'^ qu'ayant fait la vie du prince Cantimir et parlé des personnes avec qui il était en liaison, il ne l'avait pas nommée; — 3" que lui ayant fait espérer la connaissance de M. le marquis de Saint- Germain, ambassadeur de Sardaigne à Paris, homme très estimé, qu'elle ambitionnait beaucoup de voir chez elle, la chose n'eut pas lieu, parce que cet ambassadeur ne s'en souciait pas, et que ce fut là lépoque du refroidissement. Quoi qu'il en soit, une avanie qu'elle lui ât un jour chez elle, décida de la rupture totale. Elle chercha ensuite à la justifier pa: bien des voies, jusqu'à viser à indisposer .M. de Montesquieu contre lui, mais leur amitié était à toute épreuve. » (Guasco.)

1 . c Son esprit cultivé par une inùnité de belles connaissances, sa façon de penser élevée et ses manières obligeantes ont toujours attiré chez elle la meilleure compagnie de Taris, tant des gens de lettres que des étrangers les plus distingués. C'était la maison dans laquelle M. de Montesquieu vivait habituellement. > (Guasco.)

2. Les Trudaine, qui habitaient rue des Vieilles-Haudriettes.

5. Arsace et Isménii, histoire orientale, ne parut qu'en 1783. Londres et Paris, in-24.

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triomphe de l'amour conjugal de l'Orient est, peutêtre, trop éloigné de nos mœurs pour croire qu'il serait bien reçu en France. Je vous apporterai ce manuscrit ; nous le lirons ensemble et je le donnerai à lire à quelques amis. A l'égard de mes voyages, je vous promets que je les mettrai en ordre dès que j'aurai un peu de loisir, et nous deviserons à Paris sur la forme' que je leur donnerai. Il y a encore trop de personnes, dont je parle, vivantes, pour publier cet ouvrage, et je ne suis pas dans le système de ceux qui conseillèrent à M. de Fontenelle de vider le sac"- avant que de mourir. L'impression de ses comédies n'a rien ajouté à sa réputation.

Puisque vous vous piquez d'être quelquefois antiquaire, je ne vois point d'inconvénient de donner à votre collection le titre de Galerie de portraits politiques de ce siècle^ et pour moi, qui ne suis point antiquaire, je la préférerai à une galerie de statues. Vous songez sans doute qu'un pareil ouvrage ne doit être que pour le siècle à venir, auquel on peut être utile sans danger; car, comme vous le remarquez, le caractère et les qualités personnelles des négociateurs et des ministres ayant une grande influence sur les affaires publiques et les événements politiques, l'entrée de ce sanctuaire est dangereuse aux profanes.

Adieu.

I. « Il hésitait s"il réduirait les mémoires de ses voyages en forme de lettres ou en simple récit... » (Guasco.)

1. « L'année 174g, M. de Fontenelle, désirant de publier ses comédies, en lit lecture dans la société de M" de Tencin pour savoir s'il devait les faire paraître. Elles furent jugées au-dessous de la grande réputation de leur auteur, et M"" de Tencin fut chargée de le détourner de ks faire imprimer, ce à quoi Fontenelle déféra; mais l'amour paiernel s'étant réveillé, il voulut avoir l'avis d'une autre société, qui lui persuada de vider le sac de tous ses manuscrits, et cet avis l'emporta, mais le public ne fut pas si indulgent sur ces comédies. > (Guasco.)

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