I. Vicaire-général du diocèse d'Ag^en
l'appris que le quatrième jour; je courus d'abord chez lui, je le trouvai avec une lièvre maligne et la tête attaquée. Le délire a presque toujours été continuel. Je ne l'ai point quitté de ce moment. 11 mourut lundi matin entre mes bras. Comme M. son fils n'était point ici et que j'étais son parent le plus proche et son intime ami, je me suis chargé de tout le détail de sa maladie, et ensuite de son enterrement. Vous jugerez par ce petit détail l'état où j'ai été et l'embarras que j'ai eu. Toute la France s'y intéressait et venait souvent deux fois par jour savoir de ses nouvelles; j'étais obligé de répondre et de parler à tout le monde; le Roi même y a envoyé'.
Ma santé n'était pas rétablie, mais le désir de donner tous mes soins à mon parent et mon ami me donnait des forces qui m'ont abandonné depuis, et je suis réellement accablé de fatigue et de veille, ayant passé trois nuits sans me déshabiller ni me coucher, et les autres jours n'ayant point été trois heures dans mon lit. J'ai perdu un parent et un ami bien sincère, ce qui est bien rare, surtout dans ce pays-ci; nous avions toujours été d'une liaison intime sans qu'il y ait jamais eu ni altération ni froideur entre nous. J'ai eu la consolation de lui voir recevoir tous ses sacrements avec toute l'édification possible et conserver ses sentiments jusques au dernier moment, mais je l'ai perdu et il ne m'en reste que des regrets superflus dès que je n'ai pu lui conserver une vie aussi précieuse